Pour partir, peut-être ne faut-il pas attendre d'être prêt, car alors on prend
le risque de ne jamais l'être vraiment. Et toute attente est toujours déçue.
Je ne suis pas un homme fait. Mépris sur celui qui a la prétention de l'être. Quelle bêtise! On ne
l'est jamais, car l'on se fait. Car la vie nous emporte et nous façonne autant que nous la recevons. Celui qui se dit fait est figé d'une froideur cadavérique avant l'heure. Quelle
horreur!
C'est dans le partir que réside la liberté, non pas dans le savoir où l'on va. Partir n'est pas le juste mot, si on l'entend comme une fuite. Non, c'est bien plutôt de vol au long
cours dont je parle. Courage?, audace insensée? Je vous l'accorde volontiers. Tâchez cependant d'avoir le courage, ou de préserver la folie,
de vos idéaux.
Non plus des fragments.
Non pas le point: la ligne.
Mais pourquoi? Pour s'écraser, pour se noyer en Icare trop ambitieux ?, ou pour garder de l'altitude? On verra... Au moins, je lance les
dés. Alea...
Oser quitter, là est le grand point. Le trait. Se lancer à corps perdu. Nu. Se déshabiller de tout un tas d'idées. Pour les retrouver- ou pas-, mais autrement. Un
réagencement. Ou un autre. Tabula rasa. Se vêtir plus justement. Avec justesse. Oser se faire. Se faire justice.
Non, il ne faut pas attendre d'être prêt pour partir. Car alors l'on attend toujours. Et toute attente est toujours déçue.
D'ailleurs, j'ai déjà commencé. Non que je sois prêt--je ne le suis pas--, mais que ça arrive. Cela advient. Cela survient dans un moment de ma vie que
d'aucuns auraient jugé improbable... "Ce qui est décisif apparaît en dépit de". Ou grâce à -- qui sait ?
Je quitte ce blog. Pour un mois? Ou un an? Je ne sais pas. M'est avis que c'est pour un moment.
Un projet d'écriture en cours, un projet de longue envergure.
En réalisation.
Si le vent est bon... Si le souffle est là…
Alors, un jour, peut-être…
A vous,
Vous qui prenez le temps de lire
Merci d'être venus.
Bonne route à vous tous

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