Spirale ascendante

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Présentation

  • : Alchimie du verbe; tentatives d'ouverture aux interstices
  • : philosophie
  • : Une relation (un rapport au monde, aux êtres et aux choses) qui demeure en définition... Quelques délires... aussi. Des bêtises on croira...-- entre lesquelles, pourtant, quelques pépites... Bref... ici sont posées certaines choses qui me passionnent, qui me touchent. Un petit atelier de chercheur de vérités-- si l'on peut parler de "vérités". Du spontané plus que du fini. Mais cela dépend... Bonne lecture !
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      Du lire et de l'écrire

 

  "De tout ce qui est écrit, je n'aime que ce qu'un homme écrit avec son sang. Avec du sang écris, et tu apprendras que sang est esprit.

Il n'est guère facile d'entendre le sang des autres: d'oisifs lecteurs me sont odieux.

Qui connaît le lecteur, pour le lecteur celui-là plus rien ne fait. Encore un siècle de lecteurs -et l'esprit même sera puant.

[...] En montagne, de cime en cime va le plus court chemin; mais pour le prendre il faut avoir de longues jambes. Que cimes soient les sentences, et ceux auquels on parle grands et altiers!

L'air rare et pur, proche le danger et l'esprit plein d'une joyeuse malice: comme tout cela ensemble s'accorde bien!

Autour de moi je veux avoir des farfadets, car je suis courageux. Courage dont s'effarouchent les spectres lui-même se crée des farfadets, -le courage veut rire.

Plus ne sens avec vous; ces nuées qui au-dessous de moi s'offrent à ma vue, ces choses noires et pesantes dont je me ris, -précisément ce sont vos nuées d'orage.

En haut vous regardez quand de hauteur avez envie. Et je regarde en bas car je me tiens sur les sommets.

Qui de vous tout ensemble peut rire et se tenir sur les sommets?

Qui gravit les plus hautes cimes se rit de toutes les tragédies jouées et de toutes tragédies vécues.

Courageux, insouciants, railleurs, brutaux, -tels nous veut la sagesse; c'est une femme et qui jamais n'aime qu'un guerrier.

Vous me dites: "La vie est pesante à porter." Mais pourquoi donc auriez-vous avant midi votre fierté, et le soir votre soumission?

La vie est pesante à porter; mais ne soyez donc si délicat ! Nous sommes tous de jolis ânes et de jolies ânesses aux reins solides.

Qu'avons-nous en commun avec le bouton de rose, qui frémit dès qu'une goutte de rosée pèse sur son corps?

C'est vrai; si nous aimons la vie, ce n'est par habitude de vivre, mais c'est par habitude d'aimer.

Il est toujours quelque délire dans l'amour. Mais toujours aussi il est quelque raison dans le délire.

Et moi-même, qui bien m'entends avec la vie, il me semble que papillons et bulles de savon, et tout ce qui parmi les hommes est de leur sorte, de l'heur ont le mieux connaissance.

Ces petites âmes légères, folles, élégantes, mobiles, à les voir qui voltigent  -Zarathoustra est entraîné aux larmes et aux chants !

Je ne croirais qu'en un dieu qui à danser s'entendît !

Et quand je vis mon diable, lors je le trouvai sérieux, appliqué, profond, solennel : c'était l'esprit de pesanteur -par qui tombent toutes choses.

Ce n'est par ire, c'est par rire qu'on tue. Courage ! Tuons cet esprit de pesanteur !

J'ai appris à marcher; de moi-même, depuis, je cours.

J'ai appris à voler; pour avancer, depuis, plus ne veux qu'on me pousse !

Maintenant je suis léger, maintenant je vole, maintenant me vois au-dessous de moi; par moi c'est maintenant un dieu qui danse.

     Ainsi parlait Zarathoustra."

 -Nietzsche-

Mercredi 28 décembre 2005

   "Si tu peux voir détruit l'ouvrage de ta vie

Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir.

Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties.

Sans un geste et sans un soupir.

 

Si tu peux être amant sans être fou d'amour,

Si tu peux être fort sans cesser d'être tendre,

Et te sentant haï  sans haïr à ton tour.

Pourtant lutter et te défendre.

 

Si tu peux supporter d'entendre tes paroles

Travesties par des gueux pour exciter des sots

Et d'entendre mentir sur toi leurs bouches folles

Sans mentir toi-même d'un mot.

 

Si tu peux rester digne en étant populaire.

Et si tu peux rester peuple en conseillant les rois.

Et si tu peux aimer tous tes amis en frères

Sans qu'aucun d'eux ne soit tout pour toi.

 

Si tu sais méditer, observer et connaître.

Sans jamais devenir sceptique ou destructeur.

Rêver, mais sans laisser ton rêve, être ton maître,

Penser sans n'être qu'un penseur.

 

Si tu peux être dur sans jamais être rage.

Si tu peux être brave et jamais imprudent.

Si tu sais être bon, si tu sais être sage.

Sans être moral ni pédant.

 

Si tu peux rencontrer triomphe après défaite

Et recevoir ces deux menteurs d'un même front.

Si tu peux conserver ton courage et ta tête

Quand tous les autres les perdront.

 

  Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire,

Seront à tous jamais tes esclaves soumis,

Et ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire,

Tu seras un homme, mon fils."

 

 

                             -Rudyard Kipling-

 

  

par Olivier de V. publié dans : Cheminement-fragments.
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Mercredi 21 décembre 2005

Ils sont terribles, ces gens qui, sous couvert d'une prétendue largeur d'esprit, se révèlent incapables d'un dialogue-choisi en son sens le plus noble-, car ils sont de fait bridés dans leurs tentatives de sage lumière par un esprit trop étroit. Ils ne donnent pas la grandeur de ce qu'ils affichent. Ils ne "sont pas de tailles", comme on dit.  C'est une dure déception pour un esprit enthousiaste et ouvert que de se heurter au final à des esprits des plus dogmatiques et incohérents.  Ceux-là qui usent et abusent de termes essentiels dans leurs brillants discours, ceux-là qui s'écoutent avec délectation, mais en restant fermés,en craignant l'altérité, et en vidant de leurs sens réels et profonds des mots riches(tels que "humanisme", "philosophie", "éthique", "tragique", etc.) qui sont réduits à des fonctions d'habillages et de faire-valoir dans leurs creux discours. Ceux-là sont des imposteurs.Des adeptes de postures aussi changeantes que les circonstances. Creux et vide, ou comme des éponges, ils sont informes à force de se formater. Difformes, ils ne sont plus que "subissant", dans leur impuissance, ils sont devenu rien du tout, c'est-à-dire ce qu'ils ne sont pas. Dans la hiérarchie des forces de la vie, ils ont renoncé à leur statut de premier pour mourir résigné dans celui-peureux, lâche, bestial- de second. De mauvaise foi, ils font "comme si" alors qu'ils n'ont rien saisi du réel pur. Ils ont peur, ils craignent le changement, l'altérité où qu'elle soit, ils s'accrochent ridiculement à leur avoir, sans aucun souçi d'être. Ils ont perdu la voix des muses, la voie de la vie qui toujours s'accroit et se développe dans sa munificence en partage.  Ils se rappetisent, se rabougrissent  dans leur médiocrité entretenue. Ils ont peur de la vie et d'eux-mêmes.  Ils se rassurent comme ils peuvent. Ce sont des dépréciateurs. Au fond, ils sont profondément pessimistes. Par là même ils se complaisent dans l'illusion. Illusion qui ne manque jamais de se retourner contre eux.  C'est malheureux de constater que la plupart des gens sont tout bonnement incapables d'exprimer ne serait-ce qu'une véritable idée cohérente. Et cela, même dans les sphères les plus hautes du pouvoir. Une "élite" du buiseness et du profit, seulement. C'est regrettable. Moi je veux de la vie, de l'enthousiasme, de la pensée ! Pas des clônes stériles et stérilisants, enfermés dans leurs oeillières, et qui se complaisent dans leurs petits pouvoirs ! Vous n'êtes que des imposteurs, vous n'êtes que des impuissants !  

par Olivier de V. publié dans : "Coups de gueule"
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Vendredi 16 décembre 2005

.  Une existence éthique se révèle dans une incarnation et une projection authentiques de soi (un tout complexe, pluridimensionnel ET cohérent) qui sont structurées  dans une unité qui procède de trois niveaux,ou dimensions. Ces trois dimensions rassemblées en un tout dialectique forment la quatrième dimension. Toute action éthique, authentique, recèle trois dimensions. Une politique, une poétique, et une philosophique.

Dans sa dimension politique, l'action nous implique. Parce que toute action est une expression, et par là s'insrit dans le rapport, qu'il soit à soi-même ou à l'autre.  Parce que mon individualité se manifeste toujours dans un groupe, se renforce et se définit toujours en intéraction à l'altérité.

Infléchir

 

Dans sa dimension poétique, l'expérience donne sens à l'existence. C'est tout ce qui donne immédiatement "accès à". Il s'agit des "données brutes de la sensibilité ". Et plus largement de toutes les perceptions de nos sens. Sensations, émotions, sentiments.  Intuitions. C'est une ouverture à l'existence et à la vie. Création et inspiration aussi. Ca nous transperce en même temps que ça nous élève. Accès au sublime et à une certaine forme de transcendance.  Principe, forme et finalité; tâche de notre existence. Une dimension tragique. Ne pas sombrer non plus dans le pathétique, le pathos ridicule et surjoué.

Dire

 

Enfin la dimension philosophique pour la pensée. Pour la rigueur  et pour la structure. Pour la solidité et pour la puissance. Ce qui synthétise en un tout et fait notre dignité d'être humain.  Ce qui nous porte, nous emporte et nous transporte.  L'exercice de notre liberté. Exigence qui élève, et nous fait fréquenter les cîmes. Ivresse de cette dangereuse danse où le moindre faux pas peut faire basculer-sombrer- dans la folie.

Penser

 

  L' action, en son sens le plus noble, c'est cela. Habiter le réel, c'est le dire, le penser, et l'infléchir.  Penser en homme d'action. Agir en homme de pensée.  En homme, c'est être humain, donc d'abord sensible; puis sensé.

Ces trois dimensions authentiquement intégrées donnent sens (direction et signification) à ce qui au départ était considéré comme absurde.

Joie et enthousiasme de l'existence.

 

 

 

Vos commentaires, avis, opinions, suppositons,etc, tout ce que vous voulez!, sont évidemment sur ce blog invités...

En tous cas, merci à vous de lire ce que j'écris sur ce blog.

par Olivier de V. publié dans : Cheminement-fragments.
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Mercredi 16 novembre 2005
par Olivier de V. publié dans : Cheminement-fragments.
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Dimanche 6 novembre 2005

 Je suis un incroyant profondément religieux. La structure merveilleusement harmonieuse de la nature inspire une admiration et un respect sans bornes, dévoile la transcendance, et impose l'humilité. Etre humble dans le chef-d'oeuvre de la nature est une impression profondément religieuse, sans pour autant être mystique. La raison elle-même est un instrument d'une complexité et d'une finesse sans pareilles.  L'imagination est infinie. C'est elle qui nous enthousiasme et nous libère de nos perceptions et de notre représentation directes du réel.  L'univers dans sa contingence nous semble nécessaire.

par Olivier de V. publié dans : Cheminement-fragments.
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Dimanche 6 novembre 2005
 
 
 
L’ acte de création est un acte de résistance. Résistance à la mort, au temps, à la culture qui dénature et qui peut alors étouffer le souffle des muses. La création est inspiration. La création désarme.  Ouverture au cœur du réel pur, c’est-à-dire aux puissances de la vie. La création est nécessairement d’origine impersonnelle; elle est par ailleurs,après, exprimée-expirée- corrélativement aux penchants singuliers du créateur-tel ou tel créateur. Forme impersonnelle, universelle. Et contenu d’une subjectivité singulière. L’acte de création n’est pas action de création. C’est dire qu’il n’est pas comme on dit « volontaire ». Il est le produit d‘un travail inconscient fécond, le surplus qui doit être extériorisé par la grâce de la puissance. Le chaos d'où jaillit l'étoile dansante...  Il procède essentiellement de son effectution-de son enfantement. La création n’est pas imitation. Pas non plus production. Elle est l’extériorisation nécessaire d’une intériorité puissante, profonde et riche. Le fruit d’une volonté inconsciente qui s’abreuve aux sources même de la Vie et qui, dans une surabondance de forces, fait naître du chaos le sublime qui résiste.
On crée lorsque quelque chose de la vie passe en nous. Lorsqu’elle nous transperce, on écrit pour la vie. La vie n’est pas quelque chose de personnel. Elle transparait en l’auteur, et par l’auteur, de l’acte créateur. La vie est jaillissement.
par Olivier de V. publié dans : Cheminement-fragments.
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Mardi 18 octobre 2005
                   
 
John Stuart Mill, De la liberté.
 
 
 
 
 
             J.S. Mill (1806-1873), philosophe et économiste britannique, développe une œuvre multiforme, prolifique et éclectique qui s’inscrit dans la mouvance libérale. Fils de James Mill, il hérite des thèses libérales de son père et acquiert, grâce à une solide formation, un savoir très large et complet qui touche aussi bien l’économie politique que la morale, la logique que la philosophie. Empirisme de Hume, libéralisme économique de Ricardo, utilitarisme de Bentham, etc., il subit de nombreuses influences qui forment et orientent sa pensée. Bien souvent, Mill raisonne en psychologue. Il utilise et développe la logique inductive, méthodologie qu’il juge valable pour toutes les sciences.
Son œuvre originale participe de la propagation des thèses libérales. Aujourd’hui plusieurs idées ardemment défendus par Mill en son temps sont devenues des biens communs de notre culture.
De la liberté (1859), son ouvrage le plus connu, rassemble l’ensemble de ses idées, plus largement développés ailleurs et précédemment, selon un agencement qui donne à l’ouvrage la forme d’une interrogation originale sur la modernité, saisie à partir de ses origines et du point de vue des individus qui l’abordent.
Ses idées sont au service de l’individu, de sa liberté d’opinion, de discussion et d’action, et plus largement bénéfiques au progrès (moral, intellectuel) et au « bien-être de l’humanité ».
 
 
                          
                            
 
 
Le problème de la société post-révolutionnaire.
 
 
 
 
Mill appartient, avec Tocqueville, à une génération qui se heurte directement au problème de la société post-révolutionnaire. L’identification de cette société à la démocratie est acquise, mais cette dernière demeure problématique. Il s’agit de résoudre ses tensions dans le sens de la liberté sociale et de l’autonomie individuelle, que l’autorité de la société et du gouvernement peuvent léser, compromettre.
             Le passage de l’Ancien régime à la modernité met au jour une nouvelle conception de la liberté qui n’est plus tant celle du tout que celle de ses parties. Ce qui explique l’abus de pouvoir du peuple lors de la Terreur, c’est en effet qu’il n’a pas su faire perdre à ce pouvoir-qui a simplement changé de main- son caractère absolu. Ce pouvoir est à relativiser, et à limiter. L’illusion -colportée par Rousseau- selon laquelle la souveraineté (légitimité et autorité), devenue le fait de tous, pourrait se passer de limites a été dévastatrice. De plus, transposé dans un nécessaire système de représentation, le pouvoir du peuple peut aboutir à son oppression, dans la mesure où la souveraineté glisse d’abord vers la majorité pour finalement sombrer entre les mains de quelques activistes agissant au nom de la majorité. Ce risque suivant lequel la « société devient le tyran » et qui fait de l’individu une victime du corps collectif devient le point de départ de la réflexion de Mill.
 
 
 
 
 
Un gouvernement compétent qui décide et agit pour le bien du peuple.
 
 
 
 
L’enjeu formulé par Mill relatif à l’importante problématique tocquevillienne du despotisme majoritaire est celui de la « substitution de la délégation à la représentation. »
 Mill conçoit en effet la représentation démocratique comme une délégation. Loin de se « modeler sur le démos », le représentant idéal réussit à se faire reconnaître comme un individu supérieurement doué. Il doit être suffisamment fort pour faire prévaloir la raison. Mill développe une conception restrictive de la représentation qui vise à préserver l’autonomie des élites qui peuvent « exercer leur instruction et leur capacité librement pour le bien du peuple avec le moins de contrôle possible-aussi longtemps que c‘est le bien du peuple et non quelque fin privée qu‘ils poursuivent. » Cette conception minimaliste de la représentation peut s’exprimer au travers d’une métaphore classique à l’époque: cette forme de contrôle réduit du peuple sur ses dirigeants s’apparente à celle du malade sur son médecin, à qui il se fie en raison de sa science supposée et dont il peut se séparer si la confiance fait défaut.   Il en va de l’intérêt du peuple que de choisir pour gouvernants les êtres les plus instruits et les plus capables qu’il puisse se trouver.
Théorie, donc, de la représentation entendue comme pouvoir légitime de l’opinion éclairée, fondée sur une conception fidéiste du lien entre gouvernants et citoyens. Le sujet demeure distinct du gouvernant. Il le demeure même si le processus démocratique l’a investit d’une responsabilité politique qui se traduit par son droit de vote-défini comme un trust. Cependant la société doit reconnaître à l’individu une sphère d’action qui lui est propre. La reconnaissance de la sphère individuelle est l’occasion que la société se donne de garantir son propre salut: l’individu est la source du bien social, car « un peuple cesse de progresser sans individualité ».
Le mal social par excellence pour Mill, c’est la similarité, l’uniformisation. L’instrument de ce mal, c’est la tyrannie de la majorité.
Il faut gouverner les citoyens comme s’ils étaient des hommes libres. Il s’agit de les responsabiliser et de les aider à conquérir leur liberté. L’individu assume ses actes. Il a des devoirs envers la société en contrepartie des droits dont il bénéficie.
 
 
 
 
 
 
 
 
La liberté de l’individu est fondamentale.
 
     
 
La démocratie a pour caractéristique essentielle de poser l’égalité des conditions. L’individu est doté de droits pré-politiques inaliénables. Les deux horizons de la démocratie sont l’égalité et la liberté. Mill partage l’inquiétude tocquevillienne quant à la liberté et sa mise en danger si on accorde le primat à l ‘égalité. La liberté doit être fondamentale, il s’agit de limiter le pouvoir de la société sur l’individu, car la tyrannie de l’opinion entrave l’individu dans son développement personnel, par exemple Mill dénonce avec virulence les persécutions religieuses qui entrave de manière insidieuse l’esprit libre, et de promouvoir le pluralisme en tolérant la diversité des opinions et actions qui sont autant de richesses.                                                                                  Mill, c’est novateur, pose la positivité des antagonismes. « Si tous les hommes moins un partageaient la même opinion, ils n’en auraient pas pour autant le droit d’imposer silence à cette personne, pas plus que celle-ci, d’imposer silence aux hommes si elle en avait le pouvoir […] car en effet,  si l’opinion est juste, on les prive de l’occasion d’échanger l’erreur pour la vérité; si elle est fausse, ils perdent un bénéfice presque aussi considérable: une perception plus claire et une impression plus vive de la vérité que produit sa confrontation avec l’erreur. » La discussion, le débat et la confrontation libres sont donc utiles à la vérité et au progrès; la censure, l’intolérance, l’uniformisation (conformisme) leurs sont néfastes.          
Pluralisme nécessaire. La diversité est bénéfique pour l’intelligence et le progrès de l’humanité. Délibération dans l’espace public.
 
 
La problématique des limites.
 
 
 
L’individu est la source et le centre des relations sociales. Pour Mill, en effet, la notion de liberté contient en elle-même sa propre limite, sous la forme de la réciprocité et du fait que l’autonomie accordée à chaque individu doit être compatible avec la même autonomie pour tous les autres. « La seule raison légitime que puisse avoir une communauté pour user de la force contre un de ses membres est de l’empêcher de nuire aux autres. »
 
Ce qui fait l’universalité de la nature humaine est le droit permanent au perfectionnement de soi. Recherche d’un contenu éthique qui peut servir de principe régulateur des relations sociales. État a pour fonction de préserver droits de l’individu, d’abord de garantir sa sécurité. Danger de la démocratie: tyrannie de la majorité. Il faut accorder le primat à la liberté, et limiter l’égalité à l’égalité des droits.
 Dans le chapitre De l’individualité comme l’un des éléments du bien-être, Mill définit négativement la liberté comme le fait de ne pas être contraint, sauf de nuire directement aux intérêts d’autrui. Mill s’attache surtout au thème de la limite. A travers son exposition du « catalogue des libertés individuelles », il tente surtout de montrer dans quelles limites cette liberté entendue comme non-ingérence est rendue possible. Le libéralisme politique de Mill se caractérise par son respect de la pluralité et de la diversité. Car ceux-ci sont le ferment de l’individualité, qui permet le progrès. Une société, pour être forte, a besoin de natures fortes. Le progrès doit être favorisé par l’encouragement à l’initiative individuelle et à la diversité. Il faut que l’individu se développe librement, lui qui , en général, à tendance à se conformer aux modèles existants. Mill juge bon (utile) la mise en place d’un organe central d’information et d’instruction. L’éducation doit alors être un processus de singularisation, plus que de formation. Cela n’est possible que si elle cesse d’être étatiste, et si l’État est un moyen pour les individus au lieu de l’inverse. Si toute forme de holisme est récusée dans le libéralisme, si donc l’individu n’est pas enserré dans le réseau de la tradition et des coutumes, c’est que cette insertion dans la communauté nuit plus que tout à l’épanouissement individuel. L’État doit laisser les individus libres et ne pas les infantiliser; car « la valeur d’un État, à la longue, c’est la valeur des individus qui le composent[…], avec de petits hommes, rien de grand ne saurait s’accomplir. »
Reconnaissance d’une sphère où règne « souverainement » l’individualité. L’individualité n’est pas un contenu prédéterminé, mais la possibilité permanente du choix autonome.
       Sa pensée est une pensée du progrès. Le progrès est d’abord le fruit du développement personnel de l’individu singulier. Sur lui-même, sur son corps et sur son esprit, l’individu est souverain.
 
 
                                              
Liberté individuelle et bonheur public.
 
 
 
 
Mill est un moraliste oeuvrant sur les chantiers des sciences humaines. Il n’examine ce qui est qu’avec le projet de conclure sur ce qui doit être.
Mill reste fidèle au principe premier de l’utilitarisme qui pose l’utilité comme critère des valeurs morales: une action est bonne dans la mesure où elle contribue au bonheur du plus grand nombre.
Le recours à l’individu conduit à une conception rénovée du bonheur. Comme l’a résumé C. Audard (Anthologie historique et critique de l‘utilitarisme, PUF, 1999), « la culture de soi, le développement de l’individualité et la diversité constituent le visage proprement humain du bonheur qui ne se résume pas à une addition de satisfactions et d’expériences agréables ». Mill se démarque ainsi de l’utilitarisme de Bentham(1748-1832) qui fait du bonheur l’équivalent du plaisir. Il y ajoute un critère qualitatif qui se fonde sur l’épanouissement de l’individu. Le but de la société est de faire coïncider les intérêts de l’individu et les exigences collectives, pour le bonheur du plus grand nombre possible d’individus, et pour le progrès de l’humanité. Constatant l’écart qui sépare le bonheur privé et le bien public, Mill insiste sur la nécessité pour l’individu de veiller au bien d’autrui (tout au moins de s’interdire de lui nuire). On parle ainsi souvent de l’utilitarisme altruiste de Mill, pour l’opposer, à celui, jugé égoïste, de Bentham.
Mill distingue la sphère individuelle de la sphère sociale. Le pouvoir de la société s’arrête donc là où commence la sphère privée de l’individu, qui au sens strict ne regarde que lui-même et ne nuit pas aux intérêts d’autrui. Au-delà de cette sphère, il encourt des réprobations morales et, ou, légales.
On peut cependant se demander si Mill est encore utilitariste, quand il oriente la maxime de la raison pratique vers autre chose qu’un critère strictement conséquentialiste : il admet d’un côté le jugement benthamien selon les conséquences, mais de l’autre il remonte de l’action à l’individu, ce qui est une posture beaucoup plus romantique qu’utilitariste.
 
 Sa doctrine des principes de la conduite humaine à beaucoup plus à voir avec la définition aristotélicienne de la vertu qu’avec toutes les morales a priori et les religions bâties sur l’intangibilité du devoir.
           
 
 
 
L’individu et la société civile.
 
 
 
 
Mill pose de nouveau la question du meilleur régime. Avec deux critères principaux. Celui du bien-être collectif, et celui, qui tend à masquer le premier, du perfectionnement individuel, posé dans le contexte collectif. La manière dont la question est posée est significative puisqu’il s’agit de limiter les pouvoirs de la société sur l’individu.
 L’individu, doté de droits inaliénables (liberté, propriété…), est la source et le centre des relations sociales. Ce qui fait l’universalité de la nature humaine est le droit permanent au perfectionnement de soi. L’ État a pour fonction de préserver les droits de l’individu, en leur garantissant d’abord la sécurité.
La politique la plus compatible avec la liberté humaine repose sur le libre arbitre. La tyrannie sociale constitue pour la liberté une menace aussi grande que la tyrannie politique. Par principe, Mill rejette tout conformisme. Il se méfie du conformisme moral engendré par les sociétés modernes. Seules les personnalités originales peuvent contribuer au progrès de l’humanité, c’est la raison pour laquelle il faut que le rôle de l’Etat se réduise à empêcher les individus de se nuire afin de permettre leur plus complet développement.
 
 
 
Le commerce est un acte social, le libre-échange doit être favorisé. La contrainte, en tant que telle est un mal, l’acheteur doit être libre d’acheter ce dont il a envie, il est considéré comme responsable donc il assumera les conséquences d’une utilisation nocive pour lui-même et sera puni s’il nuit à autrui.
 
 
 
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Ÿ         La pensée de Mill a profondément marqué la conception du libéralisme politique et économique anglais. Il insistait, par exemple, déjà sur la nécessité de dissocier le politique du théologique. De même, il prônait la libération politique de la femme.
 
 
Ÿ         Mill vise une morale de la liberté qui préserve la fructueuse et nécessaire indétermination des êtres rationnels.   Une fois que les penchants liberticides de la société et du pouvoir ont été correctement muselés, le seul lieu où cette indétermination peut se développer, en bien comme en mal, est celui de la production et de la distribution des richesses. La communauté économique parfaite est le résultat des pratiques vertueuses des individus.
 
 
Ÿ          L’excellence individuelle millienne ne s’oriente, malgré ce qu’on pourrait penser, sur aucun idéal collectif. C’est elle qui forme le pôle d’attraction de l’ordre social, mais il n’y a aucune garantie véritable que ce monde des individus accomplis tienne debout.  
par Olivrdv publié dans : Cheminement-fragments.
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Dimanche 18 septembre 2005

        

Les 3 Portes de la Sagesse

 

Un Roi avait pour fils unique un jeune Prince

courageux, habile et intelligent. Pour parfaire

son apprentissage de la Vie, il l'envoya auprès

d'un Vieux Sage.

 

"Eclaire-moi sur le Sentier de la Vie", demanda

le Prince.

 

"Mes paroles s'évanouiront comme les traces

de tes pas dans le sable, répondit le Sage. Cependant

je veux bien te donner quelques indications. Sur ta

route, tu trouveras 3 portes. Lis les préceptes

indiqués sur chacune d'entre elles. Un besoin

irrésistible te poussera à les suivre. Ne cherche

pas à t'en détourner, car tu serais condamné à

revivre sans cesse ce que tu aurais fui. Je ne puis

t'en dire plus. Tu dois éprouver tout cela dans

ton coeur et dans ta chair. Va, maintenant. Suis

cette route, droit devant toi."

 

Le Vieux Sage disparut et le Prince s'engagea

sur le Chemin de la Vie.

 

Il se trouva bientôt face à une grande porte sur

laquelle on pouvait lire "CHANGE LE MONDE".

 

"C'était bien là mon intention, pensa le Prince,

car si certaines choses me plaisent dans ce monde,

d'autres ne me conviennent pas." Et il entama son

premier combat. Son idéal, sa fougue et sa vigueur

le poussèrent à se confronter au monde, à entreprendre,

à conquérir, à modeler la réalité selon son désir.

Il y trouva le plaisir et l'ivresse du conquérant,

mais pas l'apaisement du coeur. Il réussit à changer

certaines choses mais beaucoup d'autres lui résistèrent.

Bien des années passèrent.

 

Un jour il rencontra le Vieux Sage qui lui demande :

"Qu'as-tu appris sur le chemin ?" "J'ai appris,

répondit le Prince, à discerner ce qui est en mon

pouvoir et ce qui m'échappe, ce qui dépend de moi

et ce qui n'en dépend pas". "C'est bien, dit le

Vieil Homme. Utilise tes forces pour agir sur ce

qui est en ton pouvoir. Oublie ce qui échappe à

ton emprise." Et il disparut.

 

Peu après, le Prince se trouva face à une seconde

porte. On pouvait y lire "CHANGE LES AUTRES".

"C'était bien là mon intention, pensa-t-il.

Les autres sont source de plaisir, de joie et

de satisfaction mais aussi de douleur, d'amertume

et de frustration." Et il s'insurgea contre tout

ce qui pouvait le déranger ou lui déplaire chez

ses semblables. Il chercha à infléchir leur

caractère et à extirper leurs défauts.

Ce fut là son deuxième combat.

Bien des années passèrent.

 

Un jour, alors qu'il méditait sur l'utilité

de ses tentatives de changer les autres, il croisa

le Vieux Sage qui lui demanda : "Qu'as-tu appris

sur le chemin ?" "J'ai appris, répondit le Prince,

que les autres ne sont pas la cause ou la source

de mes joies et de mes peines, de mes satisfactions

et de mes déboires. Ils n'en sont que le

révélateur ou l'occasion. C'est en moi que

prennent racine toutes ces choses." "Tu as raison,

dit le Sage. Par ce qu'ils réveillent en toi,

les autres te révèlent à toi-même. Soit

reconnaissant envers ceux qui font vibrer en

toi joie et plaisir. Mais sois-le aussi envers

ceux qui font naître en toi souffrance ou

frustration, car à travers eux la Vie t'enseigne

ce qui te reste à apprendre et le chemin que tu

dois encore parcourir." Et le Vieil Homme disparut.

 

Peu après, le Prince arriva devant une porte

où figuraient ces mots "CHANGE-TOI TOI-MEME".

"Si je suis moi-même la cause de mes problèmes,

c'est bien ce qui me reste à faire," se dit-il.

Et il entama son 3ème combat. Il chercha

à infléchir son caractère, à combattre ses

imperfections, à supprimer ses défauts, à changer

tout ce qui ne lui plaisait pas en lui, tout

ce qui ne correspondait pas à son idéal.

Après bien des années de ce combat où il connut

quelque succès mais aussi des échecs et des

résistances, le Prince rencontra le Sage qui lui

demanda :

 

Qu'as-tu appris sur le chemin ?"

 

"J'ai appris, répondit le Prince, qu'il y a en

nous des choses qu'on peut améliorer, d'autres

qui nous résistent et qu'on n'arrive pas à

briser."

 

"C'est bien," dit le Sage.

 

"Oui, poursuivit le Prince, mais je commence à

être las de ma battre contre tout, contre tous,

contre moi-même. Cela ne finira-t-il jamais ?

Quand trouverai-je le repos ? J'ai envie de

cesser le combat, de renoncer, de tout abandonner,

de lâcher prise." "C'est justement ton prochain

apprentissage, dit le Vieux Sage. Mais avant

d'aller plus loin, retourne-toi et contemple

le chemin parcouru." Et il disparut.

 

Regardant en arrière, le Prince vit dans le

lointain la 3ème porte et s'aperçut qu'elle

portait sur sa face arrière une inscription qui disait

 

"ACCEPTE-TOI TOI-MEME."

 

Le Prince s'étonna de ne point avoir vu cette

inscription lorsqu'il avait franchi la porte la

première fois, dans l'autre sens. "Quand on combat

on devient aveugle, se dit-il." Il vit aussi,

gisant sur le sol, éparpillé autour de lui,

tout ce qu'il avait rejeté et combattu en lui :

ses défauts, ses ombres, ses peurs, ses limites,

tous ses vieux démons. Il apprit alors à les

reconnaître, à les accepter, à les aimer.

Il apprit à s'aimer lui-même sans plus se comparer,

se juger, se blâmer.

Il rencontra le Vieux Sage qui lui demanda :

 

"Qu'as-tu appris sur le chemin ?"

 

"J'ai appris, répondit le Prince, que détester

ou refuser une partie de moi, c'est me condamner

à ne jamais être en accord avec moi-même.

J'ai appris à m'accepter moi-même, totalement,

inconditionnellement."

 

"C'est bien, dit le Vieil Homme, c'est la première

Sagesse. Maintenant tu peux repasser la 3ème

porte."

 

A peine arrivé de l'autre côté, le Prince

aperçut au loin la face arrière de la seconde

porte et y lut

 

"ACCEPTE LES AUTRES".

 

Tout autour de lui il reconnut les personnes

qu'il avait côtoyées dans sa vie ; celles qu'il

avait aimées comme celles qu'il avait détestées.

Celles qu'il avait soutenues et celles qu'il avait

combattues. Mais à sa grande surprise, il était

maintenant incapable de voir leurs imperfections,

leurs défauts, ce qui autrefois l'avait tellement

gêné et contre quoi il s'était battu.

 

Il rencontra à nouveau le Vieux Sage. "Qu'as-tu

appris sur le chemin ?" demanda ce dernier.

J'ai appris, répondit le Prince, qu'en étant en

accord avec moi-même, je n'avais plus rien à

reprocher aux autres, plus rien à craindre d'eux.

J'ai appris à accepter et à aimer les autres

totalement, inconditionnellement." "C'est bien,"

dit le Vieux Sage. C'est la seconde Sagesse.

Tu peux franchir à nouveau la deuxième porte.

 

Arrivé de l'autre côté, le Prince aperçut la

face arrière de la première porte et y lut

 

"ACCEPTE LE MONDE".

 

Curieux, se dit-il, que je n'aie pas vu cette

inscription la première fois. Il regarda autour

de lui et reconnut ce monde qu'il avait cherché à

conquérir, à transformer, à changer. Il fut frappé

par l'éclat et la beauté de toute chose. Par leur

perfection. C'était pourtant le même monde

qu'autrefois. Etait-ce le monde qui avait changé

ou son regard ?

Il croisa le Vieux Sage qui lui demanda.

 

"Qu'as-tu appris sur le chemin ?"

 

"J'ai appris, dit le Prince, que le monde

est le miroir de mon âme. Que mon âme ne voit

pas le monde, elle se voit dans le monde.

Quand elle est enjouée, le monde lui semble gai.

Quand elle est accablée, le monde lui semble

triste. Le monde, lui, n'est ni triste ni gai.

Il est là ; il existe ; c'est tout. Ce n'était

pas le monde qui me troublait, mais l'idée que

je m'en faisais. J'ai appris à accepter sans

le juger, totalement, inconditionnellement."

 

C'est la 3ème Sagesse, dit le Vieil Homme.

Te voilà à présent en accord avec toi-même, avec

les autres et avec le Monde." Un profond sentiment

de paix, de sérénité, de plénitude envahit le

Prince. Le Silence l'habita. "Tu es prêt,

maintenant, à franchir le dernier Seuil, dit

le Vieux Sage, celui du passage du silence de

la plénitude à la Plénitude du Silence".

 

Et le Vieil Homme disparut.

par Olivrdv publié dans : Cheminement-fragments.
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Vendredi 26 août 2005

  Nous avons perdu une cohérence vitale. Nous tendons à nous disloquer, à nous éparpiller, à nous perdre. Il s'agit d'acquérir de la solidité et du sens, pour vraiment EXsisté.  Partant,il faut du courage. Le "Devenez-dur!" de Nietzsche est justifié. Devenir intègre, devenir un roc. Ne pas être malléable. Conquérir la liberté. Devenir un individu affirmé, rayonnant, libre etépanoui. Sclupté dans du marbre.

  Les grandes révolutions sont silencieuses.   La politique est fondamentalement intérieure.

  C'est par un changement, une prise de conscience, dans les petites choses de la vie quotidienne, par un engagement, que les grandes choses surviennent.

L'évolution, en acte, en pensé, est la révolution la plus radicale qui soit.

 La folie, et plus précisèment la schizophrénie , est le symptôme de notre société désenchantée. Cette prétendue déraison permet de tracer des limites et normalise les individus qui s'étiquettent alors comme "raisonnables", c'est-à-dire intégrés. Symptôme,dis-je, car notre société dite post-moderne est évidemment gravement atteinte, malade. Nietzsche, en son temps, en avait déjà décelé les prémisses et avait émis un diagnostic pour le moins négatif et malheureusement luçide. Déplorables constats que ceux de "la mort de Dieu" et de la désertification du réel pur , "le désert croît". Du latin desertus, de-serere, "dis-joindre", "dés-unir"...  Les contenus symboliques du mot désert sont cruels et s'appliquent à toute situation humaine; et à toute vie mondaine. (Rousseau: "J'entre avec une secrète horreur dans ce vaste désert du monde. Ce chaos ne m'offre qu'une solitude affreuse où règne un morne silence").   Les choses n'ont, dans leurs fonds, guères changées. De nos jours, dans une société qui a refoulé (faute de mieux, faute d'avoir sû réellement se remettre en cause et d'avoir effectivement digéré deux guerres mondiales, entre autres calamités révalatrices de psychose collective) ses monstruosités (que l'on ne peut plus que montrer), la maladie est plus insidieuse, plus sournoise, moins visible donc, mais à un esprit aiguisé, toujours d'autant plus présente et totalisante. Ce n'est pas l'effet, comme certains le dénoncent, d'un vaste "complot planétaire"- du moins concernant les pays occidentaux industrialisés, les autres n'auraient d'autres choix que de se soumettre, ou périr- orchestré par des groupuscules d'" élites"(dirigeants politiques et économiques) qui tireraient les ficelles de ce vaste théatre que représente notre modernité. La plupart de ces "acteurs", de ces dirigeants sont eux-memes soumis aux lois sévères du "systeme", comme ils disent. C'est plutot l'effet d'une mouvance généralisée qui, depuis au moins un bon siècle,tend à faire de l'homme un moyen en vue d'une fin qui est la bonne rentabilité économique-la compétitivité-de la société. Au nom de cette sacro-sainte "santé financière", de cette course incessante et vaine par essence, l'homme, l'humain, est réduit à une ressource qu'il s'agit d'intégrer de la manière la plus efficiente possible aux rouages de cette grande machine qui rugit et broie tout sur son passage. Organisation profondément mortifère. De manière totalitaire, dès le plus jeune age, on fait comprendre aux individus qu'ils n'ont pas le choix que de s'intégrer, d'une manière ou d'une autre, à ce vaste système économique. On réduit l'individu. On ne lui "donne" que des perspectives ds le fond illusoires, qui ne sont plus de perspectives ms une liberté imposée! Par les moeurs... La bien-pensance... Le politiquement correct... On étouffe l'idéalisme dans son berceau.On annihile toute créativité... (à moins qu'elle soit intégrable...) On crée des névrosés. Et, pire, des schizophrènes. Car c'est la forme meme imposée de la vie de tout un chacun. On sépare, sectorise, étiquette... Il y a la "vie professionnelle", la "vie sociale", et la "vie familliale". Le boulot( pr donner un sens à sa vie... comme ils disent) de 9h à 20h, la famille au retour, et le week-end avec le samedi soir. Sans oublier les vacances, fameux "congés payés", les bistrots, et autres divertissements organisés.  Il n'y a finalement plus de vie,intègre et authentique, du tout.  Le sens de la totalité , l'authenticité du tout , ont été perdu. Tout est morcellé, disséminé, en autant de tesselles qui sont en elles-memes des absurdités.     Notre tâche est de reconquérir une vivifiante liberté.   Non aux horaires imposés, aux sadiques petits chefs névrosés, à cette administration mortifère, et à la médiocrité généralisée !!             Une oasis dans le désert...

A suivre...

 
par Olivier de V. publié dans : Cheminement-fragments.
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Dimanche 21 août 2005

                                 Pour toi, ma Princesse...

   

 

 

    J'ai marché ce matin sur une rose en fleur,

Elle était sur la route seule et abandonnée,

Pétales écrasés suintants comme des pleurs

Je crois meme par pudeur, qu'elle semblait se cacher.

   

    J'ai marché ce matin sur le coeur d'une femme,

Semblable à la rose, une fleur délaissée,

J'ai lu dans ses grands yeux, le besoin d'une flamme,

J'ai ramassé ce coeur et je l'ai emmené.

   

    J'ai dans mes bras ce soir ma compagne trouvé

J'ai essuyé ses yeux, ils ne sont plus moroses,

J'ai posé sur ses seins, les pétales de la rose

Unissant dans l'amour la fleur et la beauté.

 
par Olivier de V. publié dans : "Coups de gueule"
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