
| Mai 2008 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | |||||||
| 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | ||||
| 12 | 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | ||||
| 19 | 20 | 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | ||||
| 26 | 27 | 28 | 29 | 30 | 31 | |||||
|
||||||||||
Du lire et de l'écrire
"De tout ce qui est écrit, je n'aime que ce qu'un homme écrit avec son sang. Avec du sang écris, et tu apprendras que sang est esprit.
Il n'est guère facile d'entendre le sang des autres: d'oisifs lecteurs me sont odieux.
Qui connaît le lecteur, pour le lecteur celui-là plus rien ne fait. Encore un siècle de lecteurs -et l'esprit même sera puant.
[...] En montagne, de cime en cime va le plus court chemin; mais pour le prendre il faut avoir de longues jambes. Que cimes soient les sentences, et ceux auquels on parle grands et altiers!
L'air rare et pur, proche le danger et l'esprit plein d'une joyeuse malice: comme tout cela ensemble s'accorde bien!
Autour de moi je veux avoir des farfadets, car je suis courageux. Courage dont s'effarouchent les spectres lui-même se crée des farfadets, -le courage veut rire.
Plus ne sens avec vous; ces nuées qui au-dessous de moi s'offrent à ma vue, ces choses noires et pesantes dont je me ris, -précisément ce sont vos nuées d'orage.
En haut vous regardez quand de hauteur avez envie. Et je regarde en bas car je me tiens sur les sommets.
Qui de vous tout ensemble peut rire et se tenir sur les sommets?
Qui gravit les plus hautes cimes se rit de toutes les tragédies jouées et de toutes tragédies vécues.
Courageux, insouciants, railleurs, brutaux, -tels nous veut la sagesse; c'est une femme et qui jamais n'aime qu'un guerrier.
Vous me dites: "La vie est pesante à porter." Mais pourquoi donc auriez-vous avant midi votre fierté, et le soir votre soumission?
La vie est pesante à porter; mais ne soyez donc si délicat ! Nous sommes tous de jolis ânes et de jolies ânesses aux reins solides.
Qu'avons-nous en commun avec le bouton de rose, qui frémit dès qu'une goutte de rosée pèse sur son corps?
C'est vrai; si nous aimons la vie, ce n'est par habitude de vivre, mais c'est par habitude d'aimer.
Il est toujours quelque délire dans l'amour. Mais toujours aussi il est quelque raison dans le délire.
Et moi-même, qui bien m'entends avec la vie, il me semble que papillons et bulles de savon, et tout ce qui parmi les hommes est de leur sorte, de l'heur ont le mieux connaissance.
Ces petites âmes légères, folles, élégantes, mobiles, à les voir qui voltigent -Zarathoustra est entraîné aux larmes et aux chants !
Je ne croirais qu'en un dieu qui à danser s'entendît !
Et quand je vis mon diable, lors je le trouvai sérieux, appliqué, profond, solennel : c'était l'esprit de pesanteur -par qui tombent toutes choses.
Ce n'est par ire, c'est par rire qu'on tue. Courage ! Tuons cet esprit de pesanteur !
J'ai appris à marcher; de moi-même, depuis, je cours.
J'ai appris à voler; pour avancer, depuis, plus ne veux qu'on me pousse !
Maintenant je suis léger, maintenant je vole, maintenant me vois au-dessous de moi; par moi c'est maintenant un dieu qui danse.
Ainsi parlait Zarathoustra."
-Nietzsche-
Pour partir, peut-être ne faut-il pas attendre d'être prêt, car alors on prend
le risque de ne jamais l'être vraiment. Et toute attente est toujours déçue.
Je ne suis pas un homme fait. Mépris sur celui qui a la prétention de l'être. Quelle bêtise! On ne
l'est jamais, car l'on se fait. Car la vie nous emporte et nous façonne autant que nous la recevons. Celui qui se dit fait est figé d'une froideur cadavérique avant l'heure. Quelle
horreur!
C'est dans le partir que réside la liberté, non pas dans le savoir où l'on va. Partir n'est pas le juste mot, si on l'entend comme une fuite. Non, c'est bien plutôt de vol au long
cours dont je parle. Courage?, audace insensée? Je vous l'accorde volontiers. Tâchez cependant d'avoir le courage, ou de préserver la folie,
de vos idéaux.
Non plus des fragments.
Non pas le point: la ligne.
Mais pourquoi? Pour s'écraser, pour se noyer en Icare trop ambitieux ?, ou pour garder de l'altitude? On verra... Au moins, je lance les
dés. Alea...
Oser quitter, là est le grand point. Le trait. Se lancer à corps perdu. Nu. Se déshabiller de tout un tas d'idées. Pour les retrouver- ou pas-, mais autrement. Un
réagencement. Ou un autre. Tabula rasa. Se vêtir plus justement. Avec justesse. Oser se faire. Se faire justice.
Non, il ne faut pas attendre d'être prêt pour partir. Car alors l'on attend toujours. Et toute attente est toujours déçue.
D'ailleurs, j'ai déjà commencé. Non que je sois prêt--je ne le suis pas--, mais que ça arrive. Cela advient. Cela survient dans un moment de ma vie que
d'aucuns auraient jugé improbable... "Ce qui est décisif apparaît en dépit de". Ou grâce à -- qui sait ?
Je quitte ce blog. Pour un mois? Ou un an? Je ne sais pas. M'est avis que c'est pour un moment.
Un projet d'écriture en cours, un projet de longue envergure.
En réalisation.
Si le vent est bon... Si le souffle est là…
Alors, un jour, peut-être…
A vous,
Vous qui prenez le temps de lire
Merci d'être venus.
Bonne route à vous tous
Commentaires