Spirale ascendante

Mai 2008
L M M J V S D
      1 2 3 4
5 6 7 8 9 10 11
12 13 14 15 16 17 18
19 20 21 22 23 24 25
26 27 28 29 30 31  
<< < > >>

Présentation

  • : Alchimie du verbe; tentatives d'ouverture aux interstices
  • : philosophie
  • : Une relation (un rapport au monde, aux êtres et aux choses) qui demeure en définition... Quelques délires... aussi. Des bêtises on croira...-- entre lesquelles, pourtant, quelques pépites... Bref... ici sont posées certaines choses qui me passionnent, qui me touchent. Un petit atelier de chercheur de vérités-- si l'on peut parler de "vérités". Du spontané plus que du fini. Mais cela dépend... Bonne lecture !
  • Recommander ce blog
  • Retour à la page d'accueil

Recherche

Commentaires

Texte libre

 

      Du lire et de l'écrire

 

  "De tout ce qui est écrit, je n'aime que ce qu'un homme écrit avec son sang. Avec du sang écris, et tu apprendras que sang est esprit.

Il n'est guère facile d'entendre le sang des autres: d'oisifs lecteurs me sont odieux.

Qui connaît le lecteur, pour le lecteur celui-là plus rien ne fait. Encore un siècle de lecteurs -et l'esprit même sera puant.

[...] En montagne, de cime en cime va le plus court chemin; mais pour le prendre il faut avoir de longues jambes. Que cimes soient les sentences, et ceux auquels on parle grands et altiers!

L'air rare et pur, proche le danger et l'esprit plein d'une joyeuse malice: comme tout cela ensemble s'accorde bien!

Autour de moi je veux avoir des farfadets, car je suis courageux. Courage dont s'effarouchent les spectres lui-même se crée des farfadets, -le courage veut rire.

Plus ne sens avec vous; ces nuées qui au-dessous de moi s'offrent à ma vue, ces choses noires et pesantes dont je me ris, -précisément ce sont vos nuées d'orage.

En haut vous regardez quand de hauteur avez envie. Et je regarde en bas car je me tiens sur les sommets.

Qui de vous tout ensemble peut rire et se tenir sur les sommets?

Qui gravit les plus hautes cimes se rit de toutes les tragédies jouées et de toutes tragédies vécues.

Courageux, insouciants, railleurs, brutaux, -tels nous veut la sagesse; c'est une femme et qui jamais n'aime qu'un guerrier.

Vous me dites: "La vie est pesante à porter." Mais pourquoi donc auriez-vous avant midi votre fierté, et le soir votre soumission?

La vie est pesante à porter; mais ne soyez donc si délicat ! Nous sommes tous de jolis ânes et de jolies ânesses aux reins solides.

Qu'avons-nous en commun avec le bouton de rose, qui frémit dès qu'une goutte de rosée pèse sur son corps?

C'est vrai; si nous aimons la vie, ce n'est par habitude de vivre, mais c'est par habitude d'aimer.

Il est toujours quelque délire dans l'amour. Mais toujours aussi il est quelque raison dans le délire.

Et moi-même, qui bien m'entends avec la vie, il me semble que papillons et bulles de savon, et tout ce qui parmi les hommes est de leur sorte, de l'heur ont le mieux connaissance.

Ces petites âmes légères, folles, élégantes, mobiles, à les voir qui voltigent  -Zarathoustra est entraîné aux larmes et aux chants !

Je ne croirais qu'en un dieu qui à danser s'entendît !

Et quand je vis mon diable, lors je le trouvai sérieux, appliqué, profond, solennel : c'était l'esprit de pesanteur -par qui tombent toutes choses.

Ce n'est par ire, c'est par rire qu'on tue. Courage ! Tuons cet esprit de pesanteur !

J'ai appris à marcher; de moi-même, depuis, je cours.

J'ai appris à voler; pour avancer, depuis, plus ne veux qu'on me pousse !

Maintenant je suis léger, maintenant je vole, maintenant me vois au-dessous de moi; par moi c'est maintenant un dieu qui danse.

     Ainsi parlait Zarathoustra."

 -Nietzsche-

Dimanche 6 novembre 2005

 Je suis un incroyant profondément religieux. La structure merveilleusement harmonieuse de la nature inspire une admiration et un respect sans bornes, dévoile la transcendance, et impose l'humilité. Etre humble dans le chef-d'oeuvre de la nature est une impression profondément religieuse, sans pour autant être mystique. La raison elle-même est un instrument d'une complexité et d'une finesse sans pareilles.  L'imagination est infinie. C'est elle qui nous enthousiasme et nous libère de nos perceptions et de notre représentation directes du réel.  L'univers dans sa contingence nous semble nécessaire.

par Olivier de V. publié dans : Cheminement-fragments.
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Dimanche 6 novembre 2005
 
 
 
L’ acte de création est un acte de résistance. Résistance à la mort, au temps, à la culture qui dénature et qui peut alors étouffer le souffle des muses. La création est inspiration. La création désarme.  Ouverture au cœur du réel pur, c’est-à-dire aux puissances de la vie. La création est nécessairement d’origine impersonnelle; elle est par ailleurs,après, exprimée-expirée- corrélativement aux penchants singuliers du créateur-tel ou tel créateur. Forme impersonnelle, universelle. Et contenu d’une subjectivité singulière. L’acte de création n’est pas action de création. C’est dire qu’il n’est pas comme on dit « volontaire ». Il est le produit d‘un travail inconscient fécond, le surplus qui doit être extériorisé par la grâce de la puissance. Le chaos d'où jaillit l'étoile dansante...  Il procède essentiellement de son effectution-de son enfantement. La création n’est pas imitation. Pas non plus production. Elle est l’extériorisation nécessaire d’une intériorité puissante, profonde et riche. Le fruit d’une volonté inconsciente qui s’abreuve aux sources même de la Vie et qui, dans une surabondance de forces, fait naître du chaos le sublime qui résiste.
On crée lorsque quelque chose de la vie passe en nous. Lorsqu’elle nous transperce, on écrit pour la vie. La vie n’est pas quelque chose de personnel. Elle transparait en l’auteur, et par l’auteur, de l’acte créateur. La vie est jaillissement.
par Olivier de V. publié dans : Cheminement-fragments.
ajouter un commentaire commentaires (2)    créer un trackback recommander
Mardi 18 octobre 2005
                   
 
John Stuart Mill, De la liberté.
 
 
 
 
 
             J.S. Mill (1806-1873), philosophe et économiste britannique, développe une œuvre multiforme, prolifique et éclectique qui s’inscrit dans la mouvance libérale. Fils de James Mill, il hérite des thèses libérales de son père et acquiert, grâce à une solide formation, un savoir très large et complet qui touche aussi bien l’économie politique que la morale, la logique que la philosophie. Empirisme de Hume, libéralisme économique de Ricardo, utilitarisme de Bentham, etc., il subit de nombreuses influences qui forment et orientent sa pensée. Bien souvent, Mill raisonne en psychologue. Il utilise et développe la logique inductive, méthodologie qu’il juge valable pour toutes les sciences.
Son œuvre originale participe de la propagation des thèses libérales. Aujourd’hui plusieurs idées ardemment défendus par Mill en son temps sont devenues des biens communs de notre culture.
De la liberté (1859), son ouvrage le plus connu, rassemble l’ensemble de ses idées, plus largement développés ailleurs et précédemment, selon un agencement qui donne à l’ouvrage la forme d’une interrogation originale sur la modernité, saisie à partir de ses origines et du point de vue des individus qui l’abordent.
Ses idées sont au service de l’individu, de sa liberté d’opinion, de discussion et d’action, et plus largement bénéfiques au progrès (moral, intellectuel) et au « bien-être de l’humanité ».
 
 
                          
                            
 
 
Le problème de la société post-révolutionnaire.
 
 
 
 
Mill appartient, avec Tocqueville, à une génération qui se heurte directement au problème de la société post-révolutionnaire. L’identification de cette société à la démocratie est acquise, mais cette dernière demeure problématique. Il s’agit de résoudre ses tensions dans le sens de la liberté sociale et de l’autonomie individuelle, que l’autorité de la société et du gouvernement peuvent léser, compromettre.
             Le passage de l’Ancien régime à la modernité met au jour une nouvelle conception de la liberté qui n’est plus tant celle du tout que celle de ses parties. Ce qui explique l’abus de pouvoir du peuple lors de la Terreur, c’est en effet qu’il n’a pas su faire perdre à ce pouvoir-qui a simplement changé de main- son caractère absolu. Ce pouvoir est à relativiser, et à limiter. L’illusion -colportée par Rousseau- selon laquelle la souveraineté (légitimité et autorité), devenue le fait de tous, pourrait se passer de limites a été dévastatrice. De plus, transposé dans un nécessaire système de représentation, le pouvoir du peuple peut aboutir à son oppression, dans la mesure où la souveraineté glisse d’abord vers la majorité pour finalement sombrer entre les mains de quelques activistes agissant au nom de la majorité. Ce risque suivant lequel la « société devient le tyran » et qui fait de l’individu une victime du corps collectif devient le point de départ de la réflexion de Mill.
 
 
 
 
 
Un gouvernement compétent qui décide et agit pour le bien du peuple.
 
 
 
 
L’enjeu formulé par Mill relatif à l’importante problématique tocquevillienne du despotisme majoritaire est celui de la « substitution de la délégation à la représentation. »
 Mill conçoit en effet la représentation démocratique comme une délégation. Loin de se « modeler sur le démos », le représentant idéal réussit à se faire reconnaître comme un individu supérieurement doué. Il doit être suffisamment fort pour faire prévaloir la raison. Mill développe une conception restrictive de la représentation qui vise à préserver l’autonomie des élites qui peuvent « exercer leur instruction et leur capacité librement pour le bien du peuple avec le moins de contrôle possible-aussi longtemps que c‘est le bien du peuple et non quelque fin privée qu‘ils poursuivent. » Cette conception minimaliste de la représentation peut s’exprimer au travers d’une métaphore classique à l’époque: cette forme de contrôle réduit du peuple sur ses dirigeants s’apparente à celle du malade sur son médecin, à qui il se fie en raison de sa science supposée et dont il peut se séparer si la confiance fait défaut.   Il en va de l’intérêt du peuple que de choisir pour gouvernants les êtres les plus instruits et les plus capables qu’il puisse se trouver.
Théorie, donc, de la représentation entendue comme pouvoir légitime de l’opinion éclairée, fondée sur une conception fidéiste du lien entre gouvernants et citoyens. Le sujet demeure distinct du gouvernant. Il le demeure même si le processus démocratique l’a investit d’une responsabilité politique qui se traduit par son droit de vote-défini comme un trust. Cependant la société doit reconnaître à l’individu une sphère d’action qui lui est propre. La reconnaissance de la sphère individuelle est l’occasion que la société se donne de garantir son propre salut: l’individu est la source du bien social, car « un peuple cesse de progresser sans individualité ».
Le mal social par excellence pour Mill, c’est la similarité, l’uniformisation. L’instrument de ce mal, c’est la tyrannie de la majorité.
Il faut gouverner les citoyens comme s’ils étaient des hommes libres. Il s’agit de les responsabiliser et de les aider à conquérir leur liberté. L’individu assume ses actes. Il a des devoirs envers la société en contrepartie des droits dont il bénéficie.
 
 
 
 
 
 
 
 
La liberté de l’individu est fondamentale.
 
     
 
La démocratie a pour caractéristique essentielle de poser l’égalité des conditions. L’individu est doté de droits pré-politiques inaliénables. Les deux horizons de la démocratie sont l’égalité et la liberté. Mill partage l’inquiétude tocquevillienne quant à la liberté et sa mise en danger si on accorde le primat à l ‘égalité. La liberté doit être fondamentale, il s’agit de limiter le pouvoir de la société sur l’individu, car la tyrannie de l’opinion entrave l’individu dans son développement personnel, par exemple Mill dénonce avec virulence les persécutions religieuses qui entrave de manière insidieuse l’esprit libre, et de promouvoir le pluralisme en tolérant la diversité des opinions et actions qui sont autant de richesses.                                                                                  Mill, c’est novateur, pose la positivité des antagonismes. « Si tous les hommes moins un partageaient la même opinion, ils n’en auraient pas pour autant le droit d’imposer silence à cette personne, pas plus que celle-ci, d’imposer silence aux hommes si elle en avait le pouvoir […] car en effet,  si l’opinion est juste, on les prive de l’occasion d’échanger l’erreur pour la vérité; si elle est fausse, ils perdent un bénéfice presque aussi considérable: une perception plus claire et une impression plus vive de la vérité que produit sa confrontation avec l’erreur. » La discussion, le débat et la confrontation libres sont donc utiles à la vérité et au progrès; la censure, l’intolérance, l’uniformisation (conformisme) leurs sont néfastes.          
Pluralisme nécessaire. La diversité est bénéfique pour l’intelligence et le progrès de l’humanité. Délibération dans l’espace public.
 
 
La problématique des limites.
 
 
 
L’individu est la source et le centre des relations sociales. Pour Mill, en effet, la notion de liberté contient en elle-même sa propre limite, sous la forme de la réciprocité et du fait que l’autonomie accordée à chaque individu doit être compatible avec la même autonomie pour tous les autres. « La seule raison légitime que puisse avoir une communauté pour user de la force contre un de ses membres est de l’empêcher de nuire aux autres. »
 
Ce qui fait l’universalité de la nature humaine est le droit permanent au perfectionnement de soi. Recherche d’un contenu éthique qui peut servir de principe régulateur des relations sociales. État a pour fonction de préserver droits de l’individu, d’abord de garantir sa sécurité. Danger de la démocratie: tyrannie de la majorité. Il faut accorder le primat à la liberté, et limiter l’égalité à l’égalité des droits.
 Dans le chapitre De l’individualité comme l’un des éléments du bien-être, Mill définit négativement la liberté comme le fait de ne pas être contraint, sauf de nuire directement aux intérêts d’autrui. Mill s’attache surtout au thème de la limite. A travers son exposition du « catalogue des libertés individuelles », il tente surtout de montrer dans quelles limites cette liberté entendue comme non-ingérence est rendue possible. Le libéralisme politique de Mill se caractérise par son respect de la pluralité et de la diversité. Car ceux-ci sont le ferment de l’individualité, qui permet le progrès. Une société, pour être forte, a besoin de natures fortes. Le progrès doit être favorisé par l’encouragement à l’initiative individuelle et à la diversité. Il faut que l’individu se développe librement, lui qui , en général, à tendance à se conformer aux modèles existants. Mill juge bon (utile) la mise en place d’un organe central d’information et d’instruction. L’éducation doit alors être un processus de singularisation, plus que de formation. Cela n’est possible que si elle cesse d’être étatiste, et si l’État est un moyen pour les individus au lieu de l’inverse. Si toute forme de holisme est récusée dans le libéralisme, si donc l’individu n’est pas enserré dans le réseau de la tradition et des coutumes, c’est que cette insertion dans la communauté nuit plus que tout à l’épanouissement individuel. L’État doit laisser les individus libres et ne pas les infantiliser; car « la valeur d’un État, à la longue, c’est la valeur des individus qui le composent[…], avec de petits hommes, rien de grand ne saurait s’accomplir. »
Reconnaissance d’une sphère où règne « souverainement » l’individualité. L’individualité n’est pas un contenu prédéterminé, mais la possibilité permanente du choix autonome.
       Sa pensée est une pensée du progrès. Le progrès est d’abord le fruit du développement personnel de l’individu singulier. Sur lui-même, sur son corps et sur son esprit, l’individu est souverain.
 
 
                                              
Liberté individuelle et bonheur public.
 
 
 
 
Mill est un moraliste oeuvrant sur les chantiers des sciences humaines. Il n’examine ce qui est qu’avec le projet de conclure sur ce qui doit être.
Mill reste fidèle au principe premier de l’utilitarisme qui pose l’utilité comme critère des valeurs morales: une action est bonne dans la mesure où elle contribue au bonheur du plus grand nombre.
Le recours à l’individu conduit à une conception rénovée du bonheur. Comme l’a résumé C. Audard (Anthologie historique et critique de l‘utilitarisme, PUF, 1999), « la culture de soi, le développement de l’individualité et la diversité constituent le visage proprement humain du bonheur qui ne se résume pas à une addition de satisfactions et d’expériences agréables ». Mill se démarque ainsi de l’utilitarisme de Bentham(1748-1832) qui fait du bonheur l’équivalent du plaisir. Il y ajoute un critère qualitatif qui se fonde sur l’épanouissement de l’individu. Le but de la société est de faire coïncider les intérêts de l’individu et les exigences collectives, pour le bonheur du plus grand nombre possible d’individus, et pour le progrès de l’humanité. Constatant l’écart qui sépare le bonheur privé et le bien public, Mill insiste sur la nécessité pour l’individu de veiller au bien d’autrui (tout au moins de s’interdire de lui nuire). On parle ainsi souvent de l’utilitarisme altruiste de Mill, pour l’opposer, à celui, jugé égoïste, de Bentham.
Mill distingue la sphère individuelle de la sphère sociale. Le pouvoir de la société s’arrête donc là où commence la sphère privée de l’individu, qui au sens strict ne regarde que lui-même et ne nuit pas aux intérêts d’autrui. Au-delà de cette sphère, il encourt des réprobations morales et, ou, légales.
On peut cependant se demander si Mill est encore utilitariste, quand il oriente la maxime de la raison pratique vers autre chose qu’un critère strictement conséquentialiste : il admet d’un côté le jugement benthamien selon les conséquences, mais de l’autre il remonte de l’action à l’individu, ce qui est une posture beaucoup plus romantique qu’utilitariste.
 
 Sa doctrine des principes de la conduite humaine à beaucoup plus à voir avec la définition aristotélicienne de la vertu qu’avec toutes les morales a priori et les religions bâties sur l’intangibilité du devoir.
           
 
 
 
L’individu et la société civile.
 
 
 
 
Mill pose de nouveau la question du meilleur régime. Avec deux critères principaux. Celui du bien-être collectif, et celui, qui tend à masquer le premier, du perfectionnement individuel, posé dans le contexte collectif. La manière dont la question est posée est significative puisqu’il s’agit de limiter les pouvoirs de la société sur l’individu.
 L’individu, doté de droits inaliénables (liberté, propriété…), est la source et le centre des relations sociales. Ce qui fait l’universalité de la nature humaine est le droit permanent au perfectionnement de soi. L’ État a pour fonction de préserver les droits de l’individu, en leur garantissant d’abord la sécurité.
La politique la plus compatible avec la liberté humaine repose sur le libre arbitre. La tyrannie sociale constitue pour la liberté une menace aussi grande que la tyrannie politique. Par principe, Mill rejette tout conformisme. Il se méfie du conformisme moral engendré par les sociétés modernes. Seules les personnalités originales peuvent contribuer au progrès de l’humanité, c’est la raison pour laquelle il faut que le rôle de l’Etat se réduise à empêcher les individus de se nuire afin de permettre leur plus complet développement.
 
 
 
Le commerce est un acte social, le libre-échange doit être favorisé. La contrainte, en tant que telle est un mal, l’acheteur doit être libre d’acheter ce dont il a envie, il est considéré comme responsable donc il assumera les conséquences d’une utilisation nocive pour lui-même et sera puni s’il nuit à autrui.
 
 
 
--------------------------------------------------------------------------------------------
 
 
 
 
 
 
Ÿ         La pensée de Mill a profondément marqué la conception du libéralisme politique et économique anglais. Il insistait, par exemple, déjà sur la nécessité de dissocier le politique du théologique. De même, il prônait la libération politique de la femme.
 
 
Ÿ         Mill vise une morale de la liberté qui préserve la fructueuse et nécessaire indétermination des êtres rationnels.   Une fois que les penchants liberticides de la société et du pouvoir ont été correctement muselés, le seul lieu où cette indétermination peut se développer, en bien comme en mal, est celui de la production et de la distribution des richesses. La communauté économique parfaite est le résultat des pratiques vertueuses des individus.
 
 
Ÿ          L’excellence individuelle millienne ne s’oriente, malgré ce qu’on pourrait penser, sur aucun idéal collectif. C’est elle qui forme le pôle d’attraction de l’ordre social, mais il n’y a aucune garantie véritable que ce monde des individus accomplis tienne debout.  
par Olivrdv publié dans : Cheminement-fragments.
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Dimanche 18 septembre 2005

        

Les 3 Portes de la Sagesse

 

Un Roi avait pour fils unique un jeune Prince

courageux, habile et intelligent. Pour parfaire

son apprentissage de la Vie, il l'envoya auprès

d'un Vieux Sage.

 

"Eclaire-moi sur le Sentier de la Vie", demanda

le Prince.

 

"Mes paroles s'évanouiront comme les traces

de tes pas dans le sable, répondit le Sage. Cependant

je veux bien te donner quelques indications. Sur ta

route, tu trouveras 3 portes. Lis les préceptes

indiqués sur chacune d'entre elles. Un besoin

irrésistible te poussera à les suivre. Ne cherche

pas à t'en détourner, car tu serais condamné à

revivre sans cesse ce que tu aurais fui. Je ne puis

t'en dire plus. Tu dois éprouver tout cela dans

ton coeur et dans ta chair. Va, maintenant. Suis

cette route, droit devant toi."

 

Le Vieux Sage disparut et le Prince s'engagea

sur le Chemin de la Vie.

 

Il se trouva bientôt face à une grande porte sur

laquelle on pouvait lire "CHANGE LE MONDE".

 

"C'était bien là mon intention, pensa le Prince,

car si certaines choses me plaisent dans ce monde,

d'autres ne me conviennent pas." Et il entama son

premier combat. Son idéal, sa fougue et sa vigueur

le poussèrent à se confronter au monde, à entreprendre,

à conquérir, à modeler la réalité selon son désir.

Il y trouva le plaisir et l'ivresse du conquérant,

mais pas l'apaisement du coeur. Il réussit à changer

certaines choses mais beaucoup d'autres lui résistèrent.

Bien des années passèrent.

 

Un jour il rencontra le Vieux Sage qui lui demande :

"Qu'as-tu appris sur le chemin ?" "J'ai appris,

répondit le Prince, à discerner ce qui est en mon

pouvoir et ce qui m'échappe, ce qui dépend de moi

et ce qui n'en dépend pas". "C'est bien, dit le

Vieil Homme. Utilise tes forces pour agir sur ce

qui est en ton pouvoir. Oublie ce qui échappe à

ton emprise." Et il disparut.

 

Peu après, le Prince se trouva face à une seconde

porte. On pouvait y lire "CHANGE LES AUTRES".

"C'était bien là mon intention, pensa-t-il.

Les autres sont source de plaisir, de joie et

de satisfaction mais aussi de douleur, d'amertume

et de frustration." Et il s'insurgea contre tout

ce qui pouvait le déranger ou lui déplaire chez

ses semblables. Il chercha à infléchir leur

caractère et à extirper leurs défauts.

Ce fut là son deuxième combat.

Bien des années passèrent.

 

Un jour, alors qu'il méditait sur l'utilité

de ses tentatives de changer les autres, il croisa

le Vieux Sage qui lui demanda : "Qu'as-tu appris

sur le chemin ?" "J'ai appris, répondit le Prince,

que les autres ne sont pas la cause ou la source

de mes joies et de mes peines, de mes satisfactions

et de mes déboires. Ils n'en sont que le

révélateur ou l'occasion. C'est en moi que

prennent racine toutes ces choses." "Tu as raison,

dit le Sage. Par ce qu'ils réveillent en toi,

les autres te révèlent à toi-même. Soit

reconnaissant envers ceux qui font vibrer en

toi joie et plaisir. Mais sois-le aussi envers

ceux qui font naître en toi souffrance ou

frustration, car à travers eux la Vie t'enseigne

ce qui te reste à apprendre et le chemin que tu

dois encore parcourir." Et le Vieil Homme disparut.

 

Peu après, le Prince arriva devant une porte

où figuraient ces mots "CHANGE-TOI TOI-MEME".

"Si je suis moi-même la cause de mes problèmes,

c'est bien ce qui me reste à faire," se dit-il.

Et il entama son 3ème combat. Il chercha

à infléchir son caractère, à combattre ses

imperfections, à supprimer ses défauts, à changer

tout ce qui ne lui plaisait pas en lui, tout

ce qui ne correspondait pas à son idéal.

Après bien des années de ce combat où il connut

quelque succès mais aussi des échecs et des

résistances, le Prince rencontra le Sage qui lui

demanda :

 

Qu'as-tu appris sur le chemin ?"

 

"J'ai appris, répondit le Prince, qu'il y a en

nous des choses qu'on peut améliorer, d'autres

qui nous résistent et qu'on n'arrive pas à

briser."

 

"C'est bien," dit le Sage.

 

"Oui, poursuivit le Prince, mais je commence à

être las de ma battre contre tout, contre tous,

contre moi-même. Cela ne finira-t-il jamais ?

Quand trouverai-je le repos ? J'ai envie de

cesser le combat, de renoncer, de tout abandonner,

de lâcher prise." "C'est justement ton prochain

apprentissage, dit le Vieux Sage. Mais avant

d'aller plus loin, retourne-toi et contemple

le chemin parcouru." Et il disparut.

 

Regardant en arrière, le Prince vit dans le

lointain la 3ème porte et s'aperçut qu'elle

portait sur sa face arrière une inscription qui disait

 

"ACCEPTE-TOI TOI-MEME."

 

Le Prince s'étonna de ne point avoir vu cette

inscription lorsqu'il avait franchi la porte la

première fois, dans l'autre sens. "Quand on combat

on devient aveugle, se dit-il." Il vit aussi,

gisant sur le sol, éparpillé autour de lui,

tout ce qu'il avait rejeté et combattu en lui :

ses défauts, ses ombres, ses peurs, ses limites,

tous ses vieux démons. Il apprit alors à les

reconnaître, à les accepter, à les aimer.

Il apprit à s'aimer lui-même sans plus se comparer,

se juger, se blâmer.

Il rencontra le Vieux Sage qui lui demanda :

 

"Qu'as-tu appris sur le chemin ?"

 

"J'ai appris, répondit le Prince, que détester

ou refuser une partie de moi, c'est me condamner

à ne jamais être en accord avec moi-même.

J'ai appris à m'accepter moi-même, totalement,

inconditionnellement."

 

"C'est bien, dit le Vieil Homme, c'est la première

Sagesse. Maintenant tu peux repasser la 3ème

porte."

 

A peine arrivé de l'autre côté, le Prince

aperçut au loin la face arrière de la seconde

porte et y lut

 

"ACCEPTE LES AUTRES".

 

Tout autour de lui il reconnut les personnes

qu'il avait côtoyées dans sa vie ; celles qu'il

avait aimées comme celles qu'il avait détestées.

Celles qu'il avait soutenues et celles qu'il avait

combattues. Mais à sa grande surprise, il était

maintenant incapable de voir leurs imperfections,

leurs défauts, ce qui autrefois l'avait tellement

gêné et contre quoi il s'était battu.

 

Il rencontra à nouveau le Vieux Sage. "Qu'as-tu

appris sur le chemin ?" demanda ce dernier.

J'ai appris, répondit le Prince, qu'en étant en

accord avec moi-même, je n'avais plus rien à

reprocher aux autres, plus rien à craindre d'eux.

J'ai appris à accepter et à aimer les autres

totalement, inconditionnellement." "C'est bien,"

dit le Vieux Sage. C'est la seconde Sagesse.

Tu peux franchir à nouveau la deuxième porte.

 

Arrivé de l'autre côté, le Prince aperçut la

face arrière de la première porte et y lut

 

"ACCEPTE LE MONDE".

 

Curieux, se dit-il, que je n'aie pas vu cette

inscription la première fois. Il regarda autour

de lui et reconnut ce monde qu'il avait cherché à

conquérir, à transformer, à changer. Il fut frappé

par l'éclat et la beauté de toute chose. Par leur

perfection. C'était pourtant le même monde

qu'autrefois. Etait-ce le monde qui avait changé

ou son regard ?

Il croisa le Vieux Sage qui lui demanda.

 

"Qu'as-tu appris sur le chemin ?"

 

"J'ai appris, dit le Prince, que le monde

est le miroir de mon âme. Que mon âme ne voit

pas le monde, elle se voit dans le monde.

Quand elle est enjouée, le monde lui semble gai.

Quand elle est accablée, le monde lui semble

triste. Le monde, lui, n'est ni triste ni gai.

Il est là ; il existe ; c'est tout. Ce n'était

pas le monde qui me troublait, mais l'idée que

je m'en faisais. J'ai appris à accepter sans

le juger, totalement, inconditionnellement."

 

C'est la 3ème Sagesse, dit le Vieil Homme.

Te voilà à présent en accord avec toi-même, avec

les autres et avec le Monde." Un profond sentiment

de paix, de sérénité, de plénitude envahit le

Prince. Le Silence l'habita. "Tu es prêt,

maintenant, à franchir le dernier Seuil, dit

le Vieux Sage, celui du passage du silence de

la plénitude à la Plénitude du Silence".

 

Et le Vieil Homme disparut.

par Olivrdv publié dans : Cheminement-fragments.
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Vendredi 26 août 2005

  Nous avons perdu une cohérence vitale. Nous tendons à nous disloquer, à nous éparpiller, à nous perdre. Il s'agit d'acquérir de la solidité et du sens, pour vraiment EXsisté.  Partant,il faut du courage. Le "Devenez-dur!" de Nietzsche est justifié. Devenir intègre, devenir un roc. Ne pas être malléable. Conquérir la liberté. Devenir un individu affirmé, rayonnant, libre etépanoui. Sclupté dans du marbre.

  Les grandes révolutions sont silencieuses.   La politique est fondamentalement intérieure.

  C'est par un changement, une prise de conscience, dans les petites choses de la vie quotidienne, par un engagement, que les grandes choses surviennent.

L'évolution, en acte, en pensé, est la révolution la plus radicale qui soit.

 La folie, et plus précisèment la schizophrénie , est le symptôme de notre société désenchantée. Cette prétendue déraison permet de tracer des limites et normalise les individus qui s'étiquettent alors comme "raisonnables", c'est-à-dire intégrés. Symptôme,dis-je, car notre société dite post-moderne est évidemment gravement atteinte, malade. Nietzsche, en son temps, en avait déjà décelé les prémisses et avait émis un diagnostic pour le moins négatif et malheureusement luçide. Déplorables constats que ceux de "la mort de Dieu" et de la désertification du réel pur , "le désert croît". Du latin desertus, de-serere, "dis-joindre", "dés-unir"...  Les contenus symboliques du mot désert sont cruels et s'appliquent à toute situation humaine; et à toute vie mondaine. (Rousseau: "J'entre avec une secrète horreur dans ce vaste désert du monde. Ce chaos ne m'offre qu'une solitude affreuse où règne un morne silence").   Les choses n'ont, dans leurs fonds, guères changées. De nos jours, dans une société qui a refoulé (faute de mieux, faute d'avoir sû réellement se remettre en cause et d'avoir effectivement digéré deux guerres mondiales, entre autres calamités révalatrices de psychose collective) ses monstruosités (que l'on ne peut plus que montrer), la maladie est plus insidieuse, plus sournoise, moins visible donc, mais à un esprit aiguisé, toujours d'autant plus présente et totalisante. Ce n'est pas l'effet, comme certains le dénoncent, d'un vaste "complot planétaire"- du moins concernant les pays occidentaux industrialisés, les autres n'auraient d'autres choix que de se soumettre, ou périr- orchestré par des groupuscules d'" élites"(dirigeants politiques et économiques) qui tireraient les ficelles de ce vaste théatre que représente notre modernité. La plupart de ces "acteurs", de ces dirigeants sont eux-memes soumis aux lois sévères du "systeme", comme ils disent. C'est plutot l'effet d'une mouvance généralisée qui, depuis au moins un bon siècle,tend à faire de l'homme un moyen en vue d'une fin qui est la bonne rentabilité économique-la compétitivité-de la société. Au nom de cette sacro-sainte "santé financière", de cette course incessante et vaine par essence, l'homme, l'humain, est réduit à une ressource qu'il s'agit d'intégrer de la manière la plus efficiente possible aux rouages de cette grande machine qui rugit et broie tout sur son passage. Organisation profondément mortifère. De manière totalitaire, dès le plus jeune age, on fait comprendre aux individus qu'ils n'ont pas le choix que de s'intégrer, d'une manière ou d'une autre, à ce vaste système économique. On réduit l'individu. On ne lui "donne" que des perspectives ds le fond illusoires, qui ne sont plus de perspectives ms une liberté imposée! Par les moeurs... La bien-pensance... Le politiquement correct... On étouffe l'idéalisme dans son berceau.On annihile toute créativité... (à moins qu'elle soit intégrable...) On crée des névrosés. Et, pire, des schizophrènes. Car c'est la forme meme imposée de la vie de tout un chacun. On sépare, sectorise, étiquette... Il y a la "vie professionnelle", la "vie sociale", et la "vie familliale". Le boulot( pr donner un sens à sa vie... comme ils disent) de 9h à 20h, la famille au retour, et le week-end avec le samedi soir. Sans oublier les vacances, fameux "congés payés", les bistrots, et autres divertissements organisés.  Il n'y a finalement plus de vie,intègre et authentique, du tout.  Le sens de la totalité , l'authenticité du tout , ont été perdu. Tout est morcellé, disséminé, en autant de tesselles qui sont en elles-memes des absurdités.     Notre tâche est de reconquérir une vivifiante liberté.   Non aux horaires imposés, aux sadiques petits chefs névrosés, à cette administration mortifère, et à la médiocrité généralisée !!             Une oasis dans le désert...

A suivre...

 
par Olivier de V. publié dans : Cheminement-fragments.
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Vendredi 29 juillet 2005

"Il faut imaginer Sisyphe heureux."        

 

A.Camus, Le mythe de Sisyphe.

      

                              A suivre...

 

 

VOIR LES COMMENTAIRES IçI BAS...

par Olivier de V. publié dans : Cheminement-fragments.
ajouter un commentaire commentaires (6)    créer un trackback recommander
Dimanche 24 juillet 2005
"C'est la Mort qui console, hélas! et qui fait vivre;
C'est le but de la vie, et c'est le seul espoir
Qui, comme un élixir, nous monte et nous enivre,
Et nous donne le coeur de marcher jusqu'au soir;

...    "

Charles Baudelaire; La mort des pauvres, in Les fleurs du mal.
par OdV publié dans : Cheminement-fragments.
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Samedi 23 juillet 2005

Le pessimisme ressemble à l'optimisme, en ceci qu'il est, comme lui, une illusion.

On devrait établir le degré de vérité d'une religion d'après le cas qu'elle fait du Démon ; plus elle lui accorde une place éminente, plus elle témoigne qu'elle se soucie du réel, qu'elle se refuse aux supercheries et au mensonge, qu'elle est sérieuse, qu'elle tient plus à constater qu'à divaguer, qu'à consoler.

 

" Imagine-t-on un démon créateur? ; on serait pourtant en droit de lui crier en lui montrant sa création: 'Comment as-tu osé interrompre le repas sacré du néant, pour faire surgir une telle masse de malheurs et d'angoisses ?! "

Schopenhauer, Fragments posthumes.

 

"La volonté de Dieu est l'asile de l'ignorance."

Spinoza, Ethique.

                     Toujours d'actualité..., hélas!

 

 

Le pretre,l'individu, éclairés  savent que les dogmes,les rites, les observances et les professions de foi, tels qu'ils sont imposés par la tradition, ne sont pas l'essentiel de la religion, mais seulement sa manifestation extérieure, contingente et provisoire.

De nos jours, postérieurement à la "mort de Dieu", toute authentique foi s'est éteinte au profit de la religion comme affirmation culturelle identitaire.  On s'imagine,à tort, que l'apparence,la conformité aux dogmes,  fait l'etre, la foi.

_______________________________________________________________________________

"Peu d'etre sont capables d'exprimer posément une opinion différente des préjugés de leur milieu. La plupart des etres sont meme incapables d'arriver à formuler de telles opinions".

"Je suis réellement un homme quand mes sentiments, mes pensées et mes actes n'ont qu'une finalité : celle de la communauté et de son progrès."

        A. Einstein

par Olivier de V. publié dans : Cheminement-fragments.
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Samedi 23 juillet 2005

  "Je veux parler de ce qui est le plus méprisable; or c'est le dernier homme. Malheur ! Arrive le temps où de l'homme ne naîitra plus aucune étoile. Malheur ! Arrive le temps du plus méprisable des hommes, qui lui-m ne se peut plus mépriser. La terre alors est devenue petite, et sur elle clopine le dernier homme, qui rapetisse tout. Inépuisable est son engeance, comme le puceron; le dernier homme vit le plus vieux. "Du bonheur nous avons fait la découverte", disent les derniers hommes, et ils clignent de l'oeil. Ils ont abandonné les régions où il était dur de vivre, car de chaleur on a besoin. On aime encore le voisin et l'on se frotte à lui, car de chaleur on a besoin. Cà et là une petite dose de poison, ce qui fait agréablement rever. Et, à la fin, beaucoup de poison,pour agréablement mourir. On travaille encore, car le travail est une forme de divertissement. Mais on prend soin que ce divertissement ne soit pas fatigue. Pas de berger, un seul troupeau !  Chacun veut la meme chose, tous sont égaux !  Qui se sent différent, à l'asile des fous entre de plein gré !  "Jadis tout le monde était fou", disent les plus fins, et ils clignent de l'oeil."

Nietzsche, Prologue d' Ainsi parlait Zarathoustra.

 

  

     Au 19ème siècle, hormis l'utilitarisme anglo-saxon (Bentham, Mill,... fondateurs de notre morale hédo-utilitariste...), la question du bonheur dans la philosophie est souvent relativisée, voire repoussée. Ce mouvement culmine chez F. Nietzsche, qui fait du bonheur un but mesquin d'homme faible. C'est le "dernier homme" qui a inventé le bonheur, dit-il. C'est l'homme contemporain, avatar du nihilisme, de l'effondrement généralisé de toutes les pseudo valeurs platonico-judéo-chrétiennes, l'homme du troupeau, décadent, malade, stérile, qui a peur de souffrir, et cherche en toute chose sécurité et garanties.      

Or, il faut dépasser l'humain et inventer le "sur-humain", l'être fort,affirmateur, créateur de valeur, qui,par sa surabondance de force, consumera sa vie par tous les bouts,en quète d'intensité, et acceptera de payer de grandes joies au prix de grandes souffrances, au lieu de chercher un petit bonheur tranquille.

...

  L'esprit contre lequel notre tâche est de lutter :  Faire croire au grand nombre qu'en attendant la mort on doit se contenter de la sieste, du confort, et de la médiocrité.

  

   ...

 

"Pour etre un membre irréprochable parmi une communauté de moutons, il faut avant toute chose etre soi-même un mouton."            

 Einstein

-----------------------------------------------------------------------------------------------------

 

 

         "La désolation de la terre peut s'accompagner du plus haut standing de vie, et aussi bien de l'organisation d'un état de bonheur uniforme de tous les hommes."

Heidegger

        "Seul leur [les hommes] parvient encore le vacarme des machines, qu'ils ne sont pas loin de prendre pour la voix meme de Dieu."

Heidegger, Le chemin de campagne.

-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

"Il est hélas devenu évident aujourd'hui que notre technologie a dépassé notre humanité".       Einstein

_____________________________________________________________________

 

 

 

 

 

 

        "Nous ne comprenons rien à l'art contemporain, car cet art, c'est la vie et les hommes d'aujourd'hui n'ont plus d'yeux ni d'oreilles pour la vie."

A.Artaud, Le théatre et son double.

 

 

 

 

 

         "_Mais..., je n'en veux pas, du confort. Je veux du divin, je veux de la poésie!, je veux du danger véritable!, je veux de la liberté!, je veux de la bonté!, je veux du péché!.

_ En somme, dit Mustapha Menier [l'Administrateur], vous réclamez le droit d'etre malheureux.

_Eh bien, soit,dit le Sauvage d'un ton de défi, je réclame le droit d'etre malheureux."

A.Huxley, Le meilleur des mondes.

par Olivier de V. publié dans : Cheminement-fragments.
commentaires (0)    recommander
Samedi 23 juillet 2005

"Qui cherche la vérité doit  etre pret à l'inattendu, car elle est difficile à trouver et, quand on la trouve, déconcertante."

Héraclite, Fragments.

"La connaissance de la réalité, l'approbation de la réalité sont pour le fort une nécessité aussi grande que l'est pour le faible, sous l'impulsion de la faiblesse, la lacheté et la fuite devant la réalité_ "l'idéal"..."

Nietzsche, Ecce homo.

                 Acquiescer sans réserve au caractère tragique de l'existence...

________________________________________________________________________________

"Le monde est dangereux à vivre !  Non pas tant à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire."

Einstein

par Olivier de V. publié dans : Cheminement-fragments.
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
créer son blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus