Spirale ascendante

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  • : Alchimie du verbe; tentatives d'ouverture aux interstices
  • : philosophie
  • : Une relation (un rapport au monde, aux êtres et aux choses) qui demeure en définition... Quelques délires... aussi. Des bêtises on croira...-- entre lesquelles, pourtant, quelques pépites... Bref... ici sont posées certaines choses qui me passionnent, qui me touchent. Un petit atelier de chercheur de vérités-- si l'on peut parler de "vérités". Du spontané plus que du fini. Mais cela dépend... Bonne lecture !
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Texte libre

 

      Du lire et de l'écrire

 

  "De tout ce qui est écrit, je n'aime que ce qu'un homme écrit avec son sang. Avec du sang écris, et tu apprendras que sang est esprit.

Il n'est guère facile d'entendre le sang des autres: d'oisifs lecteurs me sont odieux.

Qui connaît le lecteur, pour le lecteur celui-là plus rien ne fait. Encore un siècle de lecteurs -et l'esprit même sera puant.

[...] En montagne, de cime en cime va le plus court chemin; mais pour le prendre il faut avoir de longues jambes. Que cimes soient les sentences, et ceux auquels on parle grands et altiers!

L'air rare et pur, proche le danger et l'esprit plein d'une joyeuse malice: comme tout cela ensemble s'accorde bien!

Autour de moi je veux avoir des farfadets, car je suis courageux. Courage dont s'effarouchent les spectres lui-même se crée des farfadets, -le courage veut rire.

Plus ne sens avec vous; ces nuées qui au-dessous de moi s'offrent à ma vue, ces choses noires et pesantes dont je me ris, -précisément ce sont vos nuées d'orage.

En haut vous regardez quand de hauteur avez envie. Et je regarde en bas car je me tiens sur les sommets.

Qui de vous tout ensemble peut rire et se tenir sur les sommets?

Qui gravit les plus hautes cimes se rit de toutes les tragédies jouées et de toutes tragédies vécues.

Courageux, insouciants, railleurs, brutaux, -tels nous veut la sagesse; c'est une femme et qui jamais n'aime qu'un guerrier.

Vous me dites: "La vie est pesante à porter." Mais pourquoi donc auriez-vous avant midi votre fierté, et le soir votre soumission?

La vie est pesante à porter; mais ne soyez donc si délicat ! Nous sommes tous de jolis ânes et de jolies ânesses aux reins solides.

Qu'avons-nous en commun avec le bouton de rose, qui frémit dès qu'une goutte de rosée pèse sur son corps?

C'est vrai; si nous aimons la vie, ce n'est par habitude de vivre, mais c'est par habitude d'aimer.

Il est toujours quelque délire dans l'amour. Mais toujours aussi il est quelque raison dans le délire.

Et moi-même, qui bien m'entends avec la vie, il me semble que papillons et bulles de savon, et tout ce qui parmi les hommes est de leur sorte, de l'heur ont le mieux connaissance.

Ces petites âmes légères, folles, élégantes, mobiles, à les voir qui voltigent  -Zarathoustra est entraîné aux larmes et aux chants !

Je ne croirais qu'en un dieu qui à danser s'entendît !

Et quand je vis mon diable, lors je le trouvai sérieux, appliqué, profond, solennel : c'était l'esprit de pesanteur -par qui tombent toutes choses.

Ce n'est par ire, c'est par rire qu'on tue. Courage ! Tuons cet esprit de pesanteur !

J'ai appris à marcher; de moi-même, depuis, je cours.

J'ai appris à voler; pour avancer, depuis, plus ne veux qu'on me pousse !

Maintenant je suis léger, maintenant je vole, maintenant me vois au-dessous de moi; par moi c'est maintenant un dieu qui danse.

     Ainsi parlait Zarathoustra."

 -Nietzsche-

Lundi 20 août 2007

Echafaudage qui mérite consolidation...

Libertin, d’après le Larousse : du latin libertinus, affranchi.

1/ Se disait au XVII ème siècle de quelqu’un qui manifestait son indépendance d’esprit par rapport aux enseignements du christianisme. (Le terme s’applique notamment à Gassendi, Théophile de Viau, Fontenelle). 
2/ (adj) marqué par le libertinage, la licence des mœurs.

Car il est des choses qu’on peut penser, mais qu’on ne peut dire en société. Moi, je me fous de la société, de sa prétendue moralité. Voyons ce qu’ « on » nous dit. On nous dit que c’est péché que de tromper son/sa compagne avec autrui. Et que nécessairement s’ensuivent remords, culpabilité, jalousie, et tutti quanti.

Tromperie ?! Voyez-vous cela… Mais, s’il vous plait, où donc exactement se situe la tromperie, si ce n’est du côté de ce que l’on nous dit ?

Indépendance d’esprit/licence/liberté/ affranchi de la morale judéo-chrétienne/ affranchi des logiques restrictives de pouvoir sadique/ Morale, logique, qui veulent, pour mieux exercer leurs emprises, nous rendre coupables (vilains, vicieux, bouh ! pas bien !, immoral !) / Culte de mort/// arrêter l’hypocrisie !/ Donner et prendre plaisir ds des ébats délicieux, si on en a envie/ les papillons ne butinent-ils qu’une seule fleur ? Les mammifères, dont nous faisons partie, ne s’ébattent-ils qu’avec une seule et même élue ? Seuls les humains se jurent fidélité, la plupart sont exclusifs dans leurs folâtreries- ou font semblant de l’être. C’est étrange pourtant… Les humains parlent de fidélité, de péché et de culpabilité. Ne peut-on être fidèle, comme il se doit pour qui aiment profondément, de cœur et d’esprit ? Seulement ? ! Non, pas seulement, car c’est déjà énorme, c’est déjà très beau ! Toutefois, et c’est bien naturel, il arrive que nous ayons envie, tout simplement, d’aller butiner ailleurs dans un merveilleux moment de plaisir et de complicité. Sur un mode serein et respectueux de l’autre/ liberté du corps, liberté des corps/ un jeu/ un engagement partagé le temps de quelques plaisirs/ dans une relation de confiance, de respect de l’autre et de la parole donnée

 

Il existe des êtres épanouis, radieux et sereins qui naturellement ne voient pas le mal qu’il y a à se faire du bien. Du bien, sans artifices, en rendant, tout simplement, justice à leurs corps. Et qui, nonobstant une logique sclérosée encore répandue, ne se sentent pas coupables, ne se sentent pas vilains. Encore faut-il être fort, harmonieux et serein, pour enfin assumer un corps que des siècles durant on a bafoué, au nom d’une pureté entièrement spirituelle qui l’a rendu impropre, dégradant et malsain.

 

Demain, un jour, un autre jour, nous ne savons pas quand (et, soit dit en passant, cela est très précieux), notre corps va nous lâcher. Alors autant en profiter!, ici et maintenant. Car le temps nous assassine à petit feu...  Cela relèverait-il de l'inter-dit?  Tenez pourtant ceci pour dit. 



Ajout (9/10/07), et pas des moindres...  :   

Après un petit retour introspectif, quelques précisions. Cela ne nie pas ce qui est dit plus haut, mais l'affine. Je ne parle pas de succomber à tous les excès sensuels, je ne dis pas qu'il nous faut devenir des animaux, seulement des animaux.  Je parle de libertinage à condition, en plus des conditions susdîtes, qu'il y ait affinités qui dépassent la seule attraction physique. Qui , en elle seule, nous rabaisse au rang de bête.

Je parle de la possibilité d'aimer plusieurs personnes à la fois, mais les aimer chacune différemment. Sans hiérarchie. Car il y a une quasi infinité de sensibilité, car nous ne sommes pas unidimensionnel, taillé en un seul et même bloc, car nous sommes pluriels. Pluralisons nos relations !



En guise d'ouverture, quelques lignes de Kierkegaard, Le journal du séducteur :

"Par rapport aux impressions l'art consiste à être aussi réceptif que possible et à savoir celles qu'on fait sur toute jeune fille [femme] et celles qu'elles vous font. On peut ainsi être amoureux de maintes à la fois; parce qu'on les aime de différentes façons. Aimer une seule est trop peu; aimer toutes est une légèreté de caractère superficiel; mais se connaître soi-même et en aimer un aussi grand nombre que possible, enfermer dans son âme toutes les puissances de l'amour de manière que chacune d'elles reçoive son aliment approprié, en même temps que la conscience englobe le tout --voilà la jouissance, voilà qui est vivre. "

par OdV publié dans : Cheminement-fragments.
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Vendredi 17 août 2007

17 juillet 2007.

Mer méditerranée. Une des plages de Barcelone. (Il y en a quatre, si l’on prend aussi en compte celle des nudistes, que dis-je ?!... naturistes… !- C’est différent.) Jour de vent. Beaucoup de vent. Drapeau rouge hissé. Ce qui veut dire : Baignade fortement déconseillée -certains disent : « interdite ». Nonobstant, je me suis baigné. Accompagné d’une amie, baigneuse chevronnée qui a longtemps nagé en club.

Nous nous sentions forts, en sécurité, sûrs de nous. Il faisait très chaud. Le soleil tapait puissamment. Tout simplement nous voulions nous rafraîchir. Sans tenir compte du drapeau dissuasif, du peu de personnes (une poignée, pas davantage, et encore, tout près du rivage) à l’eau, et des vagues. Les vagues… Parlons-en. Une mer démontée. Des vagues fascinantes, deux mètres de hauteur, qui nous attiraient, qui nous attiraient tellement ! Quel terrain de jeu ! pour nous, jeunes fous, avides de sensations fortes… Ce n’est pas peu de dire que ce jour-là nous avons été gâtés… Car nous n’avons pas pu (su ?), inconscients, résister à l’appel…

A l’eau, Julie, c’est son prénom, fut la première. Moins frileuse que moi, indiscutablement…

Les débuts furent délicieux, nous nous ébattions gaiement près du rivage. Déjà, pourtant, nous sentions la puissance déchaînée de l’élément eau. Déjà des trombes d’eau, régulièrement, de manière trop rapide pour être toujours prévue, nous tombaient dessus et nous étourdissaient, spasmodiquement. Sans trop le voir d’abord, nous dérivions, peu à peu, emportés par le courant, vers le large. Quand, soudain, tout d’un coup, nous nous sommes retournés, tous les deux, et avons vu, surpris puis inquiets, la plage, au loin. Une centaine de mètres. Alors que les vagues étaient telles qu’à cinq mètres du rivage, déjà, nous n’avions pieds qu’à mi-temps !

La distance, par mer calme, aurait pu paraître dérisoire. Revenir eût alors été un jeu d’enfant. Ce jour-là, l’affaire était tout autre. L’ampleur des vagues, du courant et des vents était telle que nous n’avions plus qu’un but précis : revenir, gagner le rivage, quitter cette mer en furie. Nous nagions, nous nagions, nous nagions. Julie était à une dizaine de mètres devant moi. Nous pouvions difficilement communiquer. Nous ne l’avons que très peu fait, conscients de la dépense inutile d’énergie, et nous savions très bien tous deux ce que nous voulions : regagner le rivage. C’était un impératif de plus en plus pressant : nous étions à bout de souffle. Chaque mètre était une épreuve terrible. 50 mètres, encore. Nous étions ballottés par les vagues de parts et d’autres, qui, au gré de leurs caprices semble-t-il, venaient à chaque fois différemment, et de côtés différents. Secoué de part en part, j’étais tour à tour aspiré sous la surface, puis je resurgissais, juste le temps de prendre une bouffée d’air avant qu’une autre déferlante ne s’abatte sur moi -encore ! 30 mètres. Je ne pense plus à rien, mon corps, tout mon être n’aspire plus qu’à une chose : sortir de là, sortir de cet enfer. Ce calvaire se durcissait. Tout comme mes bras, qui devenaient du bois -très mal irrigués en oxygène. Trop de temps que j’étais à bout de souffle. A ce moment-là, je me rappelle avoir éprouvé une terreur indicible, qui mit beaucoup de temps à s’estomper. Je paniquais, j’avais très peur de ne pas y arriver. Je ne sentais plus mon corps qui, inlassablement, nageait, nageait, en mode automatique. Tâcher de gagner quelques mètres, encore. Tout le reste s’est mis à devenir flou. Ah si, je me souviens avoir eu une pensée pour un de mes grands-pères, mort noyé il y a quelques années. Quelle horrible mort !, ai-je subitement pensé. « Penser » est un grand mot en ces circonstances, des bribes de phrases, laconiques, quelques mots, émergeaient de ma conscience. Julie avait l’air de s’en tirer mieux que moi. C’est déjà ça… Mais il fallait me sauver, moi ! Mon paquet de cigarettes quotidien depuis de trop nombreuses années, je me suis mis à me haïr de m’y être accroché ! Un cri. Julie : « Olivier !, attention !, il y a des rochers ici !! » A quelques mètres de moi, elle me dit : « A droite !, il faut les éviter ! » Merde !: elle a l’air épuisée, aussi. Moi : « Ca va ? .. Tu t’es fait mal ? ». « Non ! Enfin…, je crois ». Nous bifurquons. Comme nous pouvons. Et nous ne pouvons pas grand-chose, complètement dépassés par la force de cet élément. Le ressac est exténuant. Il me semble que chaque déviation de trajectoire, chaque mètre me demandent une énergie quasi inhumaine. Manquerait plus que de se coincer quelque part, de se casser une jambe !, me suis-je dit. Un miracle : il semble bien que nous ayons réussi à éviter les rochers. A repenser à tout cela, mon cœur bat la chamade. 15 mètres environ. Encore ! Quel enfer, toute cette eau ! La plage est très proche. J’entends des cris, au loin. Je suis tellement essoufflé, que je n’arrive plus à respirer ! Plusieurs fois, je manque de me noyer. Je parviens cependant toujours à refaire surface, pour une bouffée d’air, toujours insuffisante. Mes poumons vont exploser ! Je suis terrorisé. Trop con de mourir ainsi… Je veux vivre !!!, pas maintenant, encore des tas de choses à faire ! Un autre jour !! : j’implore le ciel. En même temps, je suis tellement épuisé que je pense, par deux fois, en finir. Arrêter de bouger, arrêter de me battre. C’est trop difficile… Mais je n’y parviens pas, mû par une force incompressible. Quelques mètres, encore… Je cherche à avoir pied, ça devrait être bon, maintenant. Non, je bois la tasse. Je tousse, je m’étrangle. Tout en moi dit : « Il faut continuer de nager ! ». Julie se lève !, elle a pied ! Un regain d’espoir. Elle marche. Elle chancelle. Elle tombe, sur le sable sec. Ca y est, je sens le sable, je n’y crois à peine : j’ai pied. Le combat est terminé. Pas un instant je n’ai cessé de nager. Je m’écroule près d’elle. Mon cœur est une bombe ! Des gens viennent nous voir, nous parler. Nous répondons avec grand peine : « Oui… tout va… bien ». Non, Julie a le pied en sang ! Une femme inspecte sa blessure. Elle dit que ce n’est rien, une longue égratignure. Elle nettoie quand même, sèche sa jambe, et colle une sorte de gros sparadrap.

Les curieux s’en vont. Julie et moi restons allongés côte à côte, à même le sable, un long moment. Nous reprenons nos esprits, progressivement. Et notre souffle. Nous n’échangeons que quelques mots, par intermittence. Impression d’être revenu d’un long, d’un atroce calvaire. Des scènes de films me viennent en tête, je m’imagine être l’un de ces hommes qui, tel un vieux navire, après avoir essuyé les pires tempêtes, vient s’échouer, à demi mort, sur le rivage. Je ne saurais dire combien de temps nous sommes restés allongé, là, à reprendre vie. Enfin, nous nous sommes levés pour retrouver nos affaires et nos serviettes, à quelques mètres. Nous titubons encore un peu. Mais quel bonheur que de pouvoir marcher, quel bonheur que de sentir la terre ferme ! Tous les gens nous regardent, comme des bêtes curieuses, des monstres. Peu importe. J’ai la sensation d’avoir des bras et des jambes de bétons, et énormes. L’ensemble de mon corps s’irrigue peu à peu. Mes membres reprennent leurs droits. Non sans séquelles. A nouveau nous nous allongeons, cette fois sur nos serviettes. Nous sommes restés là deux bonnes heures. A reprendre vigueur. A s’échanger quelques mots. A manger, un peu. A fumer (!!!) (enfin…, que moi), un peu. Conscients que nous avons frôlé la mort. Jamais jusqu’alors je n’avais eu une telle conscience, une telle expérience, de la fragilité de la vie -de ma vie- et de la puissance de la volonté de vivre.

 

Depuis cette après-midi terriblement éprouvante, je ne me suis pas rebaigné. Julie non plus, d’ailleurs. Nous en avons été incapables. Alors que nous passions quasiment chaque après-midi sur la plage. Et ce n’est que début août que j’ai quitté Barcelone. Une ville très intéressante, par ailleurs.

Jamais je ne pourrai oublier cette heure terrifiante, jamais je n’oublierai l’impression ressentie, un mélange de panique, un sentiment d’impuissance doublé d’une énergie insensée de m’en sortir, de vivre, de ne pas couler. Instinct de survie.

par OdV publié dans : Cheminement-fragments.
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Dimanche 12 août 2007

 

Cette question m’a taraudé un temps. J’ai développé, au fil de mes interrogations, une conscience de plus en plus vive qu'elle n’en était pas réellement une.

Fausse question.

La logique marchande et technicienne s'immisce partout. Ou presque.  Partant, les lieux qui encore consacrent l’humain se font rares.  La fac de philosophie est loin d’être exempte de cet étouffement progressif, de cette désertification. Peut-être même que l’école de commerce est plus authentique… Notamment par le fait qu'elle est moins hypocrite sur la forme autant que sur le fond : elle limite ses prétentions à ce qu’elle peut réellement transmettre, et transmet.  L’Ecole de Commerce aide à la prise de décision et à l’établissement de projets, en enseignant, en pratique, les moyens et les outils nécessaires à la réalisation de ceux-ci. Elle peut aider à donner réalité à des idées, à des projets, en permettant l’application des structures et processus adéquats. Tandis que l’Université -et en Philosophie encore plus qu’ailleurs- se limite aux apports théoriques, étrangers à la réalité- étrangers aux réalités sociales, politiques et économiques d'aujourd'hui.  (Je caricature à peine..) Réalité qui déborde de beaucoup le seul « Ciel des Idées »…   En outre, la fac de philosophie se targue de nous apprendre à penser, penser par soi-même, alors qu’elle nous pousse bien plutôt à adhérer à certains courants d’idées bien identifiés ; alors qu’elle nous incite à répéter sagement ce qu’on doit, pour ‘réussir’, ingurgiter. Certes, une ‘bonne’ digestion est nécessaire… 
 

Si l'on s'attache à ce qui concerne l’adaptation -économique, sociale certainement, et aussi très symbolique-  à notre société, force est de reconnaître, c’est une évidence, que c’est alors l’ Ecole de Commerce  qu’il faut choisir, car elle en constitue le modèle. C’est une grande entreprise qui correspond à la réalité. La fac de philosophie, elle, en constitue une des marges.

 

Mais la véritable réponse, me semble-t-il,  n’est pas là. Car bien entendue la question n’est pas de savoir pour quelle ou quelle institution opter. La ‘solution’ ne réside pas dans les institutions, quelles qu’elles soient. C’est au fondement -dans sa chair, son sang, en son cœur- de l’individu que se pose l’accès à l’Etre, que l’ouverture véritable au monde devient possible. C’est là qu’habite l’essentiel. Qui veille sur nous et nous nourrit. 
Ce n’est certainement pas le choix (plus ou moins adéquatement senti- ou consenti) de tel ou tel étant, de telle ou telle (im)posture qui va suffire à nous satisfaire.  On peut être plus libre en prison que dans un vaste désert. La liberté véritable ne dépend pas, en premier lieu, de telles ou telles contingences extérieures.  Avant toute chose il s’agit de se tenir, de se laisser être dans son être, dans la clairière de la vérité, vérité de son propre être et de son propre devenir.

Tout simplement, les lieux de vie, les lieux d’enthousiasme, de pensée, de réalisation et d’épanouissement,  ne se retrouvent pas dans les gros traits et les étiquettes, mais, et cela de plus en plus souvent, dans les interstices. Entre, et par delà, les gros ‘concepts’ creux, insipides et inodores, qui sont morts, sans substance réelle et sans vie. Les véritables concepts, en effet, doivent dégager, à nos yeux, une odeur, et une consistance.
Prendre corps.

 

Une bonne Ecole aide à penser en homme d’action, et à agir en homme de pensée.

 

 

L’intensification du sentiment de puissance est le lieu de la vérité.Qui plus est, cette intensification, bien souvent (mais pas toujours!..), en signe l'accès.  En réalité, ni le cadre formellement contraignant ni les structures-schèmes  transmises, -tous fécondes, pourtant (et du coup nécessaires)-, ne sont en eux-mêmes les catalyseurs de ce donné, impression d'accomplissement---extériorisation de l'intériorité? Ou à l'inverse intérieurisation d'une extériorité, sinon de l'extériorité? ...

 

La vie se joue dans les interstices. Désormais, la lecture s’accomplit  entre les lignes.

 

par OdV publié dans : Cheminement-fragments.
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Mercredi 8 août 2007

Un ami s’est suicidé hier. Un ami d’un ami, pour tout dire. Que je connaissais de loin. Quelques souvenirs en commun.  Un garçon plein de vie, jovial, très sympathique. Mathieu. Qui faisait sans arrêt le pitre. Et nous aimions ça.

 

Le suicide nous heurte ; dans le sens où cet acte soulève plein de questions.

 

Scandale que le suicide des jeunes.  Absurde que de se demander si on est « pour » ou « contre » le suicide. Cette question est une insulte. Une insulte commise à l’encontre de tous ces jeunes, et moins jeunes, pour qui la vie est devenue un tel calvaire qu’ils ressentent la nécessité de la quitter.  Le suicide n’est pas un choix, on y est conduit quand la douleur dépasse les ressources qui permettent d’y faire face. Il n’y a pas à juger moralement le suicide. Le suicide, pour certain, est malheureusement une nécessité. C’est un fait. Devant ce fait récurrent en France, et ailleurs, nous avons l’obligation de nous interroger sur nos modèles, et les exclusions qu’ils impliquent. …

Mathieu, nous ne t’oublierons pas. Je m’en rappellerais toujours, de cette fameuse soirée, lors de laquelle nous avons  tant sympathisé et bu, quand tu en es tombé dans la Seine ! Je m’en souviendrai. Quelle nuit… !   Quelle frange rigolade !

 

Hier… tu n’es pas tombé, ivre quasi mort, dans la Seine, mais tu as sauté du 6ème étage de ton immeuble, depuis ta chambre.

 


par OdV publié dans : Cheminement-fragments.
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Mercredi 8 août 2007

La réaction, d’après Nietzsche, consiste pour le dire simplement à se poser en s’opposant.  Tandis que l’action positive serait pure affirmation. La réaction serait donc un mouvement second qui suivrait une appréciation première, une appréciation négative. Ainsi l’on s’insurge contre quelque chose. Mais ce contre ne permet pas la distanciation nécessaire à la liberté de l’esprit, du vouloir, et de l’agir. Ce contre enferme plus qu’il ne libère- illusion du révolté. Car le contre s’accroche, en le décriant, à ce qui est l’objet de son insurrection individuelle. Alors que l’indifférence signe la réelle émancipation.

N’agissons-nous que par réaction ? Non, et c’est fort heureux. Il advient, dans les interstices, des instants de pure spontanéité, des instants d’affirmation. Où l’on ne se situe pas par rapport à, mais où l’on est authentique, l’auteur de ; des instants tels qu’on saisit profondément la magie de cette apport non intermédié. L’affirmation n’est pas un fantasme d’adolescent idéaliste ; l’affirmation n’est pas simplement un idéal ; l’affirmation est une réalité qui se donne, pour qui est encore possible l’attention à ce qui est proche.

Pourrait-on confondre cette exigence avec la donne du prédéterminisme ? Autrement dit, l’action purement affirmative, l’action authentique n’est-elle pas déterminée, et serait-ce aussi un leurre que de penser à vouloir la faire, par force d’esprit, s’abreuver inextinguiblement à la source de la vie, à la source des forces pures ?  Le désir dépasse-t-il là la volonté ? 

 

par OdV publié dans : Cheminement-fragments.
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Mardi 7 août 2007
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par OdV publié dans : De vous à moi
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Mardi 7 août 2007

Le pouvoir est le degré le plus bas de la puissance. Ce qui importe, c’est l’effectuation de la puissance inhérente à chaque être. La fleur croit et fleurit sans pourquoi. C’est là sa puissance que de croitre et de fleurir. Le pouvoir des ronces et autres mauvaises herbes peut l’étouffer et faire obstacle à l’effectuation de sa puissance. Le pouvoir contraint. La puissance épanouit. Séduction, fermeture contrainte, « dogmatisme réactif, moribond et craintif », autoritarisme coercitif sont les perverses facettes des représentants du pouvoir que sont les psys, les politiciens, les prêtres, les policiers… Authenticité, volonté, ouverture, engagement , « vitalisme actif », libération et épanouissement harmonieux, créatif et vivace sont les formes et les suites nécessaires pour un individu qui entend accomplir une pleine effectuation de sa puissance.

Le pouvoir enchaîne et rapetisse. La puissance se déchaîne et fait accéder à l’éternité, dans une dilatation du temps qui est pleinement Être et présence de l‘Esprit. La puissance est ouverture au monde, accès au cœur du réel pur. Pour être pleinement dans l’existence, il faut s’insérer dans le flux des forces de vie, laisser venir une harmonie qui est déjà là et que, par peur d’etre emportés, nous tenons à l’écart. Le pouvoir contrôle et étouffe tout. La puissance accueille et libère.

par OdV publié dans : Cheminement-fragments.
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Samedi 4 août 2007

L’art contemporain. Surtout pas dans les musées ! Le paradoxe, c’est que les citoyens, le dimanche après midi, vont dans les musées, « pour voir de l’art contemporain », alors qu’ils n’y entendent, pour la plupart, rien ! Les musées sont, bien trop souvent,  impuissants à faire saisir l’esprit, la sensibilité d’un auteur ! Tout au plus les musées ne servent réellement que ceux qui connaissent, comprennent l’auteur en question. Des érudits venus glaner quelques informations par eux négligées.   Les véritables connaisseurs, une certaine élite, savent bien que l’art est partout, dans la rue, ici, là, maintenant, dans la vie de tous les jours.  Que la vie est partout, et qu’il s’agit d’abord d’un état d’esprit, d’une disposition particulière, d’une certaine ouverture. Le musée tue l’art ! Le musée est un moyen de démocratisation qui dénature ce qui y est exposé. Encore un stratagème pour distancier ce qui pourtant est proche ! Aliénation de l’homme contemporain…  Tromperie du peuple.

Certes, l’on va nous faire remarquer que les musées servent à connaître l’auteur, plus que l’œuvre…  Mais à quoi bon connaître l’auteur (ses dates, le nom de ses œuvres, sa biographie), si on ne saisit pas la substance de  ce qu’il a tâché d’exprimer ? !!

Par ailleurs, c’est malheureux, l’esprit de sérieux se retrouve dans les musées. Dada au centre Georges Pompidou ? La belle affaire ! De l’art aseptisé pour bourgeois, ce qui tue proprement l’essence de l’art. Des œuvres étiquetées, classées, analysées, le tout bien proprement rangé et ordonné ne sont plus des œuvres d’art ! En l’espèce (dada), comment alors transmettre la substance, le sang et la chair, de dada ?? , qui sont avant tout une attitude…

Les musées devraient, car ils risquent de mourir, prendre le risque du ridicule

par OdV publié dans : "Coups de gueule"
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Jeudi 26 juillet 2007
Waouhh....!!!  Je jette un coup d'oeil sur mes stats' d'audience: à ce jour, 42 292 pages vues (lues?) , et plus de 14 300 visiteurs uniques...! depuis la création de ce blog. Ben dis donc... ça en fait du monde... (je sais pas si c'est une bonne chose...) et si peu de commentaires, relativement parlant!     Que c'est dommage!!   Bon bah... Bonne lecture à vous!
par OdV publié dans : De vous à moi
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Mercredi 11 juillet 2007

Hola! Après cette frénésie de publication; voilà venu le temps de prendre quelques vacances, de prendre quelques distances...

Voyage, dépaysement sous des cieux plus sereins... Des cieux complètement bleus...

Pour mieux revenir.

Quelques semaines, donc, de mise en suspension.  Epochè

Bonnes vacances à tous ceux qui le sont aussi !

Olivier

par OdV publié dans : De vous à moi
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