Spirale ascendante

Mai 2008
L M M J V S D
      1 2 3 4
5 6 7 8 9 10 11
12 13 14 15 16 17 18
19 20 21 22 23 24 25
26 27 28 29 30 31  
<< < > >>

Présentation

  • : Alchimie du verbe; tentatives d'ouverture aux interstices
  • : philosophie
  • : Une relation (un rapport au monde, aux êtres et aux choses) qui demeure en définition... Quelques délires... aussi. Des bêtises on croira...-- entre lesquelles, pourtant, quelques pépites... Bref... ici sont posées certaines choses qui me passionnent, qui me touchent. Un petit atelier de chercheur de vérités-- si l'on peut parler de "vérités". Du spontané plus que du fini. Mais cela dépend... Bonne lecture !
  • Recommander ce blog
  • Retour à la page d'accueil

Recherche

Commentaires

Texte libre

 

      Du lire et de l'écrire

 

  "De tout ce qui est écrit, je n'aime que ce qu'un homme écrit avec son sang. Avec du sang écris, et tu apprendras que sang est esprit.

Il n'est guère facile d'entendre le sang des autres: d'oisifs lecteurs me sont odieux.

Qui connaît le lecteur, pour le lecteur celui-là plus rien ne fait. Encore un siècle de lecteurs -et l'esprit même sera puant.

[...] En montagne, de cime en cime va le plus court chemin; mais pour le prendre il faut avoir de longues jambes. Que cimes soient les sentences, et ceux auquels on parle grands et altiers!

L'air rare et pur, proche le danger et l'esprit plein d'une joyeuse malice: comme tout cela ensemble s'accorde bien!

Autour de moi je veux avoir des farfadets, car je suis courageux. Courage dont s'effarouchent les spectres lui-même se crée des farfadets, -le courage veut rire.

Plus ne sens avec vous; ces nuées qui au-dessous de moi s'offrent à ma vue, ces choses noires et pesantes dont je me ris, -précisément ce sont vos nuées d'orage.

En haut vous regardez quand de hauteur avez envie. Et je regarde en bas car je me tiens sur les sommets.

Qui de vous tout ensemble peut rire et se tenir sur les sommets?

Qui gravit les plus hautes cimes se rit de toutes les tragédies jouées et de toutes tragédies vécues.

Courageux, insouciants, railleurs, brutaux, -tels nous veut la sagesse; c'est une femme et qui jamais n'aime qu'un guerrier.

Vous me dites: "La vie est pesante à porter." Mais pourquoi donc auriez-vous avant midi votre fierté, et le soir votre soumission?

La vie est pesante à porter; mais ne soyez donc si délicat ! Nous sommes tous de jolis ânes et de jolies ânesses aux reins solides.

Qu'avons-nous en commun avec le bouton de rose, qui frémit dès qu'une goutte de rosée pèse sur son corps?

C'est vrai; si nous aimons la vie, ce n'est par habitude de vivre, mais c'est par habitude d'aimer.

Il est toujours quelque délire dans l'amour. Mais toujours aussi il est quelque raison dans le délire.

Et moi-même, qui bien m'entends avec la vie, il me semble que papillons et bulles de savon, et tout ce qui parmi les hommes est de leur sorte, de l'heur ont le mieux connaissance.

Ces petites âmes légères, folles, élégantes, mobiles, à les voir qui voltigent  -Zarathoustra est entraîné aux larmes et aux chants !

Je ne croirais qu'en un dieu qui à danser s'entendît !

Et quand je vis mon diable, lors je le trouvai sérieux, appliqué, profond, solennel : c'était l'esprit de pesanteur -par qui tombent toutes choses.

Ce n'est par ire, c'est par rire qu'on tue. Courage ! Tuons cet esprit de pesanteur !

J'ai appris à marcher; de moi-même, depuis, je cours.

J'ai appris à voler; pour avancer, depuis, plus ne veux qu'on me pousse !

Maintenant je suis léger, maintenant je vole, maintenant me vois au-dessous de moi; par moi c'est maintenant un dieu qui danse.

     Ainsi parlait Zarathoustra."

 -Nietzsche-

Vendredi 16 juin 2006
Etre → niveau ontologique
Etant → niveau ontique
 
L’Etre se voile en même temps qu’il dévoile l’étant. Et l’étant en se voilant dévoile l’Etre.
 
 
Souci → fuite dans l’affairement de la quotidienneté
Angoisse (une des structures existentiales du Dasein (seul étant capable de ? et de penser l’Etre ; aussi le seul qui est conscient d’avoir la mort comme horizon, Etre-pour-la-mort) → occasion d’un retour à l’authenticité
De Grund (la raison) à l’Abgrund (l’abîme).
Le pourquoi du pourquoi est sans pourquoi, c’est cela l’Etre.
 
 
 
 
Passage de l’Ouverture à l’Etre à l’Ouverture de l’Etre. Dépassement de la métaphysique de la subjectivité. Travail sur le langage, pour dépasser le langage.  Retour des poètes.
« Ce caractère de la pensée, qu’elle est œuvre de poète, est encore voilé. »
Le langage du poète, est Parole de l’Etre.
« L’Etre n’est pas un produit de la pensée. Bien plutôt c’est la pensée essentielle qui est un évènement de l’Etre » (in Qu’est-ce que la métaphysique ? postface (1943))
 
L’art laisse être. La vérité de la chose est une liberté de son être.
 
La vérité (a-létheia) est dévoilement [Et non pas adéquation (vérité-correspondance) de l’esprit à l’étant ; Heidegger nous invite à penser la Vérité à un niveau autrement plus fondamental ontologiquement.]
 ; c’est une éclaircie dans l’Etre.
La Vérité de l’Etre est cette mise en abyme de la présence et de l’absence, de la donation et du retrait.
 
Le dasein est toujours déjà « dehors » auprès d’un étant du monde rencontré, à chaque fois découvert. C’est dire que le dasein est d’emblée au sein d’un monde déjà ouvert. La compréhension (non cognitive) de l’Etreest le fait originaire et fondamental de l’existence humaine.
 
Essence de la vérité : liberté (comme la capacité de « laisser être », de faire être, à partir de l’absence de fondement (rationnel).
 
La Parole abrite l’Etre.
Toute pensée est un travail du langage pour dépasser le langage.
 
Le poète est le seul à pouvoir dire l’Etre, qui est , pour le dire avec les mots de P.Valéry, « le cœur même du réel pur ». La poésie n’est pas une fonction parmi d’autres, elle permet de vivre et d’expérimenter. Pour elle-même, et jamais dans l’intérêt de, en vue de.
 
 
 
Déréliction → état quotidien d’absorption dans l’étant. Fuite dans l’inauthenticité.
 
 
Grave conséquence de l’Oubli de l’Etre : le règne hégémonique de la technique. Met en danger la possibilité de la pensée méditante. → perte de sens de l’habiter dans le monde, car absence de pensée∕poésie.
Bâtir → l’essence de la technique est un mode d’être qui éclaire la possibilité fondamentale de l’humain → bâtir le monde dans lequel il vit.
Habiter → ancrer son être en un lieu
               → donner sens et valeurs.     Se créer une proximité ; relation authentique d’être.
Penser → C’est penser son habitation dans l’Etre. Poète → sensibilité pensante à la présence.
Poésie est le véritable habiter ; aussi la véritable proximité.   ( ! il y a une crise d’habitation dans l’Etre !)
 
C’est la poésie qui accède au fondamental.
 
L’art nous permet de comprendre ce qu’est le réel en dehors de son emprise par la science et au-delà de son effacement par la quotidienneté. Nous permet d’accéder à la Vérité qui est Ouverture de l’Etre.
 
Sérénité → assurance de soi de la pensée, qui a établit le contact avec « ce qu’il importe de penser » ; entente (accord) avec l’Etre. 
 
Chemin-cheminement ; se laisser instruire par le chemin. (c’est pas dans la logique marchande de la technique ; ce n’est ni productif, ni rentable, ni même évaluable ; c tout simplement inutile, mais c’est digne).
 
Exister, pour le Dasein, c’est « avoir à être ».
 
Tout cela relève du sapiential et non pas du cognitif. C’est de sagesse dont nous avons besoin,et non pas de savoirs.
 
Sérénité (in Questions III)
→ Processus qui atteint l’homme contemporain : il est en fuite devant la pensée méditante.
Jusqu’alors : jamais une aussi grande planification, recherche poussée, expérimentation. Heidegger ne nie pas l’utilité ni le caractère indispensable de cette pensée qui est d’un genre particulier : elle calcule, elle vise un but déterminé, elle rend des comptes. Pour autant, elle n’est jamais tranquille, jamais elle ne prend le temps de réfléchir. Tout la presse. Elle nous presse. Elle ne médite pas le sens présent de tout ce qui est.
Il y a autre chose que la pensée calculante, il y a la pensée méditante. Celle-ci exige certes des efforts, mais elle demeure cependant à la portée de chacun-à sa propre manière et dans ses propres limites.
Car l’homme est l’être pensant (conscient de la spécificité de l’étant homme qui seul parmi les étants se pose la question de l’Etre).
Il suffit de séjourner auprès de ce qui est proche, et de savoir réfléchir sur ce qui est le plus proche. Ce qui nous concerne, chacun de nous, ici et maintenant.
→ Notre monde ne cesse de nous proposer maints divertissements qui nous voilent l’Etre. Tout ces moyens techniques, devenus omniprésents, et devenus fins entant que tels, pervertissent en quelque sorte notre essence. Déracinement quotidien. Déréliction.
→L’enracinement originaire de l’homme est gravement menacé par l’esprit même de notre époque contemporaine.
→ Nous pouvons avoir un autre rapport à la technique, autre que celui d’assujettissement dans lequel nous nous emprisonnons.
Conserver notre liberté sur les objets techniques, usage instrumental.
→Exercice du lâcher -prise. Garder le pouvoir de dire oui et non aux objets techniques. Oui à leur inévitable utilisation. Non en ce qu’ils nous accaparent et faussent notre essence jusqu’à la dévaster.
A la fois « oui » et « non » aux objets techniques, relation au monde technique ambiguë et incertaine ? Au contraire, relation simple et paisible. Objets techniques placés à la fois dans et en dehors de notre monde quotidien. Cette position, [« je l’appelle »] la sérénité envers les choses.
 
Le Chemin de campagne (1948) → pensée∕existence vise un Simple qui prend du temps pour croître et mûrir. Patience et sérénité du chemin. C’est le chemin qui éduque le marcheur. Saisie d’un instant poétique. Solitude, lenteur, sont des vertus de la pensée.
 
 
 
 
 
 
 
……………………………………………………………………………………………………………..
 
Critique de la métaphysique de la subjectivité. L’homme compris par la philosophie moderne comme « sujet » ou « conscience », c’est le comprendre comme un être clos sur lui-même. Un être qui se fait « maître des étants » au lieu de devenir « berger de l’Etre ».
 Aristote, Leibniz, Descartes, Kant, puis enfin Nietzsche posent les principaux jalons du sujet tout puissant. Retrouver Parménide et les penseurs présocratiques. Poésie et pensée, dévoilement de l’Etre (et, du coup, voilement de l’étant).
……………………………………………………………………………………………………………….
Critique d’E.Lévinas→ Le Dasein lui-même est finalement aussi un sujet clos sur lui-même.
 La philosophie et l’idée de l’infini (1957) → « Le Dasein que Heidegger met à la place de la conscience, du Moi, conserve la structure du Même ».
→ Réduction de l’Autre au Même, par appropriation de l’altérité.
[paradoxe→ Lévinas semble plus heideggerien que Heidegger (puisqu’il dénonce le Dasein lui-même comme subjectivité encore enfermée en elle-même) mais sans renoncer à l’idée de l’homme comme sujet (puisqu’il prétend que l’homme advient comme véritable subjectivité par son ouverture à l’Autre.]
par OdV publié dans : Cheminement-fragments.
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Jeudi 25 mai 2006
Fiche de lecture, synthèse exposée, Sorbonne licence 3 Philosophie.

 

 

Jürgen HABERMAS

 

« L’avenir de la nature humaine

Vers un eugénisme libéral ? »

 

 

Habermas part du constat que l'histoire des sciences progresse en corrélation avec celle de l'industrialisation, qui mène à l'objectivation du corps humain, devenu machine à travers la structure du travail. La neutralité du savoir scientifique est mise en question en ce qu'il tend à légitimer le système capitaliste, soumettant le monde à la raison instrumentale. À celle-ci, Habermas substitue une raison communicationnelle, par laquelle nous sommes en interaction grâce au langage. Habermas fonde sa théorie critique de la société sur ce schéma communicationnel : il s’agit reconstruire un espace critique reposant sur une éthique de la discussion qui rende possible à nouveau le consensus social. Le rôle de la philosophie, médiatrice de la rationalité et prônant un «usage public de la raison», est essentiel.

 

 

Présentation et résumé

 

L’ouvrage a été publié en Allemagne en 2001 et traduit en français en 2002 chez Gallimard.

Il s’inscrit dans les débats soulevés par le développement des techniques génétiques et leur application à l’homme. Habermas montre la nécessité de poser des limites moralement justifiées à l’extension de pratiques qui tendent à une auto- instrumentalisation eugénique de la vie anténatale et de l’espèce humaine. L’auteur cherche des fondements actuels et rationnels, donc universalisables, à de telles limites qui semblent s’opposer à l’accroissement des droits personnels et à l’amélioration de l’espèce. Il fait valoir la nécessité de préserver l’autonomie de la personne future face au risque que la compréhension éthique que l’humanité a d’elle-même soit modifiée, et le principe même de toute vie morale sapée.

 

L’utilisation d’embryons à des fins de recherche se fonde sur la présence aux premiers stades du développement de celui-ci de cellules souches totipotentes, càd capables de commander le développement de tous types d’organes, ce qui laisse entrevoir des perspectives thérapeutiques intéressantes (culture d’organes compatibles).

Au rang de ces techniques se trouve le Diagnostic Pré-implantatoire (DPI) qui consiste à déchiffrer le génome d’un embryon obtenu par fécondation in vitro afin de déceler certaines anomalies voire de sélectionner certaines caractéristiques. En cas d’anomalie, les embryons ne sont pas implantés dans l’utérus de la mère et détruits. Dans le second cas, seul l’embryon correspondant aux critères choisis par les parents serait réimplanté. La possibilité désormais offerte, ou sur le point de l’être, aux parents d’agir sur le génome de leur futur enfant (eugénisme libéral), non seulement pour éviter les effets d’une maladie héréditairement lourde (eugénisme négatif, le seul permis actuellement), mais aussi en vue d’une amélioration de certaines qualités physiques ou mentales, dans le sens de préférences individuelles (eugénisme positif) pose la question de savoir « si le fait d’avoir été fabriqué sous réserve est compatible avec la dignité humaine ». « Avons-nous le droit de disposer de la vie humaine à des fins de sélection ? »

 

            Habermas pose la nécessité de « moraliser la nature humaine » : ce que la science met à notre portée doit être soumis à un contrôle moral. Il précise d’emblée le contexte culturel dans lequel se situe la réflexion. Notre modernité se caractérise par une situation historique, post-métaphysique et post-religieuse où les normes universelles qui doivent régir la vie humaine ne sont plus fondées sur une connaissance de ce qui est ontologiquement ou sur une révélation. Mais Habermas ne renonce pas à la référence à l’universel et à la raison comme conditions d’une vie commune moralement acceptable sous réserve que cette référence ne porte que sur les seules conditions formelles selon une conception procédurale de la raison.                                                                              Habermas remarque en outre que le développement des sciences et des techniques est allé de pair avec celui des conditions de l’Etat de droit constitutionnel :  la science a favorisé l’émergence de la conscience de soi autonome. La tendance à un accroissement de la liberté de choix et de l’autonomie des individus est une caractéristique de la modernité sociale. Face à cette tendance, moraliser la nature humaine ne serait-ce pas la resacraliser en réduisant l’espace de liberté et en allant contre le développement des sociétés pluralistes démocratiques? Habermas veut fonder en raison la protection d’un patrimoine génétique non manipulé : pour lui, il s’agit de l’affirmation d’une conscience de soi procédant d’une éthique de l’espèce humaine.

 Habermas prétend d’abord qu’on ne peut pas trancher quant au caractère moralement acceptable de la recherche sur l’embryon ou du DPI en attribuant ou pas la dignité humaine à l’embryon puisque de telles positions renvoient à des visions du monde spécifiques et ne font pas l’unanimité. Or, les seules raisons acceptables sont celles qui sont neutres. Le statut moral de l’embryon fait partie pour Habermas des « faits dont il est raisonnable dans une société pluraliste qu’ils demeurent sujets à controverse ».

Dans sa quête d’une solution acceptable par tous, neutre par rapport aux différentes visions du monde, Habermas remplace les raisons morales par une éthique de l’espèce. Habermas introduit une distinction entre dignité humaine et dignité de la vie humaine. La dignité n’est pas une qualité possédée en elle-même au même titre que la raison mais elle est un concept de droit positif qui se comprend dans le cadre de relations de reconnaissance mutuelle entre personnes égales. Une attitude morale ne peut se définir que dans un cadre d’interrelations : seuls les membres de la communauté peuvent s’imposer des obligations morales mutuelles. La naissance est le point de départ de cette individuation sociale. Mais « il n’y a pas que ce à quoi on reconnaît la dignité humaine dont on ne doive pas disposer à son gré » et si l’embryon n’est pas un sujet des droits fondamentaux, il n’est pas non plus un bien instrumentalisable dans l’espoir d’en tirer profit.

            Il devient dès lors possible de justifier un eugénisme négatif en insérant virtuellement la future personne dans un cadre intersubjectif. La destruction ou une intervention préventive sur les cellules germinales (lorsqu’elle sera possible) sont moralement justifiées quand on peut supposer que la future personne donnerait son accord, ce qui semble être probable dans le cas de maladies héréditaires lourdes, accompagnées d’une vie de souffrances. La logique de guérison permet de faire la distinction délicate entre un eugénisme négatif et un eugénisme positif d’amélioration,  et d’éviter un rapport "instrumentalisé", qui exclut la postulation de cet accord.

            En revanche, une telle manipulation faite dans le but d’une amélioration du patrimoine génétique ne peut être justifiée moralement. Habermas explore les implications prévisibles d’une telle intervention quant à notre compréhension de nous-mêmes en tant qu’êtres éthiquement libres, responsables et égaux, et quant à la possibilité d’une vie autonome.

En effet, la compréhension de soi comme un être moral présuppose la conscience d’être une personne libre au destin singulier et irremplaçable. Or la conscience d’être né à la suite de manipulations génétiques traduisant les préférences et les attentes de ses parents empêche de se percevoir comme l’auteur sans partage de sa vie personnelle. Contrairement à l’influence exercée par les parents au cours de l’éducation, l’intervention sur le génome est irréversible et n’est pas susceptible d’être contestée dans une structure interactive. A la différence de l’eugénisme négatif, le consentement ne peut être supposé et la sélection égocentrique des parents ne prend pas le caractère d’une activité communicationnelle.                  La compréhension de soi comme un être moral présuppose également pour Habermas l’égale réciprocité des personnes dans la communauté morale. Or, la programmation génétique fait naître une relation asymétrique qui annule la réciprocité de naissance entre égaux de naissance. La conscience d’être né à la suite d’une intervention génétique ébranlera la réciprocité de la relation entre générations et, par contagion, des relations intersubjectives.

Enfin, en déplaçant la frontière entre ce qui est fabriqué et ce qui est naturel, la programmation génétique porte un coup à la naturalité de la condition humaine. La contingence de la naissance et de l’existence (« ce cadeau venu de nulle part » selon l’expression de Hannah Arendt) s’oppose à la conscience d’être le produit d’une intervention instrumentale voulue selon un plan et des critères prédéfinis. Ces interventions réifiantes brouilleraient les différences entre le subjectif et l’objectif, le fabriqué et le naturel qui structure notre compréhension de nous-mêmes et de notre relation à autrui.

 

Finalement, les limites normatives à ne pas franchir dans le rapport aux embryons sont le fruit d’une éthique de l’espèce humaine qui refuse son auto-instrumentalisation. Habermas reformule ainsi l’impératif catégorique de Kant dans une perspective post-métaphysique.

 

 

 

Commentaire critique

 

 

Habermas a le mérite d’entreprendre une réflexion morale sur ce sujet en pointant le besoin de réglementation et la nécessité d’encadrer la recherche biologique. La science n’est pas en effet bonne ou mauvaise en soi et ne peut constituer à elle-même sa propre finalité. C’est l’utilisation qui en est faite qui doit faire l’objet d’un encadrement, à plus forte raison quand il y va de la vie humaine. Habermas met en garde contre la dynamique de la science et de l’économie qui tendent à produire des faits accomplis sur lesquels on ne pourrait pas revenir.

 

Si l’on peut suivre Habermas dans son refus de l’eugénisme positif, la légitimation d’un eugénisme négatif pose, Habermas en discute longuement, plus de problèmes. Tout d’abord, il est nécessaire d’évoquer les présupposés d’une telle intervention. En effet, la sélection d’embryons sains et la destruction des embryons porteurs d’anomalies implique de trancher entre une vie qui vaut la peine d’être vécue et une vie qui n’en vaut pas la peine, avec les effets discriminants d’une telle appréciation de la qualité de la vie sur les personnes porteuses de handicaps lourds que ce soit par la naissance ou à la suite d’un accident. L’opinion sous-jacente est que la vie n’a plus une valeur en soi ; elle dépend d’une évaluation selon un critère qui est le plus souvent désigné comme qualité de vie, laquelle dépend aussi d’une évaluation reposant à la fois sur des critères objectifs et subjectifs. On entre dans le domaine de la relativité et de l’arbitraire. Qui va décider de la valeur de la vie ? Le fait de se mettre à la place de quelqu’un pour prendre la décision de savoir s’il aurait choisi de vivre ou pas, même en cas de maladie génétique héréditaire lourde demeure quelque chose de dérangeant, remarque Habermas qui postule que chacun doit rester en toute circonstance maître de son destin.

            Bien souvent, la souffrance apparaît comme l’anti-valeur, celle au regard de laquelle la vie, dont la qualité est identifiée au bien-être, devient indigne. Le critère du maintien en vie est la qualité de vie et non plus la dignité qui s’y attache. C’est bien le sens, et le danger me semble-t-il, de la dignité dont parle Habermas. Celle-ci fait référence aux conditions d’existence dans la communauté, à la différence de la dignité ontologique qui est liée à la vie humaine en tant que telle.  Or l’être humain n’est pas évaluable : il n’a pas de prix. L’être humain est plus que l’exercice de sa liberté dans l’interaction et plus que son état physique ou affectif. On ne peut juger la valeur d’une existence relativement au niveau de  souffrance qu’elle semble induire.

L’acceptation d’un eugénisme négatif repose en fait sur un mécanisme de projection (en effet, comment imposer à quelqu’un quelque chose que l’on refuse pour soi ?) et sur le souci de ne pas souffrir du mal être de l’autre, au sens où il est encombrant mais aussi au sens où voir souffrir une personne fait peur et nous renvoie à notre impuissance. Et cette passivité est refoulée, car elle met en échec notre idéal de construction de soi.

 

En outre, il convient de remarquer que la justification de l’eugénisme négatif par la logique de guérison qui préside au DPI par opposition à la logique instrumentale d’un eugénisme d’amélioration ne correspond pas à la réalité. Il n’y a pas de guérison puisque l’embryon n’a jamais été soigné, n’ayant jamais été malade et qu’il est le survivant d’un tri embryonnaire qui a éliminé ses frères et sœurs touchés par la maladie. Quand la vie d’un enfant à naître s’annonce avec un handicap, la réponse de la société prend trop souvent la forme d’une diversion : faute d’éliminer le handicap, c’est le handicapé qui est éliminé. A la violence d’une situation de souffrance correspond une autre violence dont on commence seulement à mesurer l’impact sur les personnes handicapées elles-mêmes. Les priorités sont en outre inversées et des sommes considérables sont consacrées au DPN( diagnostic prénatal) et au DPI, techniques faisables et vendables, au détriment de la recherche médicale sur les maladies génétiques.

 

Quant à la tentative de produire des justifications acceptables par tous, elle est louable et témoigne d’une haute conception du rôle du philosophe. Toutefois, il me semble que l’entreprise ne va pas au bout de ses possibilités, comme en témoigne l’incertitude et le malaise d’Habermas quant  aux limitations éthiques à ne pas franchir dans le rapport aux embryons. Il est possible de penser que le retranchement dans une morale procédurale où la validité éthique des actions est jugée à l’aune du consensus qu’elles rencontrent ou de l’intention qui les animent n’est pas un rempart suffisant contre les dérives possibles des manipulations génétiques. Cette définition de la morale revient, me semble-t-il, à une forme de positivisme (au moins, juridique) malgré ses prétentions universalistes.

Habermas prétend qu’il s’inscrit dans une perspective neutre contrairement à une réflexion métaphysique. Deux objections peuvent être apportées. Tout d’abord, considérer que ce qui fait de l’homme un être moral est sa capacité à entrer en relation et à communiquer peut être considéré comme une opinion non neutre. De même, Habermas refuse la relation instrumentale à l’être humain dans la phase anténatale, et il évoque l’existence de devoirs moraux envers l’embryon, « par seul égard pour lui » mais sans aller jusqu’à  lui accorder la dignité inhérente à la personne : n’est-ce pas définir un statut intermédiaire pour l’embryon qui témoigne d’une vision du monde? Mais la non-neutralité n’est pas en elle-même un obstacle à la rationalité ; la métaphysique, repoussée par Habermas, se définit d’ailleurs comme la recherche rationnelle ayant pour objet la connaissance de l’être. S’agissant de tracer les frontières de l’intervention sur l’homme, il me semble que l’on ne peut faire l’économie d’une définition de la personne humaine, à laquelle est attachée une dignité ontologique. La dignité de l’homme se fonde tout simplement sur son existence et ne saurait dépendre de critères quels qu’ils soient.

La question du statut de l’embryon soulève de redoutables difficultés. En revanche, il est de plus en plus admis que l’embryon est digne de protection juridique. Dans la mesure où il est porteur dès l’origine du patrimoine génétique qui en fait un individu un, distinct de ses parents, et qui lui permettra de se développer de manière continue jusqu’à la naissance et tout au long de la vie d’ailleurs, il doit être considéré comme une personne, porteur de la dignité attachée à toute personne humaine. A cet égard, certaines lois sont plus protectrices que d’autres : en Allemagne, le nombre d’embryons produits par fécondation in vitro est ainsi limité au nombre effectivement implanté ce qui n’est pas le cas en France où les stocks d’embryons surnuméraires augmente chaque année excitant la convoitise des chercheurs.

Dans ce contexte éthique délicat, les chercheurs devraient se tourner, ou être incités par le législateur à le faire, vers des alternatives tout aussi prometteuses comme l’est la recherche sur les cellules souches adultes qui présentent pour certaines des potentialités semblables à celles des cellules souches embryonnaires sans poser les mêmes questions éthiques.

par OdV publié dans : Cheminement-fragments.
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Mardi 9 mai 2006
Friedrich Nietzsche (1844-1900)
 
 
 
 
« La tâche de la philosophie : Nuire à la bêtise »
« Seul remède à la bêtise : la violence »
 Bien entendue, la violence de la pensée…
 
 
Formation de philologue(étude des textes antiques), puis philosophie. Fin psychologue.(précurseur, sur bien des points, de Freud). Philosophe au marteau. Généalogiste. Médecin (raisonne en termes de santé,de maladie, de symptôme). Monisme (le corps=grande raison). Instincts. Perspectivisme. Vie comme plus haute valeur. Art. Se faire philosophe artiste.( « Nous avons l’art pour ne pas mourir de la vérité »).Pensée incarnée (ou corps pensant) Danse entre ces deux pôles (immédiateté du sensible,nature/rigueur lente- gestation, rumination- de l’intelligible) en direction du surhumain, fort d’une volonté de puissance non-défaillante.= grande santée= grand style. Affirmation permanente. Amor Fati.  Amour du réel ; de la nécessité. [1]Actif. Esprit libre.
 
Avec Marx et Freud, un des trois grands maîtres du soupçon. Afin de remuer une culture européenne pétrifiée.
Montrer comment les grandes institutions, comme l’Etat, la morale ou la religion, loin de délivrer l’homme, peuvent le faire régresser jusqu’à devenir l’ombre de lui-même.
 
Romantisme allemand ;XIXème siècle.
 
Monde(« un monstre de forces ») en lui-même dépourvu de sens. Jeu aveugle de forces , énergies de la vie.
Importance de l’inconscient. Positivité féconde des antagonismes maîtrisés.(« Il faut encore avoir du chaos en soi pour pouvoir enfanter une étoile qui danse » GS)
 
Difficultés : écriture en aphorisme, parfois très lyrique. Qui fait appel (c logique dans sa logique) au corps tout entier.    Ce grand philosophe écrit comme un grand poète. Ces deux qualités égare quiconque se trouve démuni de l’une de ces deux compétences.
   Beaucoup de contradictions, mais un lecteur assidu discerne bien les grandes lignes de sa pensée. Fait la part des choses ; il y a aussi bcp de tons différents : ironie, sarcasme, etc. Volontiers provocateurs, cherche à choquer le lecteur. Tourne parfois presque au délire.
Très très intelligent ; sans aucun doute un des penseurs les plus profonds de l’histoire. 
 
 
 
 
Je n’ai jamais pu parler de Nietzsche calmement. Cela tient à son génie, sans doute, à ce qu’il a en lui de survolté, d’explosif- « je ne suis pas un être humain, disait-il dans Ecce Homo, je suis de la dynamite »-,à ce talent de provocateur, et à cette proximité toujours, et à tous risques, avec l’essentiel ou l’insondable. Celui-là ne pensait pas pour passer le temps. Il va aux extrêmes, au plus profond, et y installe sa bombe ou son rire.
 
 
A la recherche de l’innocence perdue.(inno-cere = qui ne nuit pas) Se délester du poids de la culpabilité.    Prologue de Ainsi parlait Zarathoustra, « les trois métamorphoses ».Evolution de l’esprit par étapes successives : Chameau>Lion>Enfant
 
N. a invité la philosophie à s’affranchir de la vengeance qui sommeille dans la pensée, sous la forme d’un désir de tout surveiller et de tout juger.
 
 «  La vraie morale se moque de la morale ! »Pascal
 
Dionysos et Apollon. Apollon incarne la lumière et l’harmonie, expressions de l’idéal. Nietzsche a vu dans la vénération d’Apollon un signe de fuite , et de décadence. D’où son intérêt pour Dionysos, plus sombre, mais plus réel. Dionysos est le dieu de la poésie, de l’ivresse et du tragique. Dionysos meurt et renaît à chaque printemps. Il est l’expression de la vie authentique, qui vit en s’enivrant de vie, afin de mieux renaître. Nietzsche préfère la joie de Dionysos à la sérénité d’Apollon. Vision tragique de la vie comme mort et renaissance versus sérénité et idéal. L’ivresse est un état poétique. L’état, par excellence, de la pensée ; le fait de penser consistant non pas à contrôler sans cesse ce que l’on pense, mais à se laisser habiter de l’intérieur par une pensée.
 
Le devenir et non l’être- illusion mtp qui consiste à croire qu’il y a au fondement de toute chose une réalité fixe immuable/ l’être étouffe en la figeant la pensée qui est un mouvement créateur provenant d’un homme vivant et sensible.  
En dépit de toutes les distinctions factices faites par la métaphysique depuis Platon (monde sensible/monde idéal ; corps/âme ; illusions/ vérité ; etc.)  , ce qui apparaît est. Nietzsche a toujours privilégié la surface, l’apparence, la représentation, mais ce moins au dépens de la profondeur du réel qu’à la profondeur mensongère et illusoire attachée par la mtp tradi à la notion de « monde vrai ». Apparence et réel ne font qu’un car l’espace de la représentation est le lieu unique et précis où se trouvent les choses. Profondeur de la réalité elle-même. Réel est unique et sans double. Pensée de l’épaisseur et de la simplicité du réel. Cf Crépuscule des idoles pour comprendre en quoi l’apparence n’est pas illusoire. Il en ressort en outre que l’ «apparence » en tant qu’illusoire chez N est bien plutôt « le monde vrai » (fable des métaphysiciens), « illusion d’optique et de morale ». Le vrai monde est le réel, il est véridique en ce qu’il n’est pas faux.
Héraclite-le premier à avoir envisagé le monde comme un grand devenir universel rythmé par une succession de transformations-  et non Parménide. La philo doit être un jeu. Le jeu est très sérieux. Fuir la lourdeur  « scientifique » du « besoin de comprendre », de faire des « théories ». Lourdeur morale du besoin de « maîtriser » la société. Innocence, légèreté, danse.
 
Une pensée qui libère. L’homme théorique (Platon et le drame de la philosophie qui ôte toute liberté et toute vie à la pensée, Déprécier le sensible à l’aune de l’idéal suprasensible. système de pouvoir, volonté de domination, science qui obéit à logique du pouvoir,morale pour maîtriser, dominer/ exit la pensée libre des présocratiques qui était vécue pour elle-même). Le besoin maladif de savoir, de dominer rationnellement le monde et la société. Savoir illusoire que celui qui croit tout savoir. La vie n’est pas ce que l’on croit. L’inconscient et la vie. Du savant à l’artiste. La vie ne se réduit pas à la représentation qu’on peut en avoir.
Noblesse : état même de l’esprit. Avoir de l’esprit, c’est être noble et voir chaque chose avec hauteur.
Savoir tragique et joie ne font qu’un.
 
 
La critique est toujours secondaire, subordonnée à l’impératif affirmateur. N ne se pose pas en s’opposant, auquel cas il serait dans la réaction, il observe les mœurs et le monde de manière crue, vision empreinte de lucidité.
 
 
I-                   Critique de la philosophie.
II-                Critique de la religion.
 
 
Illusion mtp de l’être.  
Vision religieuse de l’existence : le monde est coupé en deux ; monde idéal/notre monde qui n’a rien d’idéal parce qu’il a chuté hors de ce monde idéal à la suite d’une faute obscure de l’humanité. Cela explique tout ce qui ne va pas ; la vie serait mauvaise par essence, et cela illustrerait la nature mauvaise de l’humanité. Comment ne pas voir là une façon toute trouvée de haïr l’humanité et la vie ? En ce sens, la mtp, avec son monde idéal, est taillée sur mesure pour s’adapter au besoin de se venger de l’existence. D’où la passion de l’humanité pour les arrière-mondes, pour les idéaux ainsi que pour la religion. C un système mental que N. accuse, qui culmine dans la figure du prêtre ascétique (attitude psy qui consiste à accuser la vie dès lors que l’on subit un échec, ici le terme d’ « ascétisme » ne renvoie pas à un exercice constructif pour soi, mais à une façon triste d’envisager la vie). Ce besoin d’un ailleurs, d’un idéal ou d’un au-delà cache une détestation de la vie que N. a appelé « nihilisme » : un goût pour le néant.
Pour penser ce phénomène, N. a élaboré les notions de fort et de faible.
« Fort » est celui qui est capable de supporter la confrontation avec la vie, sans accuser personne ; « faible » est celui qui, au contraire, ne cesse d’accuser les autres ou la vie dès lors qu’il est confronté à cette même vie.  (le fort est une individualité supérieure qui ne cherche pas à dominer les autres, ce qui serait un signe de faiblesse /violence gratuite=faiblesse, dictée par la haine et le ressentiment, désir de vengeance)
 
« Je vous en conjure, mes frères, restez fidèles à la terre et ne croyez pas ceux qui vous parlent d’espoirs supraterrestres ! Ceux-là sont des contempteurs de la terre et du corps ! »APZ
 
« Le christianisme donna du poison à Eros, il ne mourut pas mais dégénéra en vice. » PDBM
 
 
 
« Dieu est mort », célèbre formule- tant répétée et si peu comprise- qui donne penser qu’il est athée, pourtant les choses ne sont pas si simples. N. n’est pas celui qui s’écrie « A bas Dieu ! », ou bien encore « A mort ! ». Car ceux qui poussent ce genre de cris sont des religieux à l’envers. Ceux-là s’insurgent contre le pouvoir de la religion et de Dieu pour prendre sa place.
On découvre trois points essentiels dans le fameux paragraphe 125 du Gai Savoir où il est question de la mort de Dieu, annoncée par l’Insensé :
1, la mort de Dieu est décrite comme une catastrophe et non comme une victoire. Un avenir sombre est prédit. N. a pensé que le monde moderne allait entrer dans une période d’athéisme et que, loin d’être une libération,cela allait l’affaiblir. Certes, dans la religion tout n’est pas lumineux. Mais, au moins, le fait de croire manifeste une volonté. Il est désormais à craindre que les hommes n’aient plus aucun but dans la vie et que le nihilisme progresse, en annihilant toute volonté.
2, Ns sommes tous des assassins, mais nous ne le savons pas. N s’adresse ici à tout le monde, croyants comme incroyants. « Nous avons tué Dieu ! » Il veut dire, par ce cri, que nous avons tous tué le divin de l’existence, à un degré ou à un autre, les croyants en n’ayant pas été capables d’accéder à un sens divin de l’existence, leur foi étant trop chargée de ressentiments, et les incroyants en n’ayant non plus pas été capable d’accéder à un sens divin de l’existence, leur athéisme étant trop chargé, lui aussi, de ressentiment. La religion devrait nous rendre divin, et l’athéisme libres. Ce n’est pas le cas. C’est en ce sens que nous sommes des meurtriers.
3, Toutefois, N. n’est pas pessimiste quant à l’avenir. Une décomposition, en général, n’est jamais négative. La vie est telle que, à un moment ou à un autre, la décomposition finit par décomposer la décomposition elle-même, comme la décadence finit par faire tomber la décadence elle-même. D’où l’intérêt de N pour la notion de déclin, qui, à travers la faiblesse, laisse transparaître le travail d’une force à l’œuvre. Déclin du Dieu extérieur,un temps de décadence laisse présager l’avènement d’un nouveau temps du divin, celui de l’homme divin, libre et céleste à la fois.
 
N a voulu retrouver le divin (grec) dans la vie. C pourquoi il s’est insurgé contre un Dieu sans vie et contre une vie sans divin. Sens tragique de la vie, qui va de pair avec le divin.(…)
La vie est par essence imprévisible. C’est ce qui fait qu’elle est surprenante, étonnante, renversante, donc vivante. A l’inverse, dans un horizon où tout est connue d’avance- certes c rassurant on sait où l’on va- tout ce qui fait la saveur de l’existence se trouve étouffé. La vie alors devient fade.
 
Concept central de l’Eternel Retour ; caractérise avant tt un état de la volonté. L’état même de la volonté, quand elle veut vraiment. Celle-ci veut tellement ce qu’elle veut qu’elle le veut encore. Une grande joie dans ce type de volonté. état explosif. L’énergie même de la vie. C de cette énergie que tout procède.
Révélateur non d’une vérité ontologique, mais d’une vérité psychologique concernant le désir du retour du même.
Eternel retour de la volonté de puissance.
 
APZ, au-delà de l’alternative Dieu-homme/ invitation à vivre d’une façon supérieure, en évitant de sombrer dans la facilité des idéaux
 
Position active (grand oui à tout ce qui est)/ réactive(se venger de la vie, fuite vers l’idéal- par ressentiment envers celle-ci)
 
Surhomme ; rien à voir avec la caricature de cet homme qui se croit supérieur et qui rabaisse les autres. La vraie supériorité est ailleurs. Elle réside dans une aptitude au dépassement. On a dépassé une chose quand on n’a même plus besoin d’être contre celle-ci pour en être délivré. On ne se sent plus concerné par cette chose. Liberté.  Façon supérieure de vivre, permettant de s’élever au dessus de soi-même. La notion de surhomme signifie la capacité pour l’homme(« La grandeur de l’homme, c’est qu’il est un pont et non un terme »,APZ) un pont vers le surhomme) de se surpasser en ne se laissant pas aller à son côté humain(trop humain) qui est fait de toutes sortes de mesquineries, de complaisances, de faiblesses. Nietzsche, optimiste( ?), a pensé que le surhomme- l’homme détaché, délivré de tout esprit de vengeance- était la véritable nature de l’homme. D’où l’enseignement de Zarathoustra pour retrouver la part divine de l’homme enfouie dans celui-ci, que la civilisation n’aurait jamais dû étouffer.
 
 
III, Critique de la morale/ question de la valeur des valeurs morales (toute une tradi allant de Platon à Kant ; philo de+ en + théorique, de –en- vivante parallèlement + en+ « morale » au mauvais sens du terme
Perte de la figure du penseur poète, dominante avant Socrate
C parce qu’il approuve le monde que Nietzsche accuse la morale, et non l’inverse.
Il faut créer des valeurs nouvelles, valeurs qui st vitales ( ? de la morale, c ? de ce qui vaut, pour lequel on serait prêt à vivre)
Car, ascétisme, devenu un exercice de la mort ; ses multiples visages, ordre intimidant castrateur qui sert d’ordre à la société ; cesser de punir- marquer la chair et l’esprit- par désir morbide de vengeance
 
En poésie, la forme compte autant que le fond, car la pensée ne se dissocie jamais de la beauté et par conséquent de la vie. La philosophie devrait être une poésie et non une science.
 
Pitié ; la véritable pitié consiste à ne pas sacrifier la part noble de l’humanité par complaisance avec les « petites faiblesse humaines ».
 
Hiérarchie de valeurs, pensée noble et généreuse, refuse de nous laisser végéter dans le magma de l’indifférenciation où tout se vaut et rien ne vaut plus, là la pensée est véritablement humaine.
 
 
Influence Schopenhauer et Wagner. Sens tragique de la vie ; dépasser le voile de la représentation en vivant passionnément ; on est alors un corps, un désir, et non une conscience(pb :prône finalement le sacrifice de la vie pour être libre de son illusion –négation du vouloir-vivre)>S/ sens de la grandeur, vie comme vaste opéra(pb : déçoit N qui voit notamment dans sa lourdeur un christianisme inavoué)>W
Ts deux incarnent la difficulté, quand on a compris que le monde est une illusion, de tenir cette illusion en main ; de n’y pas mettre fin par volonté qui pousse à y mettre fin soit par le renoncement ascétique de type oriental, soit par la pitié et l’amour chrétiens. Ils n’ont tous deux pas osé vivre l’ illusion de la vie comme telle, pour la transformer en art
??Trouver une nouvelle noblesse en entreprenant, de l’intérieur de la vie, de surmonter la vie en inventant des points de vue élevés.
 
Par-delà le bien et le mal !   morale lourde, tellement q’inefficace, car soit inhibe l’existence en la culpabilisant, soit elle suscite le contraire de ce q’elle souhaite (l’interdit excite le désir de transgression, la chose est bien connue)
Ne signifie pas être pour le mal, mais vivre d’une façon tellement supérieure que l’on n’a plus besoin de lutter contre le mal pour aimer le bien. On ne se positionne plus par rapports à. La morale a une fâcheuse tendance à se poser en s’opposant. Qqch en elle de haineux, voire de non-libre. Ainsi on est pour le bien parce que l’on est contre le mal, et non parce que l’on est pour le bien. Si le mal disparaissait, dans ces conditions, comment le bien se situerait-il ? il s’écroulerait. (critique de la « moraline » = « morale des esclaves »)
N pense q’il est possible en morale de connaître autre chose que le couple inhibition-transgression. En réalité, attitude qui est un profond amour du bien, qui l’estime suffisamment pour n’en pas faire le simple contraire du mal. En ce sens, pas destruction de la morale, ms rêveur d’une hypermorale, si morale q’elle n’aurait pas à lutter contre le mal pour affirmer le bien. Le bien n’étant pas définissable dans les termes qui sont les nôtres, tant ns avons une vue limitée des choses du fait de notre obsession du mal. Ce qui se rapproche le plus de ce bien réside dans la légèreté. Une immense légèreté.   (« morale des maîtres »)
 
[(« Rester maître de ces 4 vertus : le courage, la lucidité, l’intuition et la solitude. » PDBM]
 
Se situer par delà les logiques binaires et stupidement manichéennes. Etre par-delà bien et mal, par-delà le vrai et le faux, par-delà le beau et le laid. Toujours du point de vue de la vie et de la puissance.
 
Identité vie=musique. Jaillissement. Expression continue de qqch qui ne s’exprime jamais. La vie est la musiq même, « Sans la musique, la vie serait une erreur. » Nietzsche lui-même était un musicien très talentueux.
 
 
 
Critique de l’Etat, afin de mieux rappeler les liens qui unissent la société véritable et l’indépendance d’esprit de ses membres. « La mission de l’Etat (…) est de permettre à la vie même d’y être assez bonne et belle pour fournir la base d’une culture. Bref, une humanité plus noble représente la fin de l’Etat. » (Fragments)
Critique de la société ; n’est souvent qu’un rassemblement fondé sur la faiblesse. On a peur de penser par soi-même. On suit ce que les autres pensent (le dernier homme, par faiblesse (=volonté de puissance défaillante, étouffée par les forces de mort, est grégaire ; il cherche en toute chose le confort et la sécurité, il est tout sauf libre)((faites comme tt le monde : soyez différents !)). On se rassemble avec eux et l’on dit du mal de ceux qui n’entrent pas dans le moule du conformisme collectif. Voilà ce que Nietzsche dénonce : une société qui n’en est pas une, fondée sur la peur et sur la haine.
Autre signe de faiblesse : on veut être reconnu. Admiré. On s’efforce donc de plaire et de séduire. Ce qui crée une fausse impression d’unité collective. Rien n’est vrai dans tout ça.
Critique du socialisme, qui, en fait, sur un mode politique, intègre les valeurs du christianisme.
 
La société véritable, pour N, ne verra le jour que quand les membres qui la composent auront compris qu’il ne peut y avoir de société que fondée sur la solitude. Ce qui n’est pas un paradoxe : un artiste rassemble l’humanité autour de lui parce qu’il a créé qqch dans la solitude. Une société est vivante tant qu’elle peut se nourrir de la distance et du recul de ses membres. Cela s’appelle l’esprit critique.
La politique, jusqu’à présent, a toujours organisé la faiblesse collective en se servant d’elle pour asseoir son pouvoir. C pour cela qu’elle est si violente et si dure et que les choses vont parfois si mal. Le jour où la politique se fondera sur la solitude, la société humaine aura un avenir.
 
La volonté de puissance
Il y a qqch de profondément décadent dans la société telle qu’elle est devenue. Type d’homme q’elle produit est un type d’homme agité et vide, médiocre et grégaire, qui masque derrière son intérêt pour les autres une profonde incapacité à vivre pour lui-même. Remède à ce qui ne va pas dans la société : la volonté de puissance. Malheureusement, encore une notion détournée de son sens. On l’assimile à un désir dictatorial de dominer le monde. Il s’agit exactement de l’inverse.
 La  notion de puissance ne désigne pas le pouvoir, et encore moins la violence. Est puissant,en effet, celui qui non seulement maîtrise les forces de la nature, mais maîtrise également cette maîtrise. Car faire de la maîtrise un but n’est pas maîtriser mais c être dominé par celle-ci, c en être l’esclave. Et, finalement, c ne maîtriser les choses qu’en apparence. La vraie maîtrise est au-delà de la maîtrise. Elle est art, et non violence. Elégance, et non lourdeur. Délivrance, et non répression des forces de la vie. Grâce, et non ressentiment. L’homme puissant est un homme libéré, qui sait faire un tel usage de ses forces qu’il en devient rayonnant. Il est si fort q’il parvient à s’imposer par la seule force de son rayonnement. Le danseur qui arrache son corps à la lourdeur des choses est le type même de l’h rayonnant incarnant la puissance. L’artiste en général est, lui aussi, puissant, tt son art consistant à délivrer les forces de la vie.
D’où l’impression de beauté et de puissance que dégage toujours la délivrance -par une individualité forte- des forces de vie.
 La volonté de puissance repose aussi sur la volonté. « Vouloir » veut dire surtout ne pas haïr (toute haine est de l’amour déçu, par idéalisation mal venue). Et, en particulier,ne pas haïr la puissance. On pourrait détester l’existence et le rapport de forces auquel celle-ci nous soumet. On ne le fait pas. La volonté de puissance est un art souverain d’affirmation, qui prend sa source dans un grand oui dit à la vie. Ce oui est l’amor fati, qui est l’amour du destin. Développé par les stoïciens. Désigne, chez Nietzsche, l’acceptation du hasard. Je tente d’égaler le hasard en devenant aussi joueur que la vie. Cela s’appelle la joie (=l’état de toute vie réconciliée avec elle-même). Je jouis de tt ce qui est. Parce que dépossédé de toute haine ; innocence et oubli. Intensité de l’instant, qui est toujours neuf. La volonté de puissance est la grâce de l’homme égalant la grâce de la vie.
 
 
Culture et création.
 
La culture se présente comme un dépassement de la nature par l’homme. On juge toujours la vie et la nature du point de vue de la culture. Qu’en est-il de la culture du point de vue de la vie ?
Nietzsche est difficile à comprendre. Cela provient du point de vue auquel il s’est efforcé d’accéder. Ce point de vue est celui de la vie. Avec ses forces et ses faiblesses. 
Ses analyses émanent de la vie et portent avec elles cette interrogation que Nietzsche ne cessera de formuler : dans telle ou telle situation, face à telle ou telle pensée, à quel type d’homme avons-nous affaire ? A un homme supérieur, innocent, affirmatif, détaché ? Ou à un homme bas, réactif, coupable et haineux ? 
En ce sens, Nietzsche a procédé à une analyse du point de vue de la vie.
 
Il y a des cultures inférieures. Il y a des cultures supérieures. Qu’il n’y ait pas d’ambiguïté : il ne s’agit pas là d’une approche raciste des choses, mais d’une approche vivante de la culture.
Les cultures inférieures sont des cultures réactives, grégaires, haineuses. La culture raciste, par exemple, qui se croit supérieure, est une culture inférieure. Tant il est bas de vouloir démontrer scientifiquement sa supériorité. La culture supérieure n’a pas besoin de cela .
D’une façon générale, est bas le fait de s’enorgueillir à partir de la culture. Molière tout comme Flaubert ont montré le ridicule auquel pouvait conduire la façon dont une classe sociale, comme la bourgeoisie ou la petite bourgeoisie, prétendait s’enorgueillir de sa propre culture, afin d’apparaître comme une nouvelle aristocratie.
En ce sens, une culture devient inférieure et tombe en décadence quand elle cède à la tentation de la représentation, qui consiste à se regarder et à se commenter au lieu de créer. A l’inverse, une culture est grande quand elle sait s’oublier comme culture.
Dans ses circonstances, on peut comprendre le projet de Nietzsche d’introduire le perspectivisme en philosophie.
 
 
Dans un monde multiple (non figé, dynamique), il y a plusieurs points de vue possibles. Le perspectivisme est l’attitude qui consiste à varier les points de vue sur une chose ou sur un évènement de façon à varier le sens de ceux-ci et donc l’interprétation qu’on peut en faire, et élever ainsi peu à peu la vie à la hauteur d’un évènement.  On enrichi alors le regard que l’on porte sur les choses.
En ce sens, le perspectivisme n’est pas autre chose que l’art appliqué à la culture. Tout comme un artiste interprète une œuvre, la culture devrait interpréter la vie en faisant entendre, à propos de celle-ci, des mélodies de plus en plus élevées. Ce n’est pas le cas. La culture est devenue une foire d’empoigne politico-économique. Moyen de sélection sociale pour les uns,moyen de promotion sociale pour les autres , image de marque pour les troisièmes ou bien encore placement financier juteux, elle ne se soucie pas d’interpréter la vie, mais de l’utiliser.
D’où la nécessité de revenir à un véritable sens de la culture. Celui-ci se trouve dans la grande vie de l’esprit de ceux qui, impassibles, affirmatifs et détachés, marchent loin des sentiers battus, loin de l’ombre projetée par les passions vengeresses, face au soleil de la vie.
 
 
 
Note sur Nietzsche et le nazisme
 
Un certain nombre de nazis se sont réclamés de Nietzsche. Hitler lui-même avoue dans Mein Kampf, que la lecture de Nietzsche l’a impressionné et influencé.
Cela veut-il dire que Nietzsche a été proche des idées développées par les nazis ?
Plusieurs choses s’opposent  à une telle interprétation.
D’abord l’abîme qui sépare le nazisme de la pensée de Nietzsche. Le nazisme est né d’un appétit de revanche de la part d’une Allemagne humiliée par la défaite durant la Première Guerre mondiale. Il est apparu également dans une Allemagne apeurée par la crise économique de 1929 et par la menace d’une révolution communiste. Rien ne ressemble moins à la pensée qu’a voulue transmettre Nietzsche que ce désir de revanche et d’ordre qui a inspiré le nazisme. Au contraire, tout apparente le nazisme à un désir de vengeance, ce que Nietzsche a toujours combattu. De nombreux textes de lui dénoncent le nationalisme.
Nietzsche, en outre, n’a cessé de souligner que les pensées du salut ont toujours fait du mal à l’humanité. (la suite, là encore, lui donnera raison).
Il a été utilisé ; ce qui est le cas, à divers degrés, de tous les grands penseurs.
Aucun penseur ne peut être tenu pour responsable des détournements dont sa pensée fait l’objet.
Bien sûr, on fera remarquer que Nietzsche a utilisé les termes de « supérieur » et d’ « inférieur » qui ont servi de base au vocabulaire nazi, et donc qu’il a indirectement influencé le nazisme. C’est là une critique ambiguë. Car, au moment où Nietzsche a utilisé ces termes, le nazisme n’existait pas.
 
Il manque aux critiques de Nietzsche de l’avoir lu et de l’avoir compris. Il leur manque également d’être un peu nietzschéens.
 
Nietzsche peut nous être utile pour penser et vivre dans le monde d’aujourd’hui.
Il nous apporte, au moins, trois choses fondamentales pour vivre : la singularité, la grandeur et le style.
Par-delà le repli sur soi et le conformisme social. La singularité est la jeunesse du monde et de la vie. A cet égard, elle est inséparable de la grandeur. Vivons les choses d’une façon unique, pour découvrir que celles-ci ne sont pas ce qu’on les croyait être. Elles sont autres. Plus belles. Plus nobles. Plus hautes. Plus profondes aussi. La vie est grande.
Le style est la forme que l’on donne à sa vie. Le style libère l’existence. Il est le résultat de la culture et de la vie, qui, étant vécues comme un grand art, font chanter et danser l’existence.
 
 
« Un philosophe est un homme qui ressent, voit, entend, soupçonne, espère, rêve sans cesse des choses extraordinaires ; que ses propres pensées, qui sont des évènements, frappent pour ainsi dire de l’extérieur, d’en haut et d’en bas, à la manière d’un coup de foudre ; qui est peut-être lui-même un orage gros de nouveaux éclairs ; un homme de destin autour duquel le ciel gronde et la terre s’entrouvre, qui vit dans une atmosphère de présages. » PDBM
 
 
 

 

 
 
 
 
 
Nietzsche, en 1889, sombra dans la folie- que son génie avait si souvent approchée. On dit qu’il s’est effondré dans une ruelle de Turin, assistant à une « sévère correction » affligée à un cheval par son maître. Il adresse à ses amis et connaissances diverses lettres , qu’il est convenu d’appeler les « lettres de la folie », qu’il signe du nom de Dionysos, ou encore du « Crucifié ». 
En 1890, il demeure prostré. Etat végétatif qu’il conservera jusqu’à sa mort, en 1900.
 Sa sœur le prend à sa charge et falsifie nombre de ses écrits au profit de l’idéologie nazie, dont elle soutiendra avec ferveur le régime.
Il est important de garder à l’esprit le jugement de Nietzsche lui-même : « Quand je cherche mon plus exact opposé, l’incommensurable bassesse des instincts, je trouve toujours ma mère et ma sœur ». (Ecce Homo, « Pourquoi je suis si sage »)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
« L'heure les
presse, et à cause de cela ils te pressent (mais) ce qui se
passe dans les puits profonds se fait lentement : on doit
attendre longtemps pour savoir ce qui est tombé dans leurs
fonds. »
 


NT : La naissance de la tragédie. (1872)
HTH : Humain, trop humain. (1878-79)
GS : Le gai savoir. (1882)
APZ : Ainsi parlait Zarathoustra. (1883-85)
PDBM : Par-delà le bien et le mal. (1886)
GM : La généalogie de la morale. (1887)
        Crépuscule des idoles ; L’Antéchrist ; Ecce Homo. (1888)
FP : Fragments posthumes.
 
par OdV publié dans : Cheminement-fragments.
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Vendredi 21 avril 2006


Sade et Sacher Masoch. Des symptômes semblables. Pourtant des logiques internes forts différentes.

Société sadique. Au point où nous en sommes, est-il encore besoin de s'escrimer?  Face à des gens qui ne voient pas à quel point nous en sommes... Au point où nous en sommes, il m'arrive de manquer de courage...    A quoi bon?

Sade/ représentation/ reconnaissance/ pouvoir/ lois formelles/ mépris de l'autre/ éloge de la mort, assèchement

Sacher Masoch/ expérimentation/ jeu / complicité, liberté / puissance/ respect de l'autre et de la parole donnée/ éloge de la vie, intensification



to be continued...

 

par Olivrdv publié dans : Cheminement-fragments.
commentaires (0)    recommander
Mercredi 5 avril 2006

  C’est tellement difficile de bien parler de choses compliquées. Il faut bien entrer en mati&egrav