Spirale ascendante

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  • : Alchimie du verbe; tentatives d'ouverture aux interstices
  • : philosophie
  • : Une relation (un rapport au monde, aux êtres et aux choses) qui demeure en définition... Quelques délires... aussi. Des bêtises on croira...-- entre lesquelles, pourtant, quelques pépites... Bref... ici sont posées certaines choses qui me passionnent, qui me touchent. Un petit atelier de chercheur de vérités-- si l'on peut parler de "vérités". Du spontané plus que du fini. Mais cela dépend... Bonne lecture !
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      Du lire et de l'écrire

 

  "De tout ce qui est écrit, je n'aime que ce qu'un homme écrit avec son sang. Avec du sang écris, et tu apprendras que sang est esprit.

Il n'est guère facile d'entendre le sang des autres: d'oisifs lecteurs me sont odieux.

Qui connaît le lecteur, pour le lecteur celui-là plus rien ne fait. Encore un siècle de lecteurs -et l'esprit même sera puant.

[...] En montagne, de cime en cime va le plus court chemin; mais pour le prendre il faut avoir de longues jambes. Que cimes soient les sentences, et ceux auquels on parle grands et altiers!

L'air rare et pur, proche le danger et l'esprit plein d'une joyeuse malice: comme tout cela ensemble s'accorde bien!

Autour de moi je veux avoir des farfadets, car je suis courageux. Courage dont s'effarouchent les spectres lui-même se crée des farfadets, -le courage veut rire.

Plus ne sens avec vous; ces nuées qui au-dessous de moi s'offrent à ma vue, ces choses noires et pesantes dont je me ris, -précisément ce sont vos nuées d'orage.

En haut vous regardez quand de hauteur avez envie. Et je regarde en bas car je me tiens sur les sommets.

Qui de vous tout ensemble peut rire et se tenir sur les sommets?

Qui gravit les plus hautes cimes se rit de toutes les tragédies jouées et de toutes tragédies vécues.

Courageux, insouciants, railleurs, brutaux, -tels nous veut la sagesse; c'est une femme et qui jamais n'aime qu'un guerrier.

Vous me dites: "La vie est pesante à porter." Mais pourquoi donc auriez-vous avant midi votre fierté, et le soir votre soumission?

La vie est pesante à porter; mais ne soyez donc si délicat ! Nous sommes tous de jolis ânes et de jolies ânesses aux reins solides.

Qu'avons-nous en commun avec le bouton de rose, qui frémit dès qu'une goutte de rosée pèse sur son corps?

C'est vrai; si nous aimons la vie, ce n'est par habitude de vivre, mais c'est par habitude d'aimer.

Il est toujours quelque délire dans l'amour. Mais toujours aussi il est quelque raison dans le délire.

Et moi-même, qui bien m'entends avec la vie, il me semble que papillons et bulles de savon, et tout ce qui parmi les hommes est de leur sorte, de l'heur ont le mieux connaissance.

Ces petites âmes légères, folles, élégantes, mobiles, à les voir qui voltigent  -Zarathoustra est entraîné aux larmes et aux chants !

Je ne croirais qu'en un dieu qui à danser s'entendît !

Et quand je vis mon diable, lors je le trouvai sérieux, appliqué, profond, solennel : c'était l'esprit de pesanteur -par qui tombent toutes choses.

Ce n'est par ire, c'est par rire qu'on tue. Courage ! Tuons cet esprit de pesanteur !

J'ai appris à marcher; de moi-même, depuis, je cours.

J'ai appris à voler; pour avancer, depuis, plus ne veux qu'on me pousse !

Maintenant je suis léger, maintenant je vole, maintenant me vois au-dessous de moi; par moi c'est maintenant un dieu qui danse.

     Ainsi parlait Zarathoustra."

 -Nietzsche-

Samedi 9 juin 2007

Soupçonner la ‘pureté morale’ du discours éthique de l’entreprise.

 

 

 

Le discours éthique de l’entreprise peut laisser plutôt perplexe, voire réticent.

On assiste, dans les entreprises mais pas seulement, à la mise en place  de codes éthiques, de chartes de valeurs, de conventions collectives… Comment les interpréter ? On peut y voir une hypocrisie, un habillage marketing, une stratégie de communication. Voire une manipulation. Ces codes éthiques ne sont pas sans effets. L’on aboutit parfois à des paradoxes éthiques, par exemple,  dans la mise en place, au nom d’une ‘éthique de la transparence’, de lignes téléphoniques de dénonciation dans certaines entreprises. Ni sans causes : le souci affiché et croissant des entreprises concernant les conséquences sociales, environnementales, de leurs actions s’inscrit dans une volonté de mieux contrôler les individus et de mieux réguler leurs activités. Peut-être précisément parce que l’entreprise n’a jamais autant ressenti son ‘manque de prise’ sur les individus, sur leur culture,… et sur le cours des marchés financiers ! Ainsi, cette prolifération du discours éthique révèle la volonté de retrouver des marges de manœuvre, et/ou tout simplement de réinjecter du sens dans nos existences.

Au-delà, l’on peut se demander si ces codes éthiques et autres chartes relèvent de la morale. On nous dit que l’éthique améliore le climat interne de l’entreprise, donc la productivité. On nous dit que l’éthique améliore l’image de l’entreprise, donc la qualité, donc les ventes. L’éthique est performante, elle fait vendre. L’éthique paie. L’éthique est source de profit. C’est ce que l’on dit.  Le néologisme curieux de « markéthique », apparu aux Etats-Unis  pour désigner l’amour étrange du marketing et de l’éthique, est révélateur… Philosophiquement, ce terme de l’éthique qui paye laisse perplexe. D’abord, car c’est bien la première fois que la vertu par elle seule ferait gagner de l’argent. Ensuite parce que quand morale et intérêt économique vont dans la même direction, il n’y a aucun problème moral. Reste toutefois à savoir si nous agissons alors par morale (devoir) ou par intérêt, pour reprendre la distinction opérée par Kant. Si c’est par intérêt, notre action dès lors, si conforme à la morale soit-elle, n’a pas de valeur morale, puisque nous l’avons  accomplie par intérêt. Car, pour Kant, le propre de la valeur morale d’une action est le désintéressement.  

 

 

 

 

            Ainsi, si l’on comprend l’éthique comme un instrument de compétitivité, comme une source de profit à long terme, comme un gage de crédibilité, pour assurer la confiance des partenaires, pour susciter l’adhésion des clients, alors cette action est dictée par l’intérêt, et n’est pas morale au sens kantien. La morale est alors un moyen, et la vision éthique de l’entreprise relève d’une conception instrumentale de la morale. Cette ‘éthique’ relève de l’impératif hypothétique car elle est alors conditionnée par la poursuite d’un objectif particulier, alors que l’impératif catégorique est lui seul véritablement moral, car il commande de faire son devoir inconditionnellement, c’est-à-dire indépendamment de son propre intérêt, indépendamment de toutes inclinaisons sensibles, de toutes fins particulières, obstacles ou objections. Pour Kant, la morale en effet ne peut se réduire à un calcul. Si une entreprise donc, par intérêt met en place une charte éthique, alors cette éthique n’est pas morale elle est simplement une technique de bon management et elle a davantage à voir avec la gestion, la communication, voire le marketing qu’avec la conscience morale.   On peut alors émettre l’inquiétude que cette mode de l’éthique, où la morale est mise ‘à toutes les sauces’, omniprésente et rentable, ne finisse par la diluer et l’instrumentaliser de sorte qu’elle ne soit plus présente en vérité nulle part. A trop voir l’éthique comme source de profit, le danger est que l’on en vienne à considérer que tout ce qui fait perdre de l’argent  serait non éthique. Ce qui serait là un singulier renversement dans notre histoire, de notre civilisation Occidentale.

 

            Mais on peut adopter des perspectives modernes différentes, autres que la morale kantienne que l’on a souvent taxée de formalisme impossible pour nous autres humains, trop humains…

Par exemple, si le but d’une entreprise est la coexistence de personnes au service de la société toute entière, au service de la maximisation du plaisir du plus grand nombre, alors toute action qui améliore le profit, puis la société dans son ensemble, est morale et ainsi justifiée dans une perspective utilitariste qui juge de la validité-ou non- morale d’une action au regard de ses conséquences pour le plus grand nombre.  Ce ne sont là que des exemples de morales différentes, qu’il importe plus loin d’approfondir, mais qui cependant montrent bien la complexité du problème de la morale, de son fondement et du critère de jugement de sa validité. Car en effet il existe plusieurs théories morales qui peuvent s’opposer mais qui chacune dans son système semble légitime et justifiée.  

 

            Comment dès lors vivre ensemble ? Comment dès lors, dans une société pluraliste qui permet, de droit, une multiplicité de façons d’ ‘être au monde’, fonder une morale qui convienne à tous ?  Comment réussir à faire dialoguer de manière constructive l’éthique- qui est d’abord un concept philosophique- et l’entreprise de sorte qu’à la fois la liberté de l’individu soit préservée, que l’altérité de l’étranger soit respectée, et que l’entreprendre en commun demeure efficace relativement à sa fonction première qui est de créer de la richesse ? Qu’est-ce qu’un choix éthique ?  

 

 

par OdV publié dans : Cheminement-fragments.
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Vendredi 8 juin 2007

Introduction

 

 

Légitimité du sujet : L’éthique en entreprise, l’individu

 

 

            En philosophie, l’éthique est la discipline qui étudie les fins pratiques de l’homme, c’est-à-dire les conditions individuelles et collectives de la vie bonne ; de même elle vise à déterminer le contenu de cette bonté ainsi que le contenu normatif des règles permettant sa réalisation. Toute éthique, qui vise à ‘habiter adéquatement’ le monde, se fonde sur une représentation particulière de celui-ci. Jusqu’à  « la mort de Dieu », le « désenchantement du monde », et la « fin des idéologies », l’éthique se fondait sur une représentation du monde structurée soit par un ordre naturel immanent et harmonieux (le cosmos chez les Grecs) soit par une transcendance (Dieu) qui lui était extérieure et supérieure, soit par des idéologies particulières ( la Patrie , le Communisme,…). 

            Aujourd’hui, l’éthique en entreprise est un sujet à la mode. La mode est un phénomène de société, et que cette mode là, venue d’outre-atlantique comme c’est souvent le cas, soit actuellement au cœur du questionnement des entreprises, n’est pas si étonnant. C’est un sujet important, car il interroge notre comportement et engage notre liberté. En cela, il est peut-être plus ancré dans l’esprit du temps, et il est peut-être moins passager qu’une mode.  En effet, dans une post-modernité pluraliste qui se caractérise, du moins en Occident,  par une situation historique, post-métaphysique et post-religieuse où les normes universelles qui doivent régir la vie humaine ne sont plus fondées sur une connaissance de ce qui est ontologiquement ou sur une Révélation, la question de la morale et du bien-vivre-ensemble resurgit naturellement. Ainsi, il suffit pour s’en apercevoir de suivre un minimum l’actualité, de nombreux problèmes liés à l’éthique se posent et nous mettent en demeure d’y répondre, tels que les problèmes d’environnement, de développement durable, ou de la ‘composition’ avec les différences (culturelles, économiques et sociales). Une des tendances majeures de la campagne présidentielle aujourd’hui est la place des valeurs morales dans le discours des candidats. Cet aspect souligne l’enjeu de fédérer une unité, une cohésion autour de valeurs communes aptes à dépasser la diversité d’une société multiculturelle, dans laquelle chaque catégorie- ethnique, religieuse,sexuelle,etc.- revendique tout à la fois la reconnaissance de son identité propre et des droits spécifiques.  Le développement de la science aussi soulève de nombreuses questions éthiques notamment en ce qui concerne la manipulation génétique et les ‘biotechnologies’, c’est pourquoi des comités d’éthiques se sont constitués pour réfléchir à ces problèmes nouveaux qui se présentent à nous.  

 

            L’entreprise est un acteur majeur dans nos sociétés, en conséquence on lui demande de plus en plus d’être responsable, en conscience.  Le sujet suggère qu’il serait plus difficile qu’ailleurs de se conduire moralement en entreprise.  On pense aux ‘affaires’ qui, par définition, mettraient de côté le problème de l’éthique, de la morale, des valeurs,  pour ne s’intéresser qu’à la valeur de l’argent et à ses intérêts propres. Pourtant de plus en plus, on demande aux dirigeants eux-mêmes de justifier leurs actions, de rendre justice, bref d’adopter une vision éthique et humaniste. C’est peut-être précisément parce que le fond de notre post-modernité manque d’éthique et ne place l’humain pas suffisamment haut dans l’échelle des valeurs que, en symptôme, le discours éthique et humaniste est de plus en plus martelé. Que l’on invoque de plus en plus ce genre de discours. Quoi qu’il en soit, on constate que notre époque a ressenti le besoin d’installer un nouveau type de métier : celui d’éthicien, lequel doit prendre en charge les problèmes moraux, éthiques.  

 

            L’ordre de l’éthique (ou de la morale, je vais distinguer ces deux termes plus loin) n’est pas l’ordre juridique. L’entreprise peut très bien respecter la loi sans pour autant agir selon la morale. Par exemple, une entreprise, au nom du profit, peut délocaliser ses usines dans un pays où les législations sont plus souples qu’en France, par exemple dans un pays qui n’interdit pas le travail des enfants.  

 

            L’éthique concerne d’abord des individus, des salariés. Elle présuppose le libre-arbitre, elle impose de faire des choix (le non choix reste un choix) et de les assumer. Le salarié, le dirigeant, dans un milieu économique sous contraintes, est parfois confronté à des dilemmes qui rendent les décisions difficiles à prendre. L’ordre économique, aujourd’hui, est différent de l’ordre de la morale. On semble loin de ce que Montesquieu dit dans L’esprit des lois au sujet du commerce, lequel prédisposerait à la morale. On semble loin de cela dans une entreprise dont la vocation est de faire du profit. Ce qui n’est pas un mal en soi. Pour des économistes, tels Hayek ou Friedman, l’entreprise n’a que faire de la morale, parler d’immoralité de l’entreprise n’a pas de sens et constitue une faute logique. De même le marché est proprement amoral.  Seuls des individus peuvent être moraux ou immoraux. Mais, et c’est un fait, l’entreprise est constituée d’individus. Et ceux-ci se sentent alors devoir parfois ‘s’arranger’ avec la morale.  Cette pression du profit soumet les dirigeants à des décisions qui comportent des dilemmes dans la mesure où la moralité entre en jeu pour eux et rend le choix parfois délicat. Ce discernement et cette délibération renvoient à l’individu dans sa solitude. C’est avant tout une affaire d’individu.   

 

            L’entreprise, dans son ensemble, quoi qu’elle soit d’abord au service du profit, ne peut pas être complètement indifférente à la morale, dès lors qu’elle est composée d’individus qui ne le sont pas, qui ne peuvent pas être indifférents à la morale dans la mesure où l’on a intégré, on en porte l’héritage, 25 siècles de culture judéo-chrétienne, et celle-ci se manifeste encore dans nos « états de conscience », dans notre culpabilisation et notre « mauvaise conscience ». Bien rare est l’individu à proprement parler amoral, encore plus rare celui qui le revendique et l’assume.  

 

            Il y a en effet une responsabilité sociale de l’entreprise qui doit se demander « comment », dans quelle mesure, jusqu’à quel point, faire du profit. La mise en place de chartes éthiques semble alors justifiée pour fédérer les salariés autour de valeurs communes. Sauf que, fondamentalement, les valeurs composent un système dont la finalité est le bonheur. Si on assimile le profit au bonheur, alors la question du « Comment… » est proprement une question éthique. Bien qu’il soit douteux que profit et bonheur puisse équivaloir… Du reste, il me semble que le bonheur de ses salariés ne soit pas le but d’une entreprise, ne doit pas l’être…  On ne doit pas compter sur l’entreprise pour assurer notre bonheur.  La fonction principale de l’entreprise est de créer de la richesse et non pas de la vertu.  Qu’elle nous donne les conditions, les moyens d’être heureux est une chose, mais qu’elle se charge à notre place de notre bonheur en est une autre. Sur le modèle de B.Constant (« Que l’autorité se borne à être juste, nous nous chargerons d’être heureux »), j’aurais tendance à dire : Que l’entreprise se borne à respecter un cadre juridique, nous nous chargerons d’être heureux.

par OdV publié dans : Cheminement-fragments.
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Vendredi 8 juin 2007

Sommaire

 

Introduction 

 

 Légitimité du sujet : L’éthique en entreprise, l’individu 

 Soupçonner la ‘pureté morale’ du discours éthique de l’entreprise

 Distinguer « éthique » et « morale »

 

I - A l’origine du terme : Les Grecs. Une attitude dans le monde.  Ethique de la vertu

 Cosmologie grecque : l’éthique comme art de vivre 

 Les Stoïciens : s’’ajuster’ à l’ordre du monde 

 

II - La Modernité et l’avènement philosophique du christianisme : Le devoir, la liberté, la raison 

 La naissance du sujet moderne autonome et libre

 L’éthique des droits de l’homme, l’humanisme abstrait et le devoir

 Le fondement de la morale. Conflits de perspectives : Conviction et Responsabilité

III - Critique de la Modernité et des « idoles » : La post-Modernité

  La « déconstruction » de la Modernité, de ses représentations et de ses valeurs

  Nietzsche : Une éthique de la vie : par delà toute idéalisation et abstraction

 

IV - Perspectives contemporaines : l’amour, la communication, l’altérité et la responsabilité

 La morale instituée : pallier le manque d’amour

 Comte-Sponville et la hiérarchisation des ordres

 La communication, l’ouverture à l’altérité, la tolérance

 

 

Conclusion

 Et maintenant ?... 

 Limites du discours éthique

 « Lâcher prise ». Sérénité

 

 

par OdV publié dans : Cheminement-fragments.
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Samedi 2 juin 2007

                        Between the two.
 

 

The name is Jack. Jack Antherm, that is my name. They told me to write my story so I could get a better understanding of what happened. I do not believe them, but, still, this has to be written, for words may alleviate the terrible weight of this unlit and shadowy past.I used to work in a bank, the prestigious England National Bank, as an accountant. I was 35 years old at that time, and I had been working in that bank for almost ten years.  Even though working with figures was not the kind of work I longed for, I was a very stringent and precise accountant. I have to talk to you about the girl who worked beside my office. She always smiled at me when I entered the bank, always fussily on time, seeing me through the window of her small office next to mine. Her name’s Suzan. And I liked Suzan. Suzan used to take a certain pleasure tantalizing me, blaming me for eating my cookies so steadily. I’m sure she was jealous of my tall, slim, even skinny, silouhette, despite my five packs of cookies a day.  Anyway I liked very much eating my cookies, for some reason it made me feel less anxious. She also used to make fun of my habit of rummaging surreptitiously , at the end of the day, all the bins of the floor so as to enrich my stamps’ assemblage. I found it so fascinating to discover new ones, news colors, new shapes.  Any way, it’s our secret with Suzan, she doesn’t talk about it to the others, and she often put aside for me special stamps that she finds on the huge amount of letters she opens every day. She is a secretary, in case you didn’t get it. I enjoyed very much walking back home, passing through the huge park that stretched out from the 5th to the 10th ; I lived straight after the 12th, and, when I was in the mood, I enjoyed exploring some of the numerous little streets that abound close to those avenues. 

 

That’s where I’ve found this thing that changed my life. 

 

I can remember it was  a very warm, stifling and hard summer day. Working under that heat was very tiring ;  a real martyrdom.  September was beginning, though the streets were still so warm. Outside, I can remember a peculiar smell, like a smell of burning.The work had been humdrum, as usual. Suzan had given me a swedish stamp that I didn’t have, and that was a pure joy to me. I had decided to walk back home. It was not so late, around 7 p.m., and I had no hurry to be home. The atmosphere was dense, but, oddly, I was walking with a spring in my step. That day, in the park, the beauty of the huge lake surrounded with high poplar trees, struck me.  Passing through the little forest was even more charming to me. A few instants later, I was walking through the 11th and, as usual, I took to the little streets in the direction of my little appartment.  The street I aimed at was rather empty ; that emptiness remained in my mind for long. Suddenly, a violent storm broke out and it began to rain heavily. I hardly could see what was in front of me. I didn’t want to soak my suit, so I started to look, blinded, for a shelter. A humble dwelling place, almost tumbledowned I believed, appeared suddenly. Some kind of a large green door. Open. I came in. A small inner courtyard. Flowers. Powerful scents updated, brought out by the rain.  Behind those, in the corner, a closter that was sheltering a grand piano. In spite of the rain, I could hear a melody. It was one of a rare beauty ; a little melancholy. Keys that carry you along. I had the sensation of floating, of wandering in the air. The intensity was absolute and all my being was ascending, carried by this delightful music. I could fell the fierce beating of my heart, blooming and blossoming in my whole body. The man, a tall middle-aged distinguished man, was possessed as if he was playing with his blood. It made me think of my twin sister, Anna, who was a great singer, an opera singer. She was one of those individuals that fascinate you when talking about their passion, even more amazing was she when she was singing. A great artist. It was like entering into an other world. A world more intense, more deep, and also full of lightness. A grace. Her gift was divine. And i can remember that hearing a so much, a so powerful and harmonious melody going from, passing through, such a frail body was extraordinary.  She was a fantastic and subtle combination of power and fragility.  At the height of her success, she fell in love with a rich American. America was a dream to her, a marvelous land of freedom and completeness. He brought her to his home, in North Carolina. She never came back. That took place ten years ago. Since then, no news ; nothing. We, my parents and I, didn’t like that man for whom she was so much enamoured. He was a boor and coarse man. A slug on a rose…  No one could understand her strong attraction for that man. I keep hoping she’ll come back someday. She is probably dead. Anyway, it is like as if she were. Not in my memories, though.  

 

I ‘ll never would forget those instants of pure beauty and joy. A while after that enchantment, I felt exhausted and I fell in a deep sleep. 

 

Indeed that discovery acted as both a terrible and terrific shock to me. I was haunted by that music, by that melody coming from mysterious and enthralling lands.  I’ve undergone huge difficulties concentrating myself in the office, being an accountant. I couldn’t keep my mind and my body away from that music. It was above my strenght. All my being was aiming at the evening when, at last !, I’ll be experiencing this enchantment as a real life, as instants of grace. One should have tied me up to my desk to prevent me from going in that little tumbledown, to prevent me from drowning…  Nevertheless, each evening, I was there, near the pianist. I had the impression, only there, to be awake, fully awake, to be in life.  The rest was a dream, a continuous nightmare.

 

I started to eat no longer five, but six, then seven, packs of cookies a day. Suzan was worried about my health. If only she had known that, for the first time of my life, I knew exactly what it was, to live and breathe.  I couldn’t share with her that secret, which was getting a burden that made me more and more suffer while I was in my office. In response, the evening, i was ever more existing.  Every evening, I was there, a new world was dooming up. This was a delight to me, but also a source of terror.

 

The byzarre thing is that stamps didn’t interest me anymore. I started to pretend I was pleased when Suzan kindly kept giving me stamps, but, in truth, that kind of interest had completely gone, evaporated. I also deserted to my habit linked to the bins, from now on that was foolish and tasteless to me.  More unusual, i soon began to arrive late at work ; and i didn’t care much about it at that time.

 

The event of the beginning of September had been the most significant event of my life. There are only, in a man’s life, two or three events in which the real life appears- the rest of the time we evolve in a dream.  On the dull and almost colorless surface of the daily dream, a breach suddenly occurs- a breach that indicates your place, and a chance is given to you to enter in the life. Music was my breach. Each key had a color, and the shade was infinite. I was living from 7 p.m. to 10 p.m. every day. Sometimes longer. 

 

A few weeks had gone by. I was increasingly fascinated by the music, and, consequently, my pain of not being there, next to the piano, was increasing more and more. 

 

One day, after an other lateness, my boss came into my office. « What’s going on with you Jack ? » – he said- « almost a decade you work with us, and for the first time, those last weeks, you’re making mistakes in your counts. You’re often late, and you lost your efficience. Suzan talked to me. She has also observed some important changes in your behaviour. You’re going wrong, Jack ! If you do not quickly pull yourself together ; in spite of all those successful past years and my sympathy for you ; you’ll have to leave our Bank Jack. There will be no more warning. » 

 

That’s when I started to fully realize the urgency of my situation.

 

Music had became an obsession to me, a tragic passion that was going to make me lose everything. I could not forget the virtuosity of the pianist, which, I knew it, was going to remain for ever in my heart, in my blood.  I cursed that evening of September, where my consciousness araised. But it was too late. No possibility to erase that past, that was making my present.  That pianist was demoniac to me. No one could play like he played. That intruder had to die. It became an evidence to me. 

 

------- 

 

A few days later, the 13th of November, the police department of London found the corpse of Jack Antherm, 35 years old, at his apartment.The body was laying on the back, close to a grand piano, a dagger through the heart.  

 

------ 

 

            They told me it’ll make it. Everything becomes clear to me now. I’m going to rejoin the wonderful land of musicians now. For ever. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

par OdV publié dans : Cheminement-fragments.
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Samedi 2 juin 2007
 Nous sommes toujours déconcerté et bien vide face à ce que l'on a été. Cela qui nous nargue. Nous sommes bien petit. Angoisse de la page blanche.
par OdV publié dans : Cheminement-fragments.
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Samedi 2 juin 2007

..

Finalement,

 

 A quoi serviraient les morts, sinon à aimer les vivants davantage?

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Mercredi 11 avril 2007

 

 

 

Tristesse

 

 

 

"J'ai perdu ma force et ma vie,

Et mes amis, et ma gaieté;

J'ai perdu jusqu'à la fierté

Qui faisait croire en mon génie.

 

Quand j'ai connu la Vérité,

J'ai cru qu'elle était une amie;

Quand je l'ai comprise et sentie,

J'en étais déjà dégoûté.

 

Et pourtant elle est éternelle,

Et ceux qui se sont passés d'elle

Ici-bas ont tout ignoré.

 

Dieu parle, il faut qu'on lui réponde.

Le seul bien qui me reste au monde

Est d'avoir quelquefois pleuré."

 

 

Alfred de Musset

1840

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Samedi 24 mars 2007

...

"Il vaut mieux mille fois paraître manquer à la vérité aux yeux du monde
que de manquer à sa propre vérité".
.
.
Gandhi


 

 

 
par OdV publié dans : Cheminement-fragments.
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Jeudi 22 mars 2007

 

   C'est parce qu'ils ont décidé d'être vivants, qu'ils sont devenus mortels!   Avant, sans doute qu'ils se croyaient immortels. Sans doute qu'ils fuyaient tellement cette question de la mort qu'ils l'ont tout bonnement oublié. La bétise est immortelle. Quand certains se plaisent à trouver leur destinée, d'autres se suffisent d'un emploi!  C'est tellement 'inadéquat'  que de vouloir être employé-vulgaire employable...  C'est tellement prétentieux que d'affirmer aujourd'hui vouloir autre chose! J'en suis tellement désolé...    Aussi.

Avouez bien qu'au fond, tout de même, cela n'est pas ce à quoi vous aspirez...  Allez-y..., il faut bien dire la vérité!

Mais où diable est donc passé l'esprit de révolte? La rébellion aussi, ainsi, a-t-elle été absorbée, broyée par ce système?

Mais puisque tout est foutu..., alors, tout va bien!  Puisque rien ne l'est...    Et tout est possible.   Même la mort.  C'est parce qu'ils ont décidé d'être vivants, qu'ils sont devenus mortels.  

par OdV publié dans : Cheminement-fragments.
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Mardi 20 mars 2007

 

Où est la beauté du monde?

Dans l'art?, qui est l'émotion sans le désir.  Peut-être dans certains mouvements. Mon grand-père est mort il y a deux jours. Jamais plus je ne le reverrai. Maintenant je comprends le sens du mot jamais. Un mot que chacun de nous utilise tous les jours dix fois. Jamais est un mot horrible. Terrible de jamais revoir un être que l'on a aimé. Que l'on aime encore. Et qui subsiste par la pensée que l'on a de lui. Jamais plus. C'est donc ça? C'est bien triste la mort. Se dire que l'on est tous voué au néant, quoi que l'on fasse. Comment supporter cela? Par la fuite ? Où ? Dans l’oubli ? Dans la consommation ? Dans le rêve, ailleurs ? Ou encore dans l’art ? Mais là, est-ce vraiment une fuite ?...  A quoi bon ces questions finalement?  Il demeure une vérité:  La mort nous surprend toujours.

Il y a peu de temps,  j'ai entendu un morceau de Beethoven, la 7ème symphonie, le second mouvement. Mon grand-père était un fin mélomane. J'ai pensé à lui. Il aurait aimé être là, à écouter ce morceau. Il y a tout dans ce morceau. C'est comme une suspension du temps. Une parenthèse. L'éternité nous semble alors accessible. Peut-être est-ce cela la beauté de la vie? Le mouvement du monde. J'ai pensé à lui en écoutant cette musique. Qui me semblait éternelle. Il me semblait éternel. Toujours là.  Un éclair d'éternité dans la pesanteur du temps. Un éblouissement.  Le toujours du jamais

   La musique est la vie, sur un rythme différent. Peut-être qu'en effet, et en stucture profonde, que sans musique, la vie serait une erreur.  Un pantin désatirculé.

    Il arrive que parfois l'on se demande à quoi bon. A quoi bon vivre?  La vie semble alors une chose lourde, difficile à porter. Cette vie cruelle et souvent décevante vaut-elle la peine d'être vécue?  Ce magma de vide, de creux, d'insipide...  , peut exiger tant d'efforts! Pourquoi s'associer à un tel torrent de bavardage? Au final, figé, futile et vain.  Ce grand vide, pourtant, est parfois comblé par le toujours, le toujours du jamais. Suspension du temps. Un 'camélia'... Eternité. Conscience saississante. Beauté du monde.

 

par OdV publié dans : Cheminement-fragments.
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