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Du lire et de l'écrire
"De tout ce qui est écrit, je n'aime que ce qu'un homme écrit avec son sang. Avec du sang écris, et tu apprendras que sang est esprit.
Il n'est guère facile d'entendre le sang des autres: d'oisifs lecteurs me sont odieux.
Qui connaît le lecteur, pour le lecteur celui-là plus rien ne fait. Encore un siècle de lecteurs -et l'esprit même sera puant.
[...] En montagne, de cime en cime va le plus court chemin; mais pour le prendre il faut avoir de longues jambes. Que cimes soient les sentences, et ceux auquels on parle grands et altiers!
L'air rare et pur, proche le danger et l'esprit plein d'une joyeuse malice: comme tout cela ensemble s'accorde bien!
Autour de moi je veux avoir des farfadets, car je suis courageux. Courage dont s'effarouchent les spectres lui-même se crée des farfadets, -le courage veut rire.
Plus ne sens avec vous; ces nuées qui au-dessous de moi s'offrent à ma vue, ces choses noires et pesantes dont je me ris, -précisément ce sont vos nuées d'orage.
En haut vous regardez quand de hauteur avez envie. Et je regarde en bas car je me tiens sur les sommets.
Qui de vous tout ensemble peut rire et se tenir sur les sommets?
Qui gravit les plus hautes cimes se rit de toutes les tragédies jouées et de toutes tragédies vécues.
Courageux, insouciants, railleurs, brutaux, -tels nous veut la sagesse; c'est une femme et qui jamais n'aime qu'un guerrier.
Vous me dites: "La vie est pesante à porter." Mais pourquoi donc auriez-vous avant midi votre fierté, et le soir votre soumission?
La vie est pesante à porter; mais ne soyez donc si délicat ! Nous sommes tous de jolis ânes et de jolies ânesses aux reins solides.
Qu'avons-nous en commun avec le bouton de rose, qui frémit dès qu'une goutte de rosée pèse sur son corps?
C'est vrai; si nous aimons la vie, ce n'est par habitude de vivre, mais c'est par habitude d'aimer.
Il est toujours quelque délire dans l'amour. Mais toujours aussi il est quelque raison dans le délire.
Et moi-même, qui bien m'entends avec la vie, il me semble que papillons et bulles de savon, et tout ce qui parmi les hommes est de leur sorte, de l'heur ont le mieux connaissance.
Ces petites âmes légères, folles, élégantes, mobiles, à les voir qui voltigent -Zarathoustra est entraîné aux larmes et aux chants !
Je ne croirais qu'en un dieu qui à danser s'entendît !
Et quand je vis mon diable, lors je le trouvai sérieux, appliqué, profond, solennel : c'était l'esprit de pesanteur -par qui tombent toutes choses.
Ce n'est par ire, c'est par rire qu'on tue. Courage ! Tuons cet esprit de pesanteur !
J'ai appris à marcher; de moi-même, depuis, je cours.
J'ai appris à voler; pour avancer, depuis, plus ne veux qu'on me pousse !
Maintenant je suis léger, maintenant je vole, maintenant me vois au-dessous de moi; par moi c'est maintenant un dieu qui danse.
Ainsi parlait Zarathoustra."
-Nietzsche-
Le pouvoir est le degré le plus bas de la puissance. Ce qui importe, c’est l’effectuation de la puissance inhérente à chaque être. La fleur croit et fleurit sans pourquoi. C’est là sa puissance que de croitre et de fleurir. Le pouvoir des ronces et autres mauvaises herbes peut l’étouffer et faire obstacle à l’effectuation de sa puissance. Le pouvoir contraint. La puissance épanouit. Séduction, fermeture contrainte, « dogmatisme réactif, moribond et craintif », autoritarisme coercitif sont les perverses facettes des représentants du pouvoir que sont les psys, les politiciens, les prêtres, les policiers… Authenticité, volonté, ouverture, engagement , « vitalisme actif », libération et épanouissement harmonieux, créatif et vivace sont les formes et les suites nécessaires pour un individu qui entend accomplir une pleine effectuation de sa puissance.
Le pouvoir enchaîne et rapetisse. La puissance se déchaîne et fait accéder à l’éternité, dans une dilatation du temps qui est pleinement Être et présence de l‘Esprit. La puissance est ouverture au monde, accès au cœur du réel pur. Pour être pleinement dans l’existence, il faut s’insérer dans le flux des forces de vie, laisser venir une harmonie qui est déjà là et que, par peur d’etre emportés, nous tenons à l’écart. Le pouvoir contrôle et étouffe tout. La puissance accueille et libère.
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